La théorie du complot

Restitution du débat du 28 septembre 2016 à Chevilly-Larue

Daumier. Crispin et Scapin. 1864. Musée d'Orsay. Paris

Daumier. Crispin et Scapin. 1864. Musée d’Orsay. Paris

Animateurs : Edith Perstunski-Deléage, (philosophe). Guy Pannetier. Danielle Vautrin
Modérateur : Lionel Graffin
Introduction : Alain Le Bihan

Introduction : Théorie du complot, ou, complotisme, ou, conspirationnisme, sont des termes nouveaux, des néologismes. Ils sont apparus en France récemment en provenance d’outre Atlantique où ils sont souvent utilisés depuis la destruction des tours du World Trade center.
Sont considérés comme, complotistes, conspirationnistes, ceux qui propagent l’idée que la version officielle du 11 septembre, n’est pas la vérité.
Nos média semblent abuser des termes, puisqu’ils les étendent désormais à toute attitude critique face aux communications officielles. Cette attitude critique commence par le doute, la méfiance vis-à-vis des communications officielles et s’étend à l’avance d’une autre version que celle diffusée par les organes officiels.
Nous avons tous connu un doute concernant l’explication gouvernementale d’un événement. Nous en avons fait part autour de nous, nous avons en quelque sorte, propagé une rumeur.
La rumeur appartient au fonctionnement humain, elle amène une autre vision des choses. « Il n’y a pas de fumée sans feu ». La rumeur aujourd’hui se propage avec Internet. Les fameux réseaux sociaux sont finalement des diffuseurs d’information non reconnus par les pouvoirs, mais reconnus par ceux qui les suivent.
Donald Trump dit : « Les médias sont des réseaux sociaux, j’atteins en quelques instants des dizaines de millions de gens ». L’éducation nationale a créé un site pour débattre ce qu’elle nomme, les dérives complotistes, « on te manipule ». Elle organise des séminaires de formation pour combattre le complotisme.
Le complot, comme les fantômes, est un thème fort de la littérature anglo-saxonne. Nous pouvons remonter à Shakespeare, chez lequel intrigues et complots forment la trame de ses pièces. Lui-même s’y trouve impliqué, puisque certains contestent son existence.
Le complot, ou, conjuration, ou conspiration, est une action organisée collectivement, dans le secret, parce que le plus souvent criminelle, se manifestant par un assassinat ou un attentat, qui se passe dans l’espace du pouvoir, (ou dont le but est le pouvoir, le maintien pour ceux qui y sont, ou sa prise par ceux qui le revendiquent)
Les complots les plus connus sont : la conspiration contre Napoléon, L’assassinat à Sarajevo, ou l’attentat contre Hitler.
Les ingrédients du complot, sont, (si l’on peut dire) : Le pouvoir – Le secret, car si l’objectif était éventé les participants se trouveraient en danger – Un petit groupe, car il se trouve que l’objectif et le moyen ne peuvent être partagés par le plus grand nombre – Couramment, les minorités agissantes.
Avec la théorie du complot, on passe à autre chose. J’y reviendrai

