Quelle place pour le luxe en période de crise économique ?

Restitution du débat du café-philo à L’Haÿ-les-Roses le 4 février 2015

Collier Evert. Vanité. 1705. Coll. privée.

Collier Evert. Vanité. 1705. Coll. privée.

Introduction: Guy Pannetier:
Dans une période où « les français », (je cite), « vivent au-dessus de leurs moyens », où la France (je cite encore) « est le malade économique de l’Europe », nous apprenons par ailleurs, que nous sommes après le Japon, deuxième plus grand consommateur de luxe*,  que l’Europe en crise économique détient 75% du marché du luxe dans le monde*, et enfin que la secteur du luxe progresse  en France de plus de 8% chaque année.
Source des données chiffrées : Comité Colbert. http://www.comitecolbert.com/
(Comité composé des principaux acteurs du grand luxe au niveau mondial)
A partir de cela,  nous pouvons être amenés à nous poser cette question : quelle place pour le luxe en période de crise économique ?
Si globalement les richesses augmentent, en France et dans le monde, si le nombre de milliardaires augmente chaque année, comme nous le montre bien des études, alors, pourquoi sommes-nous en crise économique ? On ne peut pas,  ne pas penser que ces sommes folles dépensées dans le luxe pour des choses, des objets souvent destinés à un seule personne, ces dépenses représentant des capitaux stagnants, sont des investissements stériles, ce qui est contraire au principe d’économie, lequel est basé sur la plus grande circulation de l’argent. Car, si notre économie est devenue dans des proportions inquiétantes, une économie virtuelle, celle du luxe n’est pas virtuelle, on n’achète pas un Rolex, une paire de Weston, une ferrari, une roll royce phantom,  avec des valeurs papier basées dans la nébuleuse économique, le luxe se paie cash..
Alors, le secteur du luxe doit-il faire l’objet de réglementation introduisant des limites, des taxations ? Peut-on revenir à la TVA à 33% ? Le luxe doit-il être encadré ?  Et comment réguler l’activité du luxe sans tomber dans les errements d’un  Savonarole ? Savonarole ce moine italien illuminé, ce taliban du moyen âge qui faisait brûler, détruire, livres, parfums, bijoux, soieries…
On classe généralement aujourd’hui dans le luxe : la joaillerie, la maroquinerie haut de gamme, les parfums, la haute couture, les palaces, les yachts, les avions privés, les voitures haut de gamme, les écuries de courses, et certaines résidences, etc.
Le luxe nous asservi nous ont dit des philosophes; il est  le contraire des « plaisirs naturels et nécessaires » dont les épicuriens nous invitent à nous satisfaire. Mais si nous définissons comme luxe tout ce qui est au-delà du strictement nécessaire, nous allons alors, vers un monde spartiate et triste, un monde où nous serions prisonniers des vertus mortifères, tel les abeilles de la fable: « Les abeilles riches et raffinées, ne se rendent pas compte que les vices cachés et la malhonnêteté dont elles se plaignent continuellement sont le fondement réel de leur prospérité. Elles prient les Dieux d’en être définitivement délivrées. Jupiter finit par les exaucer : les abeilles sont à présent honnêtes, mais les vices disparus, la prospérité quitte la ruche. Les métiers fondés sur l’amour du luxe, sur l’orgueil et le crime dépérissent et meurent, chacun se contente du minimum indispensable pour vivre. Les abeilles, devenus pauvres et vertueuses, en sont réduites à l’état de survie, seule condition qui convienne à la vertu ». Bernard Mandeville,(philosophe hollandais, 1670-1733). (Egalement référence du libéralisme économique)
Ce sujet est une médaille avec ses deux faces, avec ses aspects néfastes, (un côté de la médaille) ; et d’autre part, nous sommes tous d’accord pour le constater,  le luxe nous a laissé un immense  patrimoine, (autre côté de la médaille) et là nous sommes bien embêtés pour condamner le luxe. Vouloir nier le rôle du luxe dans toute l’histoire des hommes paraît irraisonnable.
Donc, comment penser un instant éradiquer le luxe et vouloir conserver la créativité, conserver et transmettre tous ces savoirs faire ? Tous ces chef-d’œuvres qui nous laissent admiratifs, nous ne pouvons pas les renier. Ce serait renier une large part de notre culture.
Autrement dit, le problème posé, est philosophique, puisqu’ il comporte une part d’éthique, voire de morale, une part sociale, et enfin une part qui est du domaine de la politique.

