Thème: Obéissance et désobéissance

Restitution du débat. Café-philo de Chevilly-Larue
27 mai 2009

Heni David                Thoreau.

Animateurs: Guy Pannetier. Danielle Vautrin. Guy Philippon
Modérateur : Marc Elenberger
Introduction : Lionel Graffin

Introduction: Du fait de son omniprésence l’obéissance est un sujet volontiers négligé par les sciences humaines. Pourtant sans une juste appréciation de son rôle dans l’orientation de l’action humaine, il est impossible de comprendre toute une série de conduites motivées qui représentent un secteur très important du domaine du comportement. L’obéissance est un des éléments fondamentaux de l’édifice social. « Tel qui, par conviction intime, est hostile au vol, ou à toute à toute autre forme d’agression peut aisément se surprendre à les commettre dès que l’autorité les lui prescrit. Il suffit qu’il en reçoive l’ordre pour qu’un individu s’engage sans hésitation dans une conduite dont il n’aurait jamais eu l’idée lui-même » (La soumission à l’autorité. Stanley Milgram). Le dilemme résultant de l’obéissance à l’autorité est très ancien ; il remonte à Abraham et probablement aux premiers groupes d’hommes. Au point de vue expérimental Stanley Milgram réalise les premières études à l’Université de Yale (USA) en 1960 et 1963. Afin d’analyser avec précaution l’acte d’obéissance Stanley Milgram a réalisé dans son laboratoire de psychologie une expérience unique. Deux personnes viennent dans le laboratoire qui organise une enquête sur la mémoire et l’apprentissage ; l’une d’elle sera « le moniteur », l’autre « l’élève ». Un 3ème L’expérimentateur (l’autorité) leur explique qu’il s’agit d’étudier les effets de la punition sur le processus d’apprentissage. Il emmène l’élève dans une pièce noire, l’installe sur une chaise, le sangle pour empêcher tout mouvement désordonné et lui met une électrode sur le poignet. Il lui dit alors qu’il va avoir à apprendre une liste complète de mots. Toutes les erreurs qu’il commettra seront sanctionnées par des décharges électriques d’intensité croissante. Le sujet d’étude est le moniteur qui visualise la séance d’installation de l’élève ; il entend les éléments explicatifs. Le moniteur va être introduit dans la salle principale du laboratoire où il prend place devant un impressionnant simulateur de chocs. Celui-ci comporte une rangée horizontale de  manettes qui s’échelonnent de quinze, à quatre cent cinquante volts et sont assorties de mentions allant de « choc léger » à « Attention ! Choc dangereux ! ». La question était de savoir jusqu’à quel point précis le moniteur suivrait les instructions de l’expérimentateur avant de se refuser à exécuter les actions prescrites, les actions réalisées avant d’entrer progressivement en conflit avec la conscience du moniteur. Il est à noter que deux personnes sur trois sont allées jusqu’à la fin de l’expérience, en dépit des protestations, des hurlements, des demandes de libération, des cris d’agonie et silences pesants (pouvant évoquer la mort). Les moniteurs« jusqu’au boutistes » éprouvaient toute la gamme des malaises pouvant aller jusqu’à des manifestations psychosomatiques les plus douloureuses sans oser rompre avec l’autorité. Au cours des débriefings qui ont suivi chaque expérience, les moniteurs ont souvent dénigré le comportement de l’élève, « Il était si stupide et si borné qu’il méritait d’être puni » ; ils avaient une haute idée de la tâche à accomplir et voulaient bien faire leur travail et rejetaient souvent la responsabilité de leur refus de désobéissance sur l’expérimentateur. Hannah Arendt parlait de la « banalité du mal » ; des gens ordinaires dépourvus de toute hostilité, en s’acquittant simplement de leur tâche, devenir des agents d’un atroce processus de destruction.