Débat

Débat : Si l’on va voir du côté des synonymes et des termes liés par analogie au mot complot, on trouve, bien sûr, en premier la conspiration, puis : machination – intrigue – menée – entente- ruse – cabale – infamie, -ourdir contre quelqu’un – tramer – manigancer – rumeur – tremper dans un complot.
Alors, se pose la question : pourquoi les dérives du complot sont-elles aussi courantes ? Comment et pourquoi prennent-elles forme, et comment la rumeur s’installe-t-elle, enfle-t-elle parfois ? Quand le cours des choses ne semble plus explicable, quand des décisions paraissent totalement injustes, sur des causes infondées, alors se pose la question : « il n’y a pas d’effet sans cause », « pas fumée sans feu », alors qu’y a t-il derrière cela que je ne sais pas, que nous ne savons pas : manigance, conjuration, complot… ?
Parfois, et souvent la rumeur du complot est démontrée comme non existante, mais il en restera toujours quelque chose, ou des individus disant : vous ne me direz pas là qu’il n’y avait pas « anguille sous roche », on a voulu nous cacher la vérité.
Mais le complot peut avoir une forme qui n’est pas le fait de gens qui complotent entre eux, cela peut être un sentiment globalement partagé, telle la haine, tel le racisme, ainsi le complot antisémite des années 1930 dans de nombreux pays d’Europe dont la France ; on se souvient de l’affaire Dreyfus, et du complot judéo maçonnique, ceux-ci ont ouvert la voie à Auschwitz, et à la Shoah.
Et si vous eussiez interrogé les gens à cette époque des années trente, ils auraient refusé de penser qu’ils participaient à un complot.
Puis nous avons des formes d’entente qui sont proches du complot : comment définir les relations incestueuses entre des dirigeants politiques, comme nos représentants siégeant à Bruxelles qui entretiennent des relations régulières avec les lobbies, qui rappelons-le au passage sont plus nombreux que les fonctionnaires de cet organisme européen.
Alors, machination, entente, simple défense d’intérêts de classe, buts inavouables… La définition reste très ambiguë.

⇒ Dans ces théories du complot, il y a des gens qui marchent. Alors, quels sont ces gens qui marchent à tous les coups ? Qui croient tout ce qu’on leur raconte ? Sont-ils un peu faibles, où sont-ils de ceux qui sont prêts à croire tous ceux qui parlent très bien ? Si on remonte dans une théorie de complot, au départ, il y a un cerveau, celui qui fait partir la chose consciemment. C’est une arme extraordinaire ; c’est aussi un moyen de répandre des rumeurs, de répandre anonymement des idées racistes par exemple.

⇒ Je voudrais reprendre l’exemple du « protocole des sages de Sion»
Dans son ouvrage : « La judéophobie des Modernes » Pierre-André Taguieff, écrit : « Le motif du complot juif […] se constitue historiquement autour de l’accusation d’empoisonnement des fontaines et des puits qui surgit en 1321en Aquitaine sous la forme de la fiction d’un complot judéo-lépreux. Durant l’hiver de cette année là, cette accusation de complot valu aux lépreux d’être massacrés avec l’aval du roi de France […] la chronique du monastère de Sainte-Catherine […] rapporte les faits en caractérisant, sur la base des aveux des lépreux, les deux thèmes d’accusation visant ces derniers : s’ils ont comploté, c’est à la fois pour tuer les non-lépreux et pour dominer le monde ».
Autrement dit, il y a toujours dans les complots, l’idée qu’il y a, chez les complotistes une volonté de dominer le monde.
Le complot juif, ainsi de médiéval qu’il était «… se transforme au cours du 19ème siècle en complot international sous le mode d’une refonte du complot maçonnique dénoncé par les théoriciens contre-révolutionnaires (d’où l’invention du « conflit judéo maçonnique), ou, sur celui, plutôt, du complot ploutocratique, ou capitaliste, illustré par la figure des Rothschild, (Ce qui donnera le complot judéo-capitaliste) (Ibidem)
« Cette vision complotiste, de la domination du monde par les Juifs, trouve son principal vecteur dans le célèbre « faux anti- juif », connu sous le nom de « protocole de Sion », qui est un document qui a été publié pour la première fois en Russie, dans un feuilleton d’un journal d’extrême droite, Znamia, dirigé à Saint Pétersbourg par l’agitateur anti- juif, Pavel ; et ce quelques mois après le pogrom de Kichinev, dont il avait été l’organisateur, et qu’il pouvait ainsi justifier ». (Ibidem)
Le « protocole de Sion » c’est un plan de conquête du monde établi par les Juifs, et qui a été rédigé à Paris en 1901.
Adolf Hitler y fait allusion dans « Mein Kampf » pour justifier la théorie du complot juif. Et aujourd’hui tous les groupes antisémites et les djihadistes font référence à ce protocole de Sion.
Alors j’ai trouve également chez Pierre-André Taguieff des références très précises, et notamment sur la manière dont les djihadistes contemporains utilisent l’idée du complot, en développant deux thèses : « 1° La négation à l’existence de l’État d’Israël, et la volonté explicite de le détruire ; l’accusation de « racisme » visant les Juifs en tant que « sionistes ». Tout juif étant supposé être un « sioniste » jusqu’à preuve du contraire, à savoir l’engagement explicite, ou, plus largement, et sans euphémisme, des Juifs »
Alors, poursuit-il « on trouve ça, évidement chez les idéologues des frères musulmans dans les années 1930, chez le grand mufti de Jérusalem qui a été le leader arabo- musulman qui a déclaré la guerre aux Juifs en 1920 , avant de s’installer à Berlin durant la deuxième guerre mondiale, pour collaborer notamment à la propagande anti juive à destination du monde musulman » ; on trouve ça chez le fondamentaliste des frères musulmans, Hassan el Banna, on trouve ça en 1950 chez l’idéologue fondamentaliste égyptien, Sayyid Qutb, on trouve ça dans une interview réalisée sur la chaîne Al Jazeera, en septembre 1998 chez Osama Ben Laden, et enfin, on trouve ça, dans l’épître d’Al Qaida intitulé : « qui est l’ennemi, par qui commencer ? ».
Alors la question, effectivement est de savoir finalement comment cette idée de complot juif, continue à se développer.

