La part du bien et la part du mal qui sont en nous

Ernst Max. L'ange au foyer, ou, Le triomphe du surréalisme. 1937

Ernst Max. L’ange au foyer, ou, Le triomphe du surréalisme. 1937

Restitution du débat du Café-philo du 3 décembre 2014 à L’Haÿ-les-Roses

Introduction par Guy Pannetier : Dans la question, le sens du mot « bien » est, par définition, selon Le Grand Robert de la langue française : « une manière conforme aux règles de la raison et du devoir, de la justice, de la morale, conformément aux normes reçues dans une société ». La philosophie nous dit que le concept du mal ne peut exister et ne peut être envisagé qu’en rapport avec son contraire, le bien, cette valeur normative de la morale. Le mal, comme le bien, sont inhérents à l’être pensant ; ils découlent d’une morale établie au cours des siècles, depuis les premiers groupes humains, les premières sociétés.
Adultes, déjà est acquis chez nous, même hors toute transcendance, la notion du bien et du mal, ce qui nous rend responsables de nos actes, ce qui crée une conscience et nous impose notre conduite morale. Ce sera un point de désaccord entre Platon et Aristote ; le premier plaçait « le bien » dans le monde des idées, lui donnait une source métaphysique, c’est-à-dire « ayant une origine extérieure au monde » (suivant la définition du Grand Robert de la langue française), tandis qu’Aristote, lui, ne voyait la source de la notion du « bien » que « résultant de la nature même de l’homme », soit l’immanent. Dans ce même ordre d’idée, Socrate nous dit que l’homme découvre les valeurs morales en réfléchissant sur la nature humaine. Ce sera aussi le point de vue de Nietzsche dans Ainsi parlait Zarathoustra : « En vérité, les hommes se sont donné à eux-mêmes leur règle du bien et du mal. En vérité, ils ne l’ont pas empruntée ni trouvée, elle ne leur est point venue comme une voix du ciel. »
Ces différentes options énoncées, quelles que soient nos références quant aux prescriptions morales, cela ne change rien à l’affaire : morale transcendante et morale immanente n’ont pas à s’affronter. Ce qui reste essentiel, c’est l’action, le comportement. A quoi bon prêcher le bien, si nous ne l’appliquons pas, comme le dit Descartes dans le Discours de la méthode : « Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. »
Mais, même en ayant nos notions bien ancrées du bien et du mal, la conscience peut se trouver en difficulté pour les appliquer. Dans son ouvrage Je sais philosopher !, Elise Sultan, professeure de philosophie, écrit : « La conduite morale peut être imposée par différentes instances ordonnant parfois des commandements contradictoires. Le nœud des tragédies grecques découle le plus souvent de telles intrications. » Nous avons tous à l’esprit, par exemple, le déchirement de Chimène entre l’amour pour son père et l’amour pour le Cid.
Ce déchirement entre bien et mal est le propre de notre condition humaine. Les philosophes de Spinoza à Kant (et tant d’autres) vont se pencher sur ces concepts. Les religions y trouveront des fondements, avec des normes prescriptives, des commandements. Cette promiscuité en nous du bien et du mal a été à la base de la religion manichéiste (fondée au 3ème siècle de notre ère par Mani).
Cette cohabitation du mal et du bien dans l’homme nous donnera l’homme « mi-ange, mi-bête », Mister Hyde qui cohabite avec le docteur Jekill, le loup qui cohabite avec l’agneau ou la lutte entre « Le Diable et le bon Dieu », selon le titre d’une œuvre de théâtre de Sartre.
Pour conclure pour l’instant, j’ajouterai que dans le débat viendront également, bien sûr, les notions du bon et du mauvais, lesquelles ne sont pas dissociables du bien et du mal ; le bien et le mal relèvent plus de l’ordre de la morale, tandis que le bon et le mauvais relèvent plus de l’ordre de l’éthique.

Débat : G La notion de bien et de mal change avec les époques, change avec le lieu. Par exemple, une femme seule qui attendait un enfant, c’était très mal vu ; elle culpabilisait. Aujourd’hui, cela est dépassé : nous voyons des familles monoparentales ; on mesure l’évolution. On a connu une époque où la torture pour obtenir des aveux était considérée comme normale. Donc, bien et mal sont des notions très évolutives.

G Tzvetan Todorov, dans son ouvrage Mémoire du mal, tentation du bien, dit que les bourreaux des camps de concentration étaient des hommes « normaux ». De fait, il semble que quelque chose se réveille en eux. Il y a des bourreaux qui ont torturé par plaisir morbide, mais d’autres qui l’ont fait consciencieusement. Cette part du mal qui ressort chez l’individu a quelque chose d’animal ; l’homme perd alors son humanité. Pour celui qui se livre à ces actions, il en arrive à considérer que la victime n’a pas le statut d’être humain. Todorov, nous dit que le mal surgissait de gens « normaux » ayant une vie normale.

G Ce qui est bien, ce qui est mal, c’est toujours en se référant à des valeurs, à des principes. Du coup, je me pose la question : Qu’est-ce qui est en moi ? Quelle est la part de l’amour ? Quelle est la part de la haine et de la passion qui sont en moi ? Même si tous ces sentiments sont bien humains
Le bien et le mal sont-ils en dehors des actions ? Peut-on pécher par pensée, comme pécher par omission ?
Nous sommes parfois dans un jugement qui est aussi lié à une éducation religieuse, ou lié à une tradition. Ce qui est vu comme mal pour la femme occidentale, ne l’est pas dans d’autres cultures. Dans certains pays, les maris peuvent battrent leurs femmes, et pourtant ce sont toujours des hommes.

G Entre le bien et le mal, j’ai remarqué que ce sont à la fois des adjectifs et des noms. C’est vrai que quand tu prends le bien, il peut être abordé de deux façons : le bien que tu fais, un bien immatériel, puis il y a le bien, il y a la paix dans « être bien », c’est-à-dire être en paix avec soi-même. En fait, le bien et le mal peuvent s’avérer relatifs ; c’est comme les deux faces d’une même pièce de monnaie. Quand une personne a des qualités, il faut prendre les défauts qui vont avec. On ne peut pas couper une pièce en deux par son travers, on ne peut pas séparer le recto du verso d’une feuille.

G On a souvent du mal à discerner le bien du mal, surtout si cela nous concerne. On se rappelle la fable La besace de la Fontaine : « Le fabricateur souverain / Nous créa Besaciers tous de même manière, / Tant ceux du temps passé, que du temps d’aujourd’hui : / Il fit pour nos défauts la poche de derrière, / Et celle de devant, pour les défauts d’autrui. »
En psychologie de la communication, on apprend la théorie de « La fenêtre de Johari » (concept créé par Joseph Luft et Harrington Ingham en 1955) : Imaginons un rectangle. Ce rectangle, c’est toute notre personnalité. Un projecteur sur le dessus, c’est le regard des autres, avec des angles morts.
Un projecteur sur le côté, c’est notre regard, avec aussi des angles morts. Pour les autres, il reste ces angles non éclairés ; c’est ce qu’ils ne savant pas de moi, ce qu’ils ne peuvent voir et que moi je sais, que je vois, car mon éclairage est différent.
Mais il reste des zones de ce qui est en moi que les autres voient et que je ne vois pas.
Alors ! Quelle est la part du bien et du mal qu’ils perçoivent. Est-ce que je désire le savoir ?
Là, le jugement que je fais sur la part du bien et la part du mal en moi dépend de la morale à laquelle je me réfère. J’en vois quatre :
1) Morale universelle : Celle qui tend vers le bonheur de tous, dont le nôtre.
2) Morale hédoniste : Celle qui tend vers son propre bien-être, son bon plaisir, celui de ses proches.
3) Morale religieuse : En accord avec un dogme, une idéologie, avec tous les préceptes religieux, avec ses règles et ses interdits.
4) Morale subjective : Elle est définie en fonction de sa propre satisfaction, en fonction des droits que l’on s’attribue. C’est le bien relatif qui arrange assez certaines personnes. Certains parlent aussi d’équité. C’est encore mettre son mouchoir sur sa conscience.

G Pour revenir à la définition du mal, cela me semble être tout ce qui fait désapprobation ou blâme. Le bien moral, c’est celui qui fait du mal. On a évoqué la colère ; en fait, dans ce cas, parfois, on se révolte parce qu’on a le sentiment d’être victime.

G Le bien et le mal possèdent cette valeur morale contenue dans les règles de conduite. En philosophie, le bien et le mal sont définis par la morale, avec « des énoncés normatifs des fins de l’action ». Le concept du bien et du mal a pour complément le concept du devoir. On ne peut pas vouloir faire son devoir, si on n’a pas le sens du bien et du mal, si on n’a pas de sentiments à l’égard des autres.
Cela pose un problème de conscience. Ou j’aborde le sujet du point de vue personnel, ou je l’aborde du point de vue social. Du point de vue personnel, c’est subjectif, et, là, qu’est-ce qui se passe dans mon esprit pour juger et faire le bien ou le mal ?
Du point de vue social, je suis d’accord avec ce qui a été dit, que ces valeurs morales sont nées dans la nuit des temps, au moment ou l’homme s’est séparé du monde animal. Les animaux sont très cruels, mais on ne peut pas les accuser de faire le mal. Chez eux, il n’y a que la survie. Mais dans ces premières structures sociétales, très vite les hommes en mettent d’autres en esclavage, ce qui va devenir légal ; l’esclave ira même jusqu’à perdre son statut d’homme, d’humain ; on pourra le châtier, le vendre.
Je crois qu’on ne peut pas séparer la morale des intérêts, des intérêts humains, sociaux. Par ailleurs, aujourd’hui, comment définir le bien du mal dans nos sociétés qui participent aux bombardements, qui tuent des humains ? Ou à l’égard de ceux qui tuent des innocents de façon barbare pour imposer leur foi ?
Où est l’humanisme ? Où sont les valeurs spirituelles ?
La société, la morale nous obligent à choisir, à définir. Comment ne pas porter un jugement radical sur un peuple qui a voulu faire disparaître de la surface de la terre tout un autre peuple et d’autres catégories d’individus, les gitans, les communistes, les homosexuels…

G Le concept du bien et du mal est très important dans la construction d’une socialisation. Celui qui fait du mal n’a pas toujours spécialement conscience de faire du mal. Nous jugeons d’après ce que nous avons reçu comme valeurs dans l’enfance : ça, c’est bien ! ça, c’est mal ! Quand on raconte des histoires à des enfants, il y a toujours le bon et le mauvais, le méchant et le gentil, et c’est toujours (question de morale) le gentil qui triomphe du mal.
Par ailleurs, quelqu’un qui est jugé par un tribunal parce qu’il n’a pas su mesurer le bien du mal, peut peut-être après prendre conscience du mal. L’homme, cet animal qui vit en société, a toujours besoin de cerner ce concept.

G Le poème de Florence (pantoum) :

La part du mal et la part du bien qui sont en nous

Il pèse le mal, Il pèse le bien
Mon âme est en balance, au tribunal
Incohérent du grand nécromancien
Ni règle du jeu, ni code pénal

Mon âme est en balance, au tribunal
Je suis athée, je suis chrétien, païen
Ni règle du jeu, ni code pénal
Les maux sont en voyage au quotidien

Je suis athée, je suis chrétien, païen
La morale en tapis roulant, normal
Les maux sont en voyage au quotidien
Pécher par omission, c’est infernal

La morale en tapis roulant, normal
Le grand horloger est mécanicien
Pécher par omission, c’est infernal
Dans ma prison j’ai un ange gardien

Le grand horloger est mécanicien
Il bricole son micmac artisanal
Dans ma prison j’ai un ange gardien
C’est lui qui a les clés de l’arsenal

Il bricole son micmac artisanal
Impénétrable et omnipraticien
C’est lui qui a les clés de l’arsenal
Le sang du mystère presbytérie

L’indulgence est sur le fond baptismal
Et mon cœur allégé de plébéien
A lavé les mots du confessionnal
Les péchers épluchés, ça coûte combien ?

Il cherche encore une trace d’idéal
Mon âme est en morceaux, je m’abstiens
Tout compte fait, à la fin, c’est fatal
Il pèse le mal, il pèse le bien

G Quand un individu est dans une société où le mal est institutionnalisé, comment mesurer chez lui la part du bien et la part du mal ? Toujours, les sociétés s’appuyant sur le mal ont voulu réduire l’humain à une quasi-animalité. Rappelez-vous la Controverse de Valladolid, où un soldat espagnol coupe la jambe d’un indien pour la donner à manger à son chien. L’indien à moins de valeur qu’un animal. Toute société qui n’a plus l’humain d’abord comme but, comme principe éthique, va vers le mal. On se rappelle également le procès d’Eichmann, où celui-ci allègue qu’il n’a fait qu’obéir aux ordres ; sa valeur suprême, c’était l’obéissance. Nous avons vu aussi que ceux qui étaient chargés d’organiser les exécutions de masse des juifs d’Europe centrale étaient des officiers très cultivés, très diplômés, l’élite du pays.
Il y a chez l’individu des pulsions de mort (Thanatos) et certaines personnes, dans des circonstances données, laissent libre cours à cette pulsion.

G Poème en acrostiche d’Hervé :

LA DECOLONISATION
Les indépendances

La mainmise des conquérants, ces inconnus
Envahissant sans vergogne, créant la dépopulation,
Sans moralité, a asservi les peuplades vaincues.

Indigènes, vous avez subi ces violations.
Navigateurs ou explorateurs vous ont combattus.
Découvrir des terres nouvelles et c’est l’appropriation.
Evangélisés, colonisés, la langue des occupants a prévalu.
Privés de liberté, battus, vous avez subi l’humiliation.
Enchaînés, déportés, esclaves vous avez même été vendus.
Négociants, la richesse du sol est votre préoccupation
Depuis toujours, sans tenir compte de la valeur des individus.
Agissants, les peuples ont voulu vivre sans dépossession.
Nationalistes, les indépendances voulues ont été obtenues.
Conventions signées, le patriotisme a fui la cohabitation.
Entente cordiale entre les peuples est idéaliser l’absolu.
Seules les volontés réciproques ont conforté la régularisation.

G On a dit que la loi définit le bien et le mal. Je ne prendrai pas les critères du bien et du mal ainsi. Pour la loi, c’est l’autorisé ou l’interdit. Si je m’interroge sur le bien et le mal, je fais un travail supplémentaire à l’interdit et au non-interdit. Rappelons que pour la loi Weil [loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse], il a fallu éviter de placer le projet sur le terrain de la morale, mais le ramener à un problème de santé publique.

G La loi définit le bon, le mauvais, l’interdit ou pas, soit l’éthique.
Le bien et le mal, c’est d’abord une approche individuelle, de l’ordre de la morale.

G Lors du premier essai nucléaire, où sont présents Einstein et Oppenheimer, le responsable des essais, le physicien Kenneth Bainbridge, va déclarer : « A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute ! »* Mais, ces savants, pour la plupart juifs allemands émigrés, vont avec Einstein mettre Roosevelt en garde contre les dangers de cette technologie. Ils n’en reconnaissent pas moins pour autant que s’ils n’avaient pas fait la bombe, il se pouvait fort bien qu’Hitler l’aurait possédée avant et utilisée. Cela leur posait un cas de conscience, entre le bien et le mal, entre le mal et le pire. [* Cité dans les notes de : La Déesse des petites victoires. Yannick Grannec. Page 227. Editions Anne Carrière. 2012.]

G Un mythe grec nous dit que la meilleure façon de combattre le mal, c’est de le montrer, le mettre en lumière (effet Frankenstein). C’est le mythe de Gygès : Un homme avait reçu une bague ; lorsqu’il tournait le chaton vers l’intérieur de sa main, cela le rendait invisible. Dès lors qu’il veut faire quelque chose de mal et qu’il ne veut pas que les autres en aient connaissance, il se rend invisible ; puis, la mauvaise action réalisée, il tourne la bague et redevient visible.
Ce qui nous dit que la seule façon pour que les règles vertueuses soient respectées, c’est d’assumer la transparence. Cela nous dirait également que les hommes (souvent ou parfois) ne sont honnêtes que parce qu’ils y sont contraints.
Enfin, comme on a eu beaucoup d’avocats du bien, je vais me faire un peu l’avocat du mal, l’avocat du diable. On a parfois entendu que si l’on veut absolument supprimer le mal, on déstructure totalement la société. Le philosophe néerlandais Bernard Mandeville illustrait ainsi cette idée au 17ème siècle avec La fable des abeilles : « Les abeilles, riches et raffinées, ne se rendent pas compte que les vices cachés et la malhonnêteté dont elles se plaignent continuellement sont le fondement réel de leur prospérité. Elles prient les Dieux d’en être définitivement délivrées. Jupiter finit par les exaucer : les abeilles sont à présent honnêtes, mais les vices disparus, la prospérité quitte la ruche. Les métiers fondés sur l’amour du luxe, sur l’orgueil et le crime dépérissent et meurent, chacun se contente du minimum indispensable pour vivre. Les abeilles, devenues pauvres et vertueuses, en sont réduites à l’état de survie, seule condition qui convienne à la vertu. »

G Aujourd’hui, on récupère des cellules souches pour réparer des individus. Des pays ont commercialisé l’embryon. Voilà de nouveaux défis à notre morale. Nous jugeons différemment d’un pays à l’autre. Est-ce aller vers le bien ? Est-ce aller vers le mal ?

Œuvres citées :
Ainsi parlait Zarathoustra. Nietzsche.
Je sais philosopher ! Elise Sultan. Ellipses. 2014.
Mémoire du mal, tentation du bien. Tzvetan Todorov. Robert Laffont. 2012.
La déesse des petites victoires. Yannick Grannec. Editions Anne Carrière. 2012.
(Disponible à la médiathèque de Chevilly-Larue)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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