Débat: G Il faut avoir, à un moment donné le courage d’objecter contre un ordre inique. On ne peut dissocier l’expérience de Milgram de l’objection, car celui qui n’appuie pas pour envoyer la décharge électrique, se sert de sa réflexion et refuse ce qui, en conscience s’oppose à ce qui est au plus profond de lui. La loi sur l’objection de conscience existe, même si on n’en fait pas de publicité… L’organisme «Amnesty international» demande « Le respect de toutes les opinions et nul ne peut être emprisonné pour un délit d’opinion… »

G Dans cette expérience de Milgram les psychologues s’étaient doutés que l’agent manipulé n’obéirait que jusqu’à un certain point. Au-delà ils supposaient qu’il y aurait un basculement, une objection de conscience. Ils avaient fixé une limite où ils pensaient que les gens refuseraient d’obéir ; une seule personne s’est arrêtée à ce palier, cette personne de fait était allemande : on peut penser qu’elle avait déjà eu à réfléchir sur les niveaux de responsabilité, dont celles d’officiers et de soldats allemands qui avaient obéi aux nazis…..

G Il y a des personnes pour qui il est plus facile, plus confortable d’obéir que de dire non. L’obéissance servile peut être une aliénation où certains trouveraient du plaisir, c’est la propension à la « servitude volontaire » ce qui faisait dire à La Boëtie : « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux, telle est pourtant la faiblesse des hommes contraints à l’obéissance ».

G L’obéissance est à la base de nos sociétés, néanmoins c’est le plus souvent, une obéissance plus librement consentie, la société est moins moutonnière, l’obscurantisme est dépassé, la réflexion personnelle est plus développée…

G Nous voyons aujourd’hui une forme de désobéissance dans l’accueil des sans papier….

G Dans les sciences s’établissent des concepts, puis il y a ceux qui osent s’en écarter, qui désobéissent, qui dérogent au dogme…le premier acte de désobéissance « la pomme » a été sanctionné par « la peine de mort », puisque l’éternité nous échappait.., nous retrouvons toujours cette symbolique de : désobéissance – égal : connaissance ! Donner aux hommes le pouvoir de désobéissance et leur interdire à la fois, puis condamner tous ses descendants cela a quelque chose de sadique…

G Nous sommes enclins à obéir, à suivre les indications, les orientations qu’on nous donne : par sagesse, par raison, par obligation, par nécessité, par paresse intellectuelle, ce qui rend possible le formatage avec tous ses risques. Notre aptitude à l’obéissance restera toujours un sujet de psychologie plein d’intérêt, on étudie les mœurs et réactions des rats en laboratoire et on apprend sur les hommes…

G En droit pénal, l’obéissance à un ordre manifestement illégal est condamnable en regard d’une théorie dite, de « la baïonnette ». Cette expression tire son origine de la situation du soldat qui se doit de refuser un ordre qu’il ressent comme illégal, et dont il réprouve la finalité, on a en mémoire les soldats qui mirent « le crosse en l’air ! » (Béziers 1907). Peut-être que les fonctionnaires de police qui ont arrêtés des délinquants de 6 et 10 ans auraient pu invoquer cette théorie de la baïonnette et désobéir à un ordre qui pouvait leur apporter surtout la réprobation ?

G L’obédience est obéissance librement choisie. Obéissance à une doctrine, une religion, un parti, aux règles d’une société secrète…là l’idée même de désobéissance semble totalement exclue….

G Des religieux disent que dans l’obéissance, en l’occurrence l’obéissance à la règle religieuse il y a « Ob » et « Ouïr », c’est-à-dire : ouïr au-delà, donc dans un sens obéir à une injonction intérieure.

G Les fonctionnaires doivent prêter serment, ils deviennent « assermentés » ils s’engagent à l’obéissance ; loi du 13 juillet 1983, article 28 : « Tout fonctionnaire doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf, dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal, et de nature à compromettre gravement l’intérêt public ». Depuis peu on parle souvent du droit de retrait, (loi du 10 juin 1985) où un fonctionnaire peut suspendre son travail, si sa santé, sa vie est en danger, ce fut le cas après des agressions physiques d’enseignants …

