Qu’est-ce qui meurt quand une civilisation meurt?

 

Les pyramides de Giseh en Egypte

Les pyramides de Giseh en Egypte

Restitution du débat du  22 novembre 2017 à Chevilly-Larue

Animateurs : Edith Perstunski-Deléage, philosophe. Guy Pannetier. Danielle Vautrin.
Modérateur : Hervé Donjon.
Introduction : Edith

Introduction : Etrange question ! Quand on dit qu’une civilisation meurt ce qui meurt c’est la civilisation ! Le problème est bien là : qu’entend-on par civilisation ?
Nous ne sommes pas là pour disserter sur l’étymologie du mot, ni non plus sur les interrogations documentées des récits de vie de voyageurs anciens et modernes, ou/et des enquêtes des ethnologues et anthropologues contemporains. Récits de voyages, enquêtes et analyses qui, à la fois soulignent la diversité des civilisations ; « comment peut-on être persan ? » demandait Montesquieu, et l’unité de l’espèce humaine (cf. la controverse de Valladolid : en 1655 entre le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda, pour savoir si les Amérindiens ont une âme – pour savoir s’il est moral de conquérir leurs terres et de les « esclavagiser ».)
La question de la mort de la civilisation est une question qui nous concerne tous.
Dans notre vie quotidienne: combien de fois ai-je entendu « ce sont des sauvages »,  combien de fois j’ai dit « vous êtes des barbares », combien de fois nous nous interrogeons sur ce qui favorise la civilité avec nos voisins, nos enfants, ou les anciens! Et la question de la mort des civilisations est l’objet de débats idéologiques actuels : vivons-nous le choc de civilisations ? Est-ce la fin de la civilisation occidentale ? La civilisation européenne est-elle menacée ? Et aussi sommes-nous à une phase de mutation irréversible de la civilisation humaine : avec les recherches et inventions techno scientifiques (en intelligence artificielle, génie génétique, biologie du cerveau, robotique …), nous passons de l’homme réparé à l’homme augmenté, à l’homme transformé: de l’homo sapiens à l’homo deus
Je propose de soutenir que ce qui meurt dans une civilisation quand on dit qu’elle meurt, c’est le sens de l’humain, ce que Levinas nomme la conscience du visage d’autrui.
Vous connaissez tous les multiples formes de déshumanisation d’une civilisation.
D’après l’Unicef, depuis fin août 2017, plus de 400000 réfugiés Rohingyas fuient les persécutions dans l’Etat birman d’Arakan, pour se réfugier au Bengladesh. Parmi eux 60% d’enfants, et toujours d’après l’Unicef, depuis janvier 2017, dans le Nord Est du Nigéria, 83 enfants ont été utilisés comme bombes humaines. (55 d’entre eux étaient des filles de moins de 15 ans, 27 étaient des garçons et l’un était un bébé attaché à une fille). Le groupe armé connu sous le nom de Boko Haram a revendiqué ces actes ayant pour cible la population civile. En même temps actuellement 1,7 million de personnes sont déplacées en raison de l’insurrection dans le nord est du Nigéria et 450000 enfants risquent de souffrir de malnutrition.
Mais revenons sur le terme « civilisation ». Ce terme n’est apparu dans la langue française qu’au 19ème siècle (en 1835), lié à l’intérêt croissant que les français accordaient à l’histoire. Alors il a pris une double signification. Auparavant Mirabeau a inventé ce terme (en 1756), un siècle plus tôt, pour désigner « l’adoucissement des mœurs, l’urbanité, la politesse, l’observation des bienséances ». Parce que Mirabeau croyait ou plutôt voulait que l’évolution des sociétés suive « une gradation de la barbarie originelle à la condition présente de la société actuelle ». Au départ donc civilisation égale civilité (les mœurs douces, la courtoisie, la manière honnête de vivre et de converser avec les gens). Aujourd’hui (et dans la 9ème  édition du dictionnaire de l’Académie française -2010) la civilisation est: « l’ensemble des connaissances, des croyances, des institutions, des mœurs, des arts et des techniques  d’une société».
Et le changement de sens est significatif : chez Mirabeau la notion est morale, chez les contemporains, elle est technique (grâce aux travaux des ethnologues et anthropologues contemporains). C’est ainsi que, alors que les mœurs sont spécifiques à un pays, un peuple, une nation, et donc différentes, les connaissances appartiennent à l’espèce humaine; se développe alors l’idéologie de l’unité de la civilisation humaine dans la diversité des modes de vie.
Enfin, je suis intéressée à reprendre l’hypothèse de l’historien Lucien Febvre, dans Civilisation, le mot et l’idée: les idéologies de fin de la civilisation apparaissent toujours lorsqu’une forme nouvelle de guerre est en cours. Après la première guerre mondiale, Spengler, Toynbee, Paul Valéry, Freud, et d’autres (chacun avec des arguments spécifiques) ont développé l’idéologie de la fin de la civilisation. « Nous autres  nous savons que   les civilisations sont mortelles » (Paul Valéry) ; Malaise dans la civilisation (Freud) ; Le déclin de l’occident (Spengler). Et en effet (en poursuivant  le propos de Lucien Febvre), après la deuxième guerre mondiale et l’industrialisation de la mise à mort de certains humains, et de la nature, après Auschwitz, Hiroshima, et Tchernobyl, ont été élaborés deux concepts juridiques pour prévenir la fin de toutes les civilisations humaines : la notion de « crime contre l’humanité » et la notion d’ « écocide ». Le crime contre l’humanité, défini par le tribunal international de Nuremberg (en 1945), est à distinguer des crