Être femme

Dans le creuset de nos contradictions
Je suis la fleur qui marche sur la route
Dans le rejet de nos malédictions
Je porte le drapeau, sans aucun doute
Je suis la chair à vif de la déroute
Lorsque les choix de vie sont interdits
Je me construis sans bruit comme on m’a dit
En vain, et mon avis est insolence
Car je suis mineure sans contredit
Mais je suis le pilier et le silence

Je suis la proie, trophée des ambitions
Comme une victoire que l’on ajoute
Dans le salon de vos exhibitions
Alors je dois plaire coûte que coûte
Car c’est l’oubli fatal que je redoute
Avant le crépuscule qui m’est prédit
Je fais l’étalage de mes inédits
Je suis à vendre en pleine ambivalence
Car tout compte fait c’est mon seul crédit
Mais je suis le pilier et le silence

Et tout au bout de mes aliénations
La sage coiffure de ma choucroute
Justifie les désapropriations
Mais pourtant c’est moi qui fais le casse croûte
Mon abnégation justifie l’absoute
Car je suis la substance de ce lieu-dit
Humanité. Le plaisir interdit
Comme un joyau précieux dans la balance
J’ai le courage de mon discrédit
Mais je suis le pilier et le silence

Ô toi que l’on dit femme et qu’on maudit
Qu’on te brûle ou te pende comme un bandit
Quand tu sers d’alibi à la violence
Tu pourras proclamer comme un édit
Mais je suis le pilier et le silence

Ecrit et lu par Florence Desvergnes
Lors du débat du Café-philo à Chevilly-Larue  le 30 mai 2012
Thème: « Comment être femme dans un contexte difficile? »
Suite à la projection du film: « La source des femmes »

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