Débat : G La question posée implique  non pas de porter un jugement de valeur sur le luxe, mais de s’intéresser à son rôle dans l’évolution d’une société.
D’après le dictionnaire historique de la langue française  d’Alain Rey, le terme luxe est un emprunt tardif (1607) au latin luxus qui signifie « excès dans la manière de vivre, splendeur, faste, débauche ». Progressivement le mot s’applique à un mode de vie caractérisé par de grandes dépenses, pour faire montre d’élégance et de raffinement, et le syntagme «de luxe » s’applique en particulier au caractère d’une chose coûteuse et raffinée et à un objet ou à un plaisir coûteux et superflu (1797). Et au 18ème siècle la notion de luxe entraîne un débat chez les philosophes des Lumières  Voltaire y voit le soutien essentiel de l’économie. Rousseau y voit un principe d’exploitation du petit peuple, et le ressort de toutes les  perversions; car le luxe est fait pour être admiré, il éblouit. Cette opposition est liée aux développements du commerce et de l’industrie. La prise de position sur le luxe est révélatrice de système de valeurs contraires. Au souci de vertu et d’égalité d’un Rousseau, qui condamne le luxe comme facteur d’inégalité sociale et de corruption politique, s’oppose à l’apologie du commerce et de la consommation développée par Voltaire.  Le goût du luxe  est facteur de développement d’une société et ouvre les frontières.
Et aujourd’hui le débat est analogue: faut-il, pour garantir une vie bonne, valoriser la croissance qui passe par la recherche du toujours plus, voire de l’excès inutile, ou, faut il promouvoir la décroissance ? A fortiori dans une période de crise économique si on entend par là une période où l’inégalité sociale s’accroît.
Pour répondre, il faut, d’une part distinguer le luxe comme excès et le luxe comme raffinement  et d’autre part savoir quelles valeurs sont les nôtres. Si l’on veut une société juste où « chacun a, selon ses besoins »  (selon l’expression de Marx) alors la recherche du luxe est condamnable ; elle perpétue les inégalités. Mais si on veut une société juste et une vie bonne alors il faut reprendre le conseil d’Epicure: que chacun puisse satisfaire « les désirs naturels » et renonce aux désirs artificiels. Car Epicure nous enseigne à distinguer « les désirs naturels » (le désir de manger, de boire, de dormir, de réfléchir) nécessaires à l’être humain. Pour vivre, il faut les satisfaire, et les désirs naturels et non nécessaires (comme le désir sexuel): on peut ne pas les satisfaire, et les désirs artificiels (comme le désir de pouvoir, ou le désir du luxe, induits par le type de société dans laquelle on vit) auxquels il faut renoncer parce qu’ils nous entraînent dans une course effrénée et sans fin.., nous ne sommes jamais contents, toujours inquiets.
Il nous faut donc distinguer la recherche artificielle du luxe (qui est recherche de l’excès, du toujours plus, induit par la société mercantile et du spectacle)  et le goût du raffinement   et de l’élégance qui est naturel à l’être humain sans qu’il soit nécessaire pour vivre, mais qui doit être satisfait pour une belle et bonne vie.
N’est-ce pas ce que nous apprécions tous lors des café-philo (qu’il y ait le confort et l’agrément  qui permettent de garantir le bien être de la discussion).

G Le luxe a du bon, on n’est pas obligés de posséder des objets de luxe. Mais, par contre, j’ai eu l’occasion de voir l’exposition « L’or des Scythes » (Grand Palais 2001), j’ai été éblouie ! Les gens de cette époque on créé ces formidables bijoux et objets de luxe.  Le luxe peut servir à tout le monde, car les œuvres d’art vont se retrouver un jour dans les musées, et là ce luxe appartient à notre culture.