⇒ La notion du complot judéo-maçonnique a été largement théorisée par un archevêque qui s’appelait Charles Martial Lavigerie (fondateur des missionnaires Pères blancs). Il avait théorisée l’idée que les Juifs et les francs-maçons s’étaient associés pour fomenter la Révolution, cette fameuse Révolution qui avait fait tant de mal à l’Eglise. Et ce qui est intéressant, c’est qu’à la même époque un abbé, l’abbé Sieyès était un des acteurs dans la Constitution de l’an III, et il a participé aussi, au texte de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ceci pour dire que des hommes d’Eglises ont été acteurs du pire, théorisant un complot, et acteurs du meilleur à la fois.

⇒ Une théorie est une construction intellectuelle qui associe généralement, des observations, des lois et des hypothèses centrées sur un domaine scientifique. La théorie permet l’explication de phénomènes constatés, mais prépare surtout l’action pour en assurer la maîtrise. On ne peut pas employer le terme complotiste, de la même façon que comploteur. Le complot est depuis l’observation de quelqu’un qui se dit : là, il y a quelque chose, il y a des gens qui ont agi. Par exemple, si je prends, les Twin towers, qu’est-ce qui a été vendu à l’opinion ? C’est un complot qui a été organisé par Ben Laden, mis en oeuvre par des terroristes qui ont pris des cours de pilotage ? etc… En fait les USA nous ont vendu « un complot », à l’inverse de ceux qui disent qu’ils ne sont pas d’accord avec cette version ; pourquoi y aurait-il moins complotiste que celui qui en décrété un ?
Et je reprends pour cela un autre événement controversé. C’est l’assassinat de J.F. Kennedy. Quand ce dernier a été tué, on nous a dit c’est évident, que le tireur était Oswald. On a nommé une commission, la commission Warren : Oswald a pris un flingue et a buté Kennedy, et voilà c’est terminé.
Mais aujourd’hui, il y a Internet, ce qui fait que, et je l’ai observé par moi-même, qu’il y a un tas de gens, de divers domaines, des gens avertis, qui refusent ces théories, et chacun amène une pierre à l’édifice dans ce grand machin qu’est l’expression sur Internet. Et là, du coup, les choses ne sont plus du tout pareilles, et c’est à ce moment-là qu’on parle de complot, on ne parle pas de complotisme. D’ailleurs, ce mot de « complotiste » n’existe pas dans le dictionnaire.

⇒On ne peut exclure dans ces théories du complot, l’aspect du caché, du secret et de la paranoïa. Et dans les représentations du complot on nous a montré par exemple des réunions dans des cimetières, les images accompagnent les idées, on a vu jusqu’à de la magie noire.

