L’homme appartient-il à la nature ?

 Thème :          « L’Homme appartient-il à la nature ? »

    Essai de restitution du café-philo de L’Haÿ-les-Roses
                                Le 11 décembre 2002

Introduction : (Guy Louis)- Dès l’origine l’Homme et la Nature sont indissociables. L’homme fut émerveillé devant la nature, il voua un culte à la nature, tous les éléments de la nature devinrent des divinités, d’où l’origine des religions. Aujourd’hui au troisième millénaire, nous savons que notre appartenance à la nature, notre interdépendance se noue dans le concept du Big Bang, puis de la vie par la division cellulaire, et de l’évolution des espèces, idée très éloignée voire opposée à la création divine.  Cette notion d’état de nature, puis notre parenté avec les grands singes vaudra à Darwin initiateur de cette théorie d’être inscrit à  « l’ index »  par l’Eglise

Pour Rousseau, l’homme doit se rendre le maître et possesseur de la nature, ce qu’il fera perdant le reste d’innocence de son état de nature : Etat dans lequel on nous dira qu’il naissait « naturellement bon », qu’il était à l’origine « le bon sauvage » ou au contraire, qu’étant fondamentalement mauvais il cultivait de mauvais penchants, ses mauvais « instincts » (Hobbes). « Alors, bons ou mauvais, quels liens gardons-nous avec la nature ? »