G Je lierai plutôt le luxe à la rareté. Le luxe c’est forcément quelque chose de rare, parce que s’il y en avait pour tout le monde, ce serait plus du luxe. Exemple une toile de maître, c’est un exemplaire unique, c’est pas comme une Rolex.
Dans « la fable des abeilles » l’auteur dit que si on supprime le luxe, il ne va rien rester, en réalité, c’est pas vrai ; car si on supprime ce luxe qui n’est pas, une rareté, là on obtient quelque chose. On perd quelque chose quand il n’y a pas un équivalent, (fonctionnel, esthétique, ou autre),  mais si on supprime le luxe artificiel et mercantile et bien, on a la même richesse. Parce que le luxe artificiel c’est une richesse qu’on nous a inventé. Et si vous supprimez toutes ces activités qui nous font ces produits, ces marques, de luxe, ça peut changer quelque chose dans l’économie.

G Ce qui m’ennuie, c’est la définition du luxe. J’ai retenu cette définition entendue : « Ce qui n’est pas indispensable, c’est du superflu. Ce qu’on appelle luxe, c’est ce qui représente de l’argent, ou alors une marque réputée. Quand j’étais gamine, ceux qui avaient une marque sur le dos, c’était, « les hommes sandwich ». Ils étaient payés pour se promener dans les rues en montrant des marques. Maintenant, on a conditionné les gens, et ce sont ceux qui peuvent se payer des marques qui  les promènent dans les rues. Ça change, non ?
Alors, est-ce que le luxe, ce n’est pas l’affichage de ses possibilités financières ? Une mise en scène pour montrer sa richesse ? Le luxe en période de crise a quelque chose d’indécent.
En période de crise, et même en dehors de la crise, des gens meurent chaque jour faute de pouvoir acheter des médicaments. Alors des objets  de luxe « valent » plus que des vies.

G La vraie richesse ne s’affiche pas, ces gens là sont très discrets.

G On peut avoir une définition très large du luxe sitôt qu’on y met tout ce qui n’est pas strictement nécessaire. Et, quand on prend la crise économique, elle a un rôle dans notre société capitaliste, elle est un peu comme des mouvements de plaques tectoniques. Le capitalisme a ses crises, les surpasse, et survit. (A mois que…).
Dans cette société capitaliste, le luxe c’est la tête de pont, comme la locomotive de la consommation, c’est pour ça que les marques s’affichent, on le voit avec les plus jeunes qui veulent absolument porter des marques.

G On voit que le luxe peut être défini, comme excès, comme raffinement, comme superflu, comme indécent même. Alors, j’ai repensé à ces sociétés qui ont vécu, ou qui vivent en excluant le luxe, comme aujourd’hui : les Amishs, les Mormons, les  Quakers, les kibboutz, (et sûrement bien d’autres). Alors, je ne dirai pas que ce sont des sociétés idéales, mais quel écart avec nos sociétés contemporaines, avec le monde occidental.
Je reviens sur les deux approches classiques du luxe en philosophie, celle de Rousseau, et celle de Voltaire ; c’est un peu, Athènes ou Sparte.
Pour Rousseau le luxe est un principe d’exploitation du petit peuple et il est le ressort de toutes les perversions. Le luxe crée des inégalités. Pour lui c’est du superflu et de l’inutile, et l’origine du mal. Pour lui, s’il n y avait pas de luxe, il n’y aurait pas de pauvres. Il aurait été en phase avec cet article paru dans Libération le 16 mai 2013, titré : « Le marché du luxe ne connaît pas la crise ». L’article dit « En Chine la campagne anticorruption préoccupe un peu les grands acteurs du luxe.. »
Ce qui nous dit que suivant l’expression : les grandes richesses, comme les rivières, ne se  font pas qu’avec de l’eau claire.
Pour Voltaire, assez influencé par son séjour dans la très libérale Angleterre, il est favorable au luxe, mettant en avant le respect, voire parfois, la primauté des libertés individuelles, favorable au commerce du luxe qui, pour lui, enrichit toute le société. Pour Voltaire,  le luxe jusqu’au superflu, est une nécessité. « Sans le luxe » nous dit également le philosophe anglais Hume, « l’argent resterait dans le coffre des riches »
Alors, doit-on penser avec Voltaire que le luxe est une nécessité, facteur de développement économique ? ou penser avec Rousseau que le luxe est et responsable d’inégalités sociales ; et là, qui peut faire le bilan du coût social du luxe ? Combien d’emplois créés ? combien d’emplois détruits ? quel pourcentage d’appauvrissement de certaines catégories sociales ? quel niveau de pauvreté faut-il maintenir pour que se créent les richesses qui font vivre l’activité du luxe ?
Maintenant tout le monde ne rêve pas de luxe, tout le monde n’a pas obligatoirement une attirance pour le luxe : « Donnez-moi une suite au Ritz, j’en ferais quoi » dit la chanteuse Zaz, dans « Je veux ».
L’esprit philosophique nous amène souvent à considérer toute la vacuité de ce goût pour l’étalage du luxe, de ce qui est ressenti comme posture sociale par certains. Par exemple : je pense qu’un sac Vuiton à 15 euros perdrait toute valeur, et n’intéresserait plus personne. Le marqueur social est essentiellement dans le prix.

G On est toujours dans cette opposition entre Voltaire et Rousseau. Est-ce que le luxe des uns, se paie aux dépens des autres ? Je crois que la crise à aussi ce rôle de faire taire la parole, à cause de la crise, à cause du chômage, à tous ceux qui veulent un autre monde, un autre modèle.
Et là, le luxe joue le rôle de la carotte qui fait avancer l’âne, c’est le gâteau dans la vitrine qui fait saliver. On voit un monde paupérisation et on nous dit, « le rêve est possible ! », il est à la portée !
Par ailleurs, tout ce que l’on considère comme luxe, dans des domaines comme l’orfèvrerie, vont un jour se retrouver dans le patrimoine. Tous nos ancêtres ont participé par leur luxe à notre patrimoine. Ceux qui on t beaucoup d’argent et qui font travailler les artistes, les artisans, même s’ils le font par orgueil, ils participent à créer des richesses culturelles qui passeront à terme dans le domaine publics, de plus cela aide à conserver les savoir faire. Le luxe nous laisse un héritage culturel.

G Poème de Voltaire :                               Le mondain. (1736)

Regrettera qui veut, le bon vieux temps
Et l’âge d’or et le règne d’Astrée
Et les beaux jours de Saturne et de Rhée
Et le jardin de nos premiers parents ;
Moi je rends grâce, à la Nature sage,
Qui, pour mon bien m’a fait naître en cet âge
Tant décrié par nos doctes docteurs:
Ce temps profane est tout fait pour mes mœurs
J’aime le luxe, et j’aime la mollesse,
Tous les plaisirs, les arts de toute espèce,
La propriété, le goût, les ornements ;
Tout honnête homme a de tels sentiments.
Il est bien doux pour mon cœur très immonde
De voir ici l’abondance à la ronde,
mère des arts et des heureux travaux
Nous apporter de la source féconde
Et des besoins et des plaisirs nouveaux.
L’or de la terre et les trésors de l’onde,
Leurs habitants et les peuples de l’air,
Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde.
Ah ! le bon temps de ce siècle de fer !
Le superflu, chose très nécessaire.
…………………………
Quand la nature était dans son enfance,
Nos bons aïeux vivaient dans l’innocence,
Ne connaissaient ni le tien, ni le mien.
Qu’auraient –ils pu connaître, ils n’avaient rien
Ils étaient nus, et c’est chose très claire
Que qui n’a rien, n’a nul partage à faire.
Sobres étaient. Ah ! je le crois encor,
Martialo n’était point du siècle d’or,
Du bon vin frais, ou la mousse, ou la sève
Ne gratta point le triste gosier d’Eve.
La soie et l’or ne brillaient point chez eux ;
Admirez-vous pour cela nos aïeux ?
Il leur manquait l’industrie et l’aisance :
Est-ce vertu ? C’était par ignorance
……..