⇒Je suis d’accord qu’il faut distinguer entre complot et théorie du complot ; car le complot peut-être tout simplement synonyme de stratégie ; l’armée, les services secrets complotent, pour prendre les voleurs la police complote, etc. Là où ça commence à gêner, c’est qu’on atteint au plus large niveau, la tromperie, le mensonge, la manipulation. Mais il y a des complots qui partent tout seuls, une simple rumeur, ou des rumeurs comme il en a toujours existées, mais aujourd’hui la rumeur enfle plus vite, et cela « grâce » à Internet, aux réseaux sociaux.

⇒Je pense qu’il faut distinguer l’idée du complot qui partirait d’une rumeur, de ce qui est un complot théorisé, dont certains exemples donnés, tel des magouilles politiques, etc. Il y a aussi des complots boursiers pour avaler une entreprise, et là, on est dans des complots réels, et ça se prépare autour d’une table en théorisant une stratégie.
Et puis il y a un tas d’événements où l’on peut soupçonner qu’il y ait complot, comme sur les Twin towers, et l’assassinat de Kennedy, déjà cités et pour lesquels on peut se poser plein de questions.
Mais il y a une chose qu’il ne faut pas oublier, c’est que la théorisation du complot a aussi son envers, c’est-à-dire, une théorie du complot pour nier quelque chose ; il y a des soupçons de quelque chose qui feront plus écarter toute vérité. Il y a une enquête qui est faite, et puis l’organisme ou la personne dénoncée, au lieu de faire la preuve, de son « innocence », elle dit : oh ! C’est un complot ! Et comme on ne répond pas, ça conforte pour beaucoup de gens l’idée de complot.
Si l’on reprend le 11 septembre, j’ai vu parfois plein de documents faits un an après, et il y a des choses troublantes sur lesquelles le gouvernement des Etats-Unis n’a jamais répondu, ni même attaqué les auteurs. En laissant libre cours à l’imagination, les gens tombent dans le complotisme ; plus il y a de non réponse, plus cela justifie cette idée que ce pourrait être un complot.

⇒Quand on emploie le mot théorie, on parle d’une chose établie, indiscutable, vérité donnée comme intangible, définitive. Le complot peut avoir un aspect positif, comme comploter pour faire une surprise lors d’un anniversaire, c’est mieux que le complot qui cherche à mentir, déstabiliser, briser un ordre établi, préparer un attentat, ou pour prendre le pouvoir.
Et le complot, et ses théories, ont fait les beaux jours du cinéma, du roman, des jeux vidéo, etc.
Dans un siècle où l’on voudrait tout expliquer, cela ouvre la porte à plein de controverses, et à l’idée de grands complots, lesquels se répandent par Internet, par tous les réseaux sociaux où l’on retrouve précisément ce que l’on recherche, et même dans le sens que l’on recherche. Alors, c’est plus ou moins lié à la paranoïa, ce n’est pas très rationnel, on veut faire coller des infos avec ce que l’on croit, ce que l’on subodore.

⇒ J’ai regardé les définitions de complot sur le Larousse ; l’une d’elle « Résolution menée en commun et secrètement contre quelqu’un, ou, particulièrement contre la sûreté intérieure de l’État ». Donc je pense, que d’abord, à l’origine, il y a un danger latent pour le monde, qu’on soit Juif, ou quoi que ce soit d’autre. A partir du moment où l’on vit dans un État, on est en danger, et il faut veiller. Alors complot, pas complot, c’est de la responsabilité de l’Etat de veiller à la sécurité.

⇒ Je vois que les Twin towers sont au centre du débat. Alors, j’aimerai poser la question suivante : nous sommes vingt personnes réunies pour ce débat : et là, on est combien à penser que ce qui nous a été rapporté par les média quant à cet événement, ne correspond pas totalement à la réalité ?

⇔ Un tour de table nous montre que cinq personnes sur vingt, pensent que ce qui s’est passé, ne correspond pas à ce qu’on nous en a dit.