G En regard des mythes tout partirait de la désobéissance : de l’arbre de la connaissance jusqu’à Prométhée qui désobéit à Zeus…. Puis Sophocle nous laissera un archétype de la désobéissance avec Antigone, laquelle refuse au nom de sa conscience, la loi politique, la loi de l’Etat, pour faire valoir une loi inscrite dans la nature. Elle oppose, à la justice temporelle, justice écrite en temps par un groupe dominant : la justice de l’amour, de l’honneur, la justice du cœur. C’est le premier modèle désobéissance civile, elle reste le symbole de transgression de la loi. . Au siècle dernier cette désobéissance prend le nom de Gandhi qui en 1906 fait prêter à Johannesburg « le serment de désobéissance ». L’appel du 18 juin 1940 fut un appel à la désobéissance, et le 1er décembre 1955, dans un autobus aux Etats-Unis une femme noire, Rosa Lee Parks, refuse de céder sa place à un blanc, en quelques années la ségrégation sera abolie aux USA, la communauté noire dira « she sat down, and we stand up » « elle est restée assise, et nous nous sommes levés », la campagne de désobéissance civile est lancée : les noirs vont occuper les places réservées aux blancs dans les transports, entrer dans tous les restaurants et établissements qui leur étaient interdits, présenter leurs enfants dans les écoles, en 2010 on fêtera les cinquante ans de la fin de la ségrégation aux USA. Plus près de nous devant le non respect du devoir de précaution, des contestataires vont couper symboliquement des pieds de maïs OGM, certains iront en prison…La désobéissance civique peut être une forme d’action politique. Il faudra toujours que des hommes, des femmes osent dire non, relever la tête. On ne bâtit pas sur la désobéissance permanente, mais nous avons de nombreux exemples où la société a progressé par la désobéissance.

G Florence :

« Le petit doigt sur la couture,
mon pantalon est en vacances
J’en ai mal aux entournures,
et ils opinent en cadence,
J’ai préféré la dissidence,
et obéir à ma conscience… »

G Nous ne semblons pas devenus une société plus obéissante, on peut voir parfois une société de moins en moins moutonnière ; si on regarde plusieurs siècles en arrière, malgré ou grâce à l’individualisme, il y a plus de réflexion personnelle, les gens sont plus cultivés, plus ouverts..

G Obéissance ou désobéissance peuvent être liés un niveau de connaissance, de culture, et nous voyons deux groupes se former : ceux qui accèdent et vont vers la culture, et ceux qui sont exclus ou qui s’excluent eux-mêmes en acceptant tout…
La foule qui applaudissait de Gaulle en 1944 était la même que celle qui avait applaudi Pétain en 1940 ; il peut y avoir tout autant de danger à obéir qu’à désobéir, et là le geste de Gaulle était grand.., sur la forme c’était un insoumis.
Revenant au symbole : désobéissance, égal connaissance : on mange « la pomme » et l’on est condamné à mourir, et l’on perd avec sa descendance, l’éternité…Quel sadisme dans cette autorité divine qui a fabriqué « un être parfait » doué du pouvoir de désobéissance qui lui est interdite…L’excès d’autorité incite encore plus à la désobéissance.

G L’obéissance d’une société découle parfois d’un formatage de l’opinion. Les individus réagissent comme on veut qu’ils réagissent, il y a des professionnels qui étudient le comportement, le behaviorisme (ce n’est pas que pour les rats de laboratoire).., il nous appartient toujours d’être vigilants…

G Une expérience avec 5 rats. Il y a deux cages : dans l’une, les rats, dans l’autre, la nourriture, et pour y accéder il faut passer par un tunnel sous l’eau. Il y a deux rats exploiteurs – deux rats exploités – et un rat « électron libre ». Les exploiteurs envoient les exploités chercher la nourriture, au retour ils les dépouillent du butin. L’indépendant est assez fort pour se débrouiller seul et résister aux attaques. Par contre si l’on prend 5 rats d’une même catégorie (par exemples des exploités) ils vont refaire le même schéma : deux exploiteurs, deux exploités, un libre. Donc on peut à l’infini changer les rôles avec le même résultat…

G Est-ce que nous n’aurions pas là un début de programme politique ?

G Le « créateur » dira St Augustin n’a créé que des choses parfaites, il a laissé le choix à l’homme d’obéir comme de désobéir, c’est ce qu’il a nommé son « libre arbitre » ce qui l’a opposé au Pélagiens pour qui si Dieu a fait un être parfait qui peut faire le mal : alors, il a loupé son coup, c’est un raté.., A moins que la désobéissance ne soit la part du diable…

G Il vaut mieux obéir au pouvoir intemporel qui vous condamnerait pour l’éternité, qu’au pouvoir temporel qui ne peut vous condamner que pour ce bref temps de vie, dit Thomas Hobbes. Obéissez ou vous irez en enfer, soyez soumis en ce monde.