G Ce que nous dit le poème de Voltaire que qui ne connaît pas le luxe, n’est pas sollicité par le luxe, le désir n’est pas, on ne souffre pas d’un manque. Pour cela la publicité crée le désir du luxe.

G Je vois le luxe dans le sens de somptueux, de raffiné, et même parfois superflu. Même si ces produits de luxe ne créent pas d’envie chez moi, j’aime voir toutes les belles choses qui ont été crées.
Je classerai dans le luxe somptueux, la haute couture, les parfums, la joaillerie, la maroquinerie, parfois l’ébénisterie, l’aménagement des intérieurs avec des matériaux rares, les voitures, la restauration, l’hôtellerie, les grands vins, les croisières…Derrière toutes ces activités de luxe, il y a plein de métiers dépendant du luxe. Du produit brut au produit fini que de gens y travaille. Donc si cette activité n’existait pas, toutes ces industries, ces activités, cet artisanat, qu’est-ce qu’ils deviendraient ?

G Je préférerai, aujourd’hui avec la crise, et en général, que tout cet argent dépensé dans le luxe, le soit pour soulager la misère. Quand on voit la misère dans le monde, ce luxe devient carrément une insulte.
Mais il a des gens très riches qui ne sont pas dans cette démarche d’étalage de luxe. Je me demande si ce n’est pas cela, la sagesse.

G Les marques ostentatoires de richesse sont souvent le fait de nouveaux riches. Il y a des richesses discrètes, il y a des richesses qui ne s’étalent, elles ne créent pas cette envie, cette concupiscence qui va aigrir les plus défavorisés, ou ce stupide désir d’avoir pour paraître être.
Le luxe reste un moteur de consommation des grandes marques qui se sont « démocratisées » sur des produits dérivés pour mettre des ersatz de luxe à la portée des pauvres, leur offrant à eux aussi leur part de luxe, « parce qu’ils le valent bien » ! C’est le luxe comme but suprême !
Le sociologue Thorstein Veblen à créer dans sa théorie sur le luxe, « l’effet Veblen », c’est-à-dire qu’un produit devient produit de luxe lorsque grandi exagérément son prix de vente en regard de son coût initial, le mettant à partir de là hors de portée de la plupart des consommateurs. Nous voyons là une des marques le plus évidentes du snobisme. (C’est-à-dire chercher à être assimilé à la haute société, en imitant, en empruntant ses goûts sans discernement).
Nous retrouvons toujours cette nécessité pour le riche de se distinguer du pauvre, et puis, « à quoi ça sert d’avoir de l’argent si ça ne se voit pas » (Dixit Café-philo)

G Comment appeler des gens qui veulent partager les goûts de luxe des plus riches et qui n’ayant pas les moyens, n’achètent, ne portent que des copies, de contrefaçons ?

G Ce sont des frimeurs, tout simplement !

G Même chez les gens très riches il y a besoin de se distinguer des autres.
Quant à cette idée du luxe comme valeur partagée ; à des jeunes qui avaient peut-être participé à des incendies de voitures, je leur demandais pourquoi, ils ne brûlaient jamais de voitures à Neuilly, ou dans le 16ème arrondissement ? Leur réponse fut : Putain ! on va brûler des Mercedes, oh !