⇒ Je pense que le complotisme est une invention des leaders d’opinion pour cacher le fait qu’on ne leur fait plus confiance, qu’ils ne sont plus crédibles. Aujourd’hui c’est sur Internet que se fait l’opinion. Sur Internet on trouve de tout, et sur le 11 septembre, on trouve des témoignages de scientifiques qui développent des idées rationnelles. Il y a des gens qui comparent, et au final, on comprend qu’il n’y a pas de vérité, elle n’est que la version officielle.

⇒Entre ceux qui parlent de complot, ceux qui le réfutent il y a un  » dialogue
ping-pong », et les vrais penseurs, ceux qui pourraient dire la vérité, eux, n’ont pas de tribune.

⇒Est-ce que nos sources d’information ne décident pas de ces choix : complot ou pas complot ? Et puis peut-être pour sortir de là, on peut aussi écouter différentes sources d’information.

⇒ Une théorie c’est un discours structuré, organisé, pour justifier la pertinence d’une idée. C’est Descartes qui avec sa « méthode » dit, j’ai trouvé comment accéder à la vérité. Il a établi une théorie.

⇒ Le complot c’est souvent le réflexe de gens qui sont désarmés, parce qu’ils n’y trouvent pas leur compte, qu’ils ne sont pas convaincus, parce qu’ils pensent qu’on leur raconte des carabistouilles ; et parfois ils reprennent les mots utilisés par l’information, en les détournant et en les retournant contre l’information.
Et je connais une personne, qui, lorsqu’il y a un événement, comme un avion qui disparaît en mer, je suis sûr qu’elle a une information « de première main», je suis sûr qu’elle a un scoop terrible, une information que je ne connaissais pas, que je ne soupçonnais pas. Une fois, c’est un coup des Américains, une autre fois, un coup des Chinois, ou des Russes. On a bien là un exemple de paranoïa, qui parfois se répand, qui fait tache d’huile.
Et comment juger en toute conscience de ce qui ressort d’une paranoïa du complot, ou d’un moyen d’alerter ? Ainsi, dans son ouvrage, « L’homme simplifié » Jean- Michel Besnier évoque ce que certains voient comme un complot dans Internet : « …le réseau des relations établies par la connexion des nos ordinateurs conspirerait à la réalisation d’un cerveau planétaire [….] chacun de nos ordinateurs actuellement ou potentiellement connecté à tous les autres, fonctionnerait donc comme un neurone…. »
Oui, bien sûr, on peut se dire, à quoi va servir de stocker les milliers de données de toutes nos connections sur Internet ? Y a t-il une volonté cachée de tenir des milliers et des milliers d’individus par les petits secrets. On pense à l’ouvrage de Georges Orwel, « 1984 »
Le régime démocratique n’est nullement assuré d’être toujours la norme, même dans des pays occidentaux. Les moyens de la finance, plus le contrôle des communications de tous, cela pourrait entraîner le contrôle total des esprits, ça peut inquiéter, non ?

⇒ Un des objets de notre interrogation est, peut-on mettre théorie et complot sur un même plan ? Parce que la théorie doit avoir un caractère universel, et le complot touche au sentiment particulier. Je comprendrais que la théorie du complot soit une théorie qui permettrait à tout le monde d’admettre l’idée de complot, et qui dirait voilà comment on a opéré, et sur quelles bases d’observations peut-on le démontrer ? Sauf, que par nature un complot, c’est secret.
Ensuite, on a coutume de dire, oui, sur Internet, il y a des conneries ; mais Internet c’est un lieu de bagarre terrible, parce qu’il ne faut pas croire qu’il y a seulement des complotistes, il y a des informateurs qui ne sont pas tous atteints de parano, il y a ceux qui orientent, qui donnent des informations sûres. Et c’est certain, que si vous avez de la suite dans les idées, et la volonté de comprendre, vous avez des ouvertures, avec plein d’éléments réels.
Alors, entre le mythe et la réalité, je pense que le mythe est plus sécurisant, et pour une grande partie de l’opinion il est souhaitable, par exemple, que ce soit un méchant au fond d’une grotte en Afghanistan, avec un portable, qui a donner l’ordre de flinguer les tours de Manhattan, plutôt que d’imaginer tout ce que ça implique de complicité au sein de l’État américain. Et ça, m’amène à dire que pour beaucoup de ceux d’entre nous ici, on a souvent considéré que ce sont les masses qui font l’Histoire, or là, quand on aborde ces sujets, on s’aperçoit que ce peut-être aussi le fait d’une minorité agissante.