G Anecdote : Aristote voulant que son élève lui obéisse va essuyer un échec célèbre : il reprochait à l’empereur Alexandre de ne pas assez étudier et de passer trop de temps avec une belle maitresse nommée Phyllis. Cette dernière informée va séduire Aristote qui va tomber amoureux. Elle lui promet de lui céder s’il accède à ses désirs fantasques. Il obéit à la maîtresse perverse, il obéit à ses sens : elle va l’habiller en âne et le chevaucher armée d’un fouet. Bien sûr elle a prévenu Alexandre, lequel, caché observe la scène.

G Nous sommes passés par des périodes animistes où l’homme était lié à tous les éléments, à la nature de toute chose, puis des structures de la société se sont créées, lui échappant, éléments qu’il ne pouvait s’approprier.., donc à défaut il assimile cette autorité qui existe hors de lui, il intègre la représentation, le langage de l’autorité, il assimile ses conduites…

G Ceux qui furent victimes de pogroms, de génocides furent toujours en un temps présentés comme les premiers responsables de ce qui leur arrivait.., ils avaient dérogé, désobéi à la règle en osant être différents, ils avaient désobéi à une règle arbitrairement érigée…et souvent les peuples ont adapté leur éthique à l’autorité en place…

G L’obéissance nous engage peu ou prou, l’éthique n’a alors que peu de place, c’est l’obéissance au modèle donné, comme la mode : parce qu’on veut faire partie du groupe, être assimilé, ne pas se différencier.., si tous les autres réagissent de la même façon, peut-être ont-ils des éléments d’appréciation que je n’ai pas.., alors s’installe l’instinct grégaire, le conformisme dans nos modes de pensée, dans l’art, les goûts .., une obéissance passive !

G C’est ce que nous explique le philosophe René Girard dans son livre « Le désir mimétique ».., désirer être pareil que l’autre, avoir ce qu’il a. Et plus récemment il évoque cette obéissance aux normes esthétiques avec l’anorexie dans « anorexie et désir mimétique »…

G Celui qui obéit au donneur d’ordre, pense que ce dernier à une autorité légitime qui légitime son acte d’obéissance. Il obéit à une autorité supérieure, en hiérarchie, en âge. Pour qu’il accepte cette relation de dépendance, il faut qu’il ait le sentiment que c’est juste, logique, conforme à la règle, ce qui le dégage de toute responsabilité : « ce n’est pas de ma faute ! J’ai obéi ! » .., obéir reste quand même un partage de responsabilité.

G Il est toujours intéressant d’observer les phénomènes de foule, des groupes…Vous discutez avec des membres du groupe, vous un point de vue, alors que le groupe de ces mêmes individus peut avoir une réaction tout à fait différente. A quoi obéi cette modification ? Où est le basculement entre individuel et collectif?

G Dans la psychologie de la foule, et ce à quoi elle obéirait, on se questionne sur le seuil critique, ou commence l’arbitraire, et où le groupe peut commencer à trahir ce qu’il défend, et où est le dysfonctionnement ? Dans tous les groupes constitués, il y a un moment où le seuil critique du pouvoir arbitraire apparaît et fait basculer le groupe.

G Il y a des personnes pour qui obéir est dans leur nature, ils se trouvent bien ainsi (servitude volontaire) ; ils ne voudraient pas avoir à commander aux autres, donner des ordres. Puis il y a ceux qui sont plus enclins à commander, à organiser. C’est là, la structure première de notre société, c’est l’obéissance de l’organisation de la ruche, de la fourmilière, des hommes. Lorsqu’on a commencé à chasser, il a fallu des meneurs, des organisateurs, choisis et reconduits qu’en regard de leur efficacité.., ils sont devenus les « chefs » : obéir est aussi nécessité.

G Jusqu’où peut aller l’hypnose pour nous amener à obéir malgré nous ?