G Poème de Florence :

Quelle place pour le luxe, période de crise économique
(Rondeau)

Je vends du rêve et du prestige
La clé des vénus callipyge
Le cœur des hommes inconséquents
Scellés dans des flacons clinquants
Des sortilèges et des prodiges

Sur les chemins de la voltige
Je joue, je vole et je transige
Mon âme pour un astrakan
Je vends du rêve

La morale est vaine et m’afflige
Je n’ai que faire de ce vestige
Du paradis des temps vacants
J’ai anobli tous les croquants
Sur les cadavres en coton-tige
Je vends du rêve

G L’emploi ou plutôt le chômage est très lié à la crise économique actuelle, et l’on a entendu que le luxe créait des emplois, ce qui va à l’actif du bilan qu’on a commencé à dresser. Mais de plus en plus de marques de luxe font travailler des sous traitant hors de France, hors d’Europe. Ce qui est à porter au passif dans le bilan. Une émission sur FR 2 nous disait qu’un costume Kenzo revenait à 30 euros en Roumanie et qu’il était vendu 200 euros en France.  (Envoyé spécial, « Le luxe ne connaît pas la crise. 20 décembre 2012)
La globalisation dans ce domaine du luxe a ses effets pervers, ainsi des grandes marques ayant sous traité en extrême orient, ayant fournis les process (techniques), ont ouvert ainsi la porte aux innombrables copies, à la contre façon. Et autre effet de ces externalisations, nombre de sous traitant en France de ces marques ont mis « la clé sous la porte » (À porter au passif du bilan)
(Ces remarques ne s’appliquent pas, bien sûr? à toutes nos entreprises du luxe)
Les lois contre le luxe ont existé depuis l’Antiquité. On les nommera souvent, les lois somptuaires. Mais vérifiant la définition je suis surpris d’apprendre que ces lois réglementaient surtout les habitudes, les usages vestimentaires en fonction de la catégorie sociale; interdisant de vouloir imité les aristocrates, démarche tout à fait dans la pensée aristocratique chez Platon. Elles on pu parfois interdire l’importation de produits de luxe étrangers pour protéger les industries nationales, ce qu’on nomme aujourd’hui protectionnisme.
A la question posée d’une restauration de la TVA à 33% pour les objets de luxe : sur le journal en ligne : « Economie matin fr.» du 2 mai 2012 *. François Xavier Laude (Directeur d’une entreprise de produits de luxe) répond : « Cette mesure risquerait de stigmatiser les riches et ce clivage mettrait à nouveau à mal l’ascenseur social ». C’est faire du luxe le but ultime dans la vie, le dernier étage, le nirvana de l’ascenseur social.
*http://www.economiematin.fr/news-proposition-hollande-taxe-luxe-tva
A ce jour? on nous dit? que la Commission européenne interdit l’établissement d’une taxe de luxe à 33%. Ce qui n’est pas vrai puisque chaque pays européen fixe son taux de TVA, il suffit de voyager en Europe pour le constater. Par contre, certaines personnes avancent que le maximum de vente de produits de luxe se fait avec les touristes étrangers qui bénéficient de la détaxe à l’exportation; et, que les personnes les plus fortunées pourront acquérir les produits hors de France. Mais la France ou l’Europe, n’évoquent pas que la détaxe soit supprimée.

G L’économie du luxe n’échappe pas aux règles aux usages de l’économie en général.

G Pour qu’il y ait un marché, il faut que le produit soit fabriqué et vendu en suffisamment d’exemplaires. Si le produit a véritablement un utilité, il y a un marché qui existe. Si le produit de luxe ne demande pas un art particulier, il pourrait devenir un produit de consommation courante, abordable, et de là favoriser l’économie. Le livre par exemple s’est démocratisé et s’est créé une économie de l’édition.

G Ce n’est pas à la philosophie de classer le luxe dans les cases du bien ou du mal. De l’utilité chacun en juge, s’exprime  entre gaspillage ou patrimoine.  Maintenant quant au rapport de la crise économique et du luxe, une information nous apprend  que notre pays arrive en troisième position quant au plus grandes richesses, (après les Etats-Unis et le Japon), *(Source. FR2 Journal de 20 H. Le 20/01/2015)
« C’est les pauvres qui vont être contents de savoir qu’ils habitent un pays de riches ». nous disait Coluche.
Donc ce problème ne paraît pas insoluble, « il y a du grain à moudre ».
Donc cette information est une nouvelle rassurante. Luxe, crise, pauvreté, chômage, ce n’est qu’une question de choix politique, laquelle nous appartient. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ce soit tout simple.

 

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