⇒  Une fois qu’un complot est connu, avéré, cela implique tout un déroulement. On se souvient de « la cagoule » où l’on n’en finissait pas de trouver des personnes et des groupes impliqués dans un complot. Chaque époque a ses grands complots : il a quelques dizaine d’années on parlait des femmes qui disparaissaient dans des magasins (magasins tenus par des Juifs, bien sûr) et qu’on « envoyait » dans des réseaux de prostitution au Moyen-Orient.

⇒ Quinze ans après les Twin towers, l’organisme de sondages, Odoxa, a mesuré l’impact des théories conspirationnistes : 66% des Français considèrent que l’on nous a caché des choses sur cet événement ; 41% des français pensent que l’on ne connaît pas vraiment les responsables de ces attentats ; 78% estiment que le gouvernement américain, a été impliqué dans ces attentats.

⇒Poème d’Hervé (en acrostiche)
Le bruit/ La rumeur.

L’eau calme de l’étang
Agitée par un caillou

Réagit en ondulent lentement
Un rien devient un tout
Mouvements ondulatoires
Enflés qui remuent la boue
Urgent de laisser reposer en abreuvoir
Reflétant une image qui était devenue floue.

⇒Pour moi, Internet, n’est qu’un outil, et un outil on en fait ce qu’on veut. Donc, les vrais responsables de rumeurs, ou de complots, ce sont quand même des hommes à l’origine. Mais il y en a, un certain nombre qui se sert d’Internet pour mettre en place de véritables théories de complots à venir, et du renversement de certaines choses Je pense à un film passé sur Arte : « L’intelligence artificielle » où l’on montre que tous les grands de la silicon valley, Google, Amazon, Paypal, etc.. se sont regroupés pour former des municipalités, en faisant mettre des services privés réservés aux gens qui travaillent pour eux, et certains de ces dirigeants, qui sont des libertariens, sont ouvertement pour la suppression des États. Pour ce faire ils imaginent une ville flottante en eaux extraterritoriales pour échapper à toute loi, et là, c’est bien un complot contre le principe de démocratie. Et ça, il faut s’en méfier.
C’est vrai que si on se contente de parcourir le journal « Vingt minutes » (en trois minutes), on ne trouvera pas ce genre d’article d’investigation.

⇒ Il faut bien sûr, ne pas se laisser aller à imaginer qu’il y ait aujourd’hui, un, ou quelques complots, (laissons cela au FN, ou du moins, ce fut longtemps son fonds de commerce), non ! il y a, comme ça, des choses qui se font tout naturellement, il ne s’agit pas de complot, il ne s’agit qu’entente entre personne défendant « intelligemment » des intérêts de classe. De vagues structures qui ne sont pas si nouvelles sur le principe, ont trouvé en toute logique des personnes déjà acquises à leurs idées, des adeptes, d’abord chez un grand nombre de dirigeants d’entreprise. Beaucoup de ces dirigeants étaient, hors leur syndicat, regroupés dans les divers clubs, « Lions », « Rotary », des chapelles, comme celles devenues à la mode, les « think tanks » où l’on peut facilement retrouver politiques et journalistes de droite, comme de gauche, parfois ; des citoyens assez divers, et où on va leur faire passer le message. L’idée du marché libre s’est propagée, les nouveaux convertis sont parfois devenus eux-mêmes de véritables croisés de l’idéologie. Le travail de pénétration, d’imprégnation de cette théorie jusque dans les couches moyennes s’est fait à partir d’une « menée opiniâtre », à partir d’un travail constant pour subjuguer les esprits de tous ceux qui pouvaient dans ce pays avoir un pouvoir décisionnaire.