Débat :    – L’homme fait-il partie de la nature ? L’homme n’est pas suffisamment sensible à l’unité du monde vivant. L’homme appartient à la nature mais se comporte avec elle comme si elle lui appartenait.
    -Après toutes les étapes de l’évolution, l’homme apparaît. Il acquiert peu à peu une conscience réflexive, une capacité à penser son histoire, à s’organiser socialement et à sortir du monde instinctuel pour arriver à un niveau d’évolution qui en fait autre chose qu’un simple animal biologique, naturel et même « neuronal » ( JP Changeux). On assiste non seulement à une différence quantitative mais qualitative. Philosopher est ainsi l’occasion de continuer à penser face aux grandes questions de l’existence. De l’état de nature l’homme devient un être de culture. De l’état animal, biologique, matérialiste, instinctuel, il acquiert une activité culturelle (Kultur en allemand = civilisation), intellectuel, métaphysique, spirituelle…Cela pose la question de la différence entre l’être de besoin (naturel) et l’être de désir (culturel).
    – Nature : c’est une notion qui vient de la réflexion sur le vivant. C’est une idée, un système qui suppose de faire croître la vie comme d’après un plan. Le lien apparaît aujourd’hui pouvoir avoir un terme. Ce qui nous fait exister : le sol, l’eau, l’air, le soleil ne va plus de soi. Le principal facteur de déséquilibre semble être le développement de l’espèce humaine qui intervient sur le développement naturel des espèces, et la surpopulation.
    – L’homme possède une intelligence individuelle qu’il semble perdre à l’échelle collective dans ses comportements. Ainsi l’humanité dans son ensemble détruit. Face à l’intelligence de l’homme la seule chose qui puisse lui répondre c’est l’entité nature. Ainsi l’homme serait en fait opposé à la nature.
    – Le comportement humain est mu par l’avidité et par la rentabilité. On assiste à une confiscation de la nature pour des besoins humains. Il y a un risque d’épuisement des ressources naturelles en continuant ainsi et de prise de conscience tardive.
    – L’homme est aussi le seul capable d’embellir la nature soit en la cultivant soit par l’Art en la représentant. L’homme est le seul à pouvoir admirer cette beauté de la nature.
    – L’homme est dans une relation de pouvoir avec la nature, qui correspond à un déplacement et à la jugulation de son angoisse. Il veut être son propre Dieu.
    – L’homme doit se définir par rapport à la nature. On assiste à une absence de la nature dans les villes. Quelle est la place de la nature dans les villes ? La contemplation est plus facile dans la nature.
    – L’homme a appartenu à la nature mais aujourd’hui il fait tout pour qu’elle lui appartienne ; on assiste notamment à la création de mondes artificiels. La nature devient un produit de consommation.
    –  « Dans la nature il y a toujours quelqu’un qui bouffe quelqu’un d’autre » : la nature n’est pas idyllique. Nous faisons partie de la nature mais nous sommes actuellement aussi concepteurs de techniques qui mettent en danger la nature. Elles passent parfois la barrière des espèces aujourd’hui.
    – Protéger la nature suppose des actions individuelles plus une action politique. Il existe désormais des mouvements pour protéger la nature.
    – L’homme par rapport à la nature et aux autres êtres vivants a une longue histoire inachevée. Au début les hommes étaient soumis à la nature et craignaient les forces naturelles, puis on est passé de la sacralisation au mépris. On est passé du désir de se protéger de la nature au besoin de la protéger. L’homme se définit en termes de manque. L’homme est un être bio-culturel. C’est une longue histoire qui nous a permis d’être des bipèdes, puis de créer des outils et d’accéder au langage. Il existe une évolution de l’homme en réponse au manque.
    –  L’homme appartient à la nature car tout est interdépendant. L’humanité est partie de l’animalité. Il faut faire attention au patrimoine de l’humanité qu’est la nature, à la fois pour la survie de l’humanité et plus généralement pour la survie de la Terre.
    – Sans équivoque nous sommes liés à la nature : elle est notre origine et nous y retournerons.
    – Il ne faut pas brosser un portrait trop pessimiste de l’homme : la nature appartient aussi à l’homme qui peut en faire une utilisation différente et plus raisonnable parfois.
    – Il est peut-être plus important que les hommes décident de se positionner par rapport au bien et au mal plutôt que d’essayer de se situer par rapport à la nature. On assiste à un égoïsme chez l’homme et à un manque de conscience collective.
    – L’homme vient de la nature ? Mais quel est le but, la finalité de la nature ? C’est la vie. La création de l’homme est un moyen sûr d’assurer son existence. L’homme est un enfant encore par rapport à la mère nature qui apprend, découvre et tire la leçon de ses erreurs
    – La nature est source de vie, et elle a transcendé la vie en créant l’homme
    – L’être humain est le dernier-né de la nature. L’humanité est dans son enfance. L’homme est une fratrie jalouse. Faut-il « tuer la mère » ? L’homme est ambivalent. Il existe des pulsions de mort chez l’homme. L’homme a toujours trouvé des solutions aux problèmes. Jusqu’à quand ?
    – Le sujet « l’homme appartient-il à la nature ? » ne serait pas débattu de la même façon selon l’endroit où l’on vit. On n’aurait pas la même réponse selon qu’on vit dans la nature ou dans une mégapole.
    – On présente la nature comme quelque chose de gentil, beau, et l’homme comme méchant, mais la nature n’est pas toujours gentille ; l’homme peut être victime. L’homme a un cerveau et il a élaboré un certain nombre de réponses par la Science. Il peut parfois prévoir et domestiquer la nature.
    – La nature a pu être idéalisée dans le passé. Elle a donné des repères, des canons, des références. C’était un guide assez sûr et universellement compris avant. Aujourd’hui où trouver un tel guide universel ? Dans les opinions des hommes ? Mais de l’apparition du logos de l’homme on a retenu que la logique. . On assiste à la disparition de ce qui n’est pas strictement utile.
    – Pour Aristote l’homme est un animal raisonnable. La culture fonde la diversité de l’humain et la nature fonde l’essentiel. On est dans une dualité qui forme notre individualité indivisible ; nous sommes nature et culture.

Conclusion: l’homme doit vivre près de la nature en vivant avec tempérance nous dit Epicure. Sa philosophie est dite du jardin… Le jardinage reste un lien avec la nature : « l’homme heureux cultive son jardin », « le point commun entre le philosophe et le jardinier, c’est que tous les deux sèment des pensées ». R. Devos  
–          L’humanité est loin de pouvoir répondre à cette question de l’appartenance de l’homme à la nature mais il est du devoir de l’homme de s’interroger sur son origine.

 

 

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Une réponse à L’homme appartient-il à la nature ?

  1. Prince Mviri dit :

    Merci mais envoyé moi votre site web sur mon adresse comme ça je vais vous consulter de temps a autrrs. Merci

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