G Le serpent a cette faculté, hypnotique. Qui sait si Êve n’était pas sous hypnose, elle serait donc innocente, il n’aurait pas eu désobéissance…..

G On a vu de grands tribuns amener un peuple à l’obéissance en leur enlevant tout sens critique, c’est le résultat du charisme, de la séduction du langage, ce qu’exploitent bien les gourous, les chefs de secte…

G Henri David Thoreau (1817-1862), écrivain et philosophe américain (étatsunien), est l’auteur d’un essai célèbre, « La Désobéissance civile », premier texte théorique sur la résistance passive, dont s’inspireront le Mahatma Gandhi pour mener son action politique contre les Anglais, et le pasteur Martin Luther King. En 1846 Thoreau va faire 48 heures de prison pour avoir refusé de payer l’impôt. Des proches lui propose de lui prêter l’argent pour payer cet impôt, mais ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de principe, il refuse de payer un impôt à l’Etat tant que celui-ci n’aura pas aboli l’esclavage : « N’obéissez qu’aux lois qui vous paraissent morales »….« On est toujours le complice des injustices quand on ne s’oppose pas à des lois injustes ». Peut-être aura-t-il influencé au retour de son voyage aux USA Tocqueville qui s’exprime sur ce sujet : « Quand donc je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander ; j’en appelle seulement à la souveraineté du peuple, à la souveraineté du genre humain, donc au devoir de désobéissance »

G La Constitution de 1793 prévoyait la désobéissance (article 35) : « Quand un gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et chaque portion du peuple, le plus sacré des devoirs ». (Cela est resté au niveau du projet)

G Nous sommes peut-être des descendants d’aïeux ayant, en obéissant, ou désobéissant commis par là, des crimes de guerre, alors ! Obéir ? Désobéir ? « Si j’étais né en 1917 à Leidenstadt sur les ruines d’un champ de bataille, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens, si j’’avais été… Allemand ? » (Si j’étais né en 17 à Leidenstadt. J.J.Goldman)

Conclusion: Entre volonté et liberté, l’obéissance nous amène à diverses réactions. La volonté nous dit Nietzsche c’est la servitude, car si nous voulons quelque chose il va falloir obéir à certaines règles incontournables ; obéir nous pose parfois problème, problème avec nous-mêmes, ajoute t-il. Il est là en désaccord avec Schopenhauer et dénonce « le principe de volonté libre », nous sommes dit-il : et, celui qui décide, qui ordonne, et aussi celui qui obéit à ce qu’ordonne sa raison. On se refuse parfois à obéir à cette raison. « La raison me dit que …. » « et pourtant je m’y refuse », « je n’ai pas envie », ou alors « je l’ai fait contre ma volonté ». Hors notre raison c’est le plus souvent un impératif extérieur qui nous oblige à obéir à la raison. Alors ! Puis-je être libre sans obéir ? Puis-je être libre sans le droit à la désobéissance ? Comment ne pas aliéner notre sentiment de liberté ? Obéir à sa seule loi mène, ou, au Libertarisme, ou à l’anarchisme. Souvent, nos choix, nos comportements d’homme, de femme, est ce balancement entre désobéir, ou obéir, accepter pour être avec les autres, accepter pour œuvrer ensemble, accepter la règle, obéir pour que la règle existe ; accepter, obéir parce qu’on confiance…..obéir parce que le prix de la désobéissance serait trop élevé…ou désobéir pour nous affirmer, désobéir par ce c’est inique, parce que c’est immoral, parce que notre conscience, notre honneur nous y oblige, et là, nous aurions tous (plus ou moins) « une Antigone » dans le placard….Celui qui obéit à des ordres iniques est tout aussi responsable que celui qui ordonne, ce qui rappelle Nuremberg où la plupart des accusés disaient n’avoir fait qu’obéir « La conscience doit primer sur la loi », (H. D. Thoreau, la désobéissance civile). Obéir ou désobéir reflète la querelle incessante en nous-mêmes, de la contradiction dans nos « vouloir ». Faire ces choix, d’obéir ou de désobéir, c’est savoir prendre notre responsabilité devant les autres comme devant soi, cela est aussi le prix de notre humanité.

Cette entrée a été publiée dans Non classé, Saison 2008/2009, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , , , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>