⇒ Est-ce que si on se bat pour une totale liberté d’information, on ne fait pas un peu le lit du conspirationnisme ? Est-ce que ça n’aide pas à l’émergence de mouvements qui ne cherchent pas à discerner le bien du mal, et sans souci de l’humanité, et ceux-là finissent par avoir des tribunes. Alors, ils sont parfois hors-la-loi, ou limite…

⇒ La liberté d’opinion n’existe pas. Ainsi, Dieudonné est peut-être la victime d’un complot, et il est considéré comme un terroriste qui doit être emprisonné, alors que Brice Hortefeux, et Eric Zemmour, eux sont tranquilles Alors complot ou, « deux poids, deux mesures ? »

⇔……..Un moment de brouhaha, nous ne sommes pas tous d’accord avec cette dernière intervention. (Citer ne nécessite pas adhésion / note du rédacteur)

⇒ On ne peut pas évacuer la situation des lanceurs d’alerte, et le fait que tous les États semblent être d’accord pour leur faire la chasse. On pense à des Edouard Snowden, à Julien Assange, et d’autres…Dans ces derniers cas, osera t-on parler de complots d’Etats ?

⇒ Quand on veut faire taire les gens dont les propos gênent, on peut le faire, mais il faut être sûr de soi, être sûr de gagner, car si on s’échoue c’est problématique, ça peut avoir un effet contraire.
Ainsi, lorsque paraît le premier tome de l’encyclopédie en 1758, c’est un tollé de protestations, venant du parti des dévots qui entourent le roi, des divers auteurs catholiques, des Jésuites.
Ces philosophes qui participent à l’Encyclopédie ne se connaissent pas tous. Alors on parlera de complot, comme si des hommes de différentes classes sociales auraient pu avoir un tel plan commun, un but caché contre le roi, contre l’Eglise, contre la France.
Il s’élève une tempête antiphilosophique, contre ce que Fréron intellectuel du groupe des dévots, nomme la « philosophaille »
Cette attaque du « complot » dénoncé va avoir un effet inattendu. Les philosophes jusqu’ici assez individualistes se regroupent, et passent à l’attaque, avec Voltaire bien sûr aux avant- gardes.
L’évêque de Montauban écrit : « Ces audacieux écrivains qui ont consacré, comme de concert, leurs talents et leurs veilles à préparer ces poisons, et peut-être ont-ils réussi au-delà de leurs espérances, à fasciner les esprits et à corrompre les cœurs »
Ce n’était pas un complot, et c’était plus, qu’un complot; trente cinq ans plus tard ce sera, une Révolution.

⇔ …….. Et diverses personnes évoquent la franc-maçonnerie

⇒ Certaines personnes vous diront, la franc-maçonnerie n’en en rien une secte…

⇒ Ce sont des ententes où des hommes se cooptant vont occuper, se partager des postes de décision dans la société..

⇒ C’est un groupe humaniste au service de la société.

⇒  Je ne vois pas, la franc-maçonnerie comme une secte, bien sûr, je n’y vois pas une image du complot, mais si vous considérez tous les rituels mêlés de tout un cortège d’éléments symboliques, on peut avoir le sentiment dans une réunion (tenue blanche, ouverte ou fermée, pour utiliser un langage qui leur est propre) , le sentiment de participer à une cérémonie, proche des cérémonies religieuses. Alors ni une secte, ni une religion, ni une société de complot. Disons, une amicale comme il en existe tant mais de grande envergure, avec une volonté de réflexion sur la société, de la réflexion collective, avec des éléments spirituels, comme dans une communion des esprits dont les hommes sont demandeurs, dont les hommes sont friands.

Œuvres citées, références.

La judéophobie des Modernes. Des Lumières au Djihad mondial.
Edition numérique/ Google Play

L’homme simplifié. Jean-Michel Besnier.

Documentaire Arte : L’intelligence artificielle. 23 octobre 2012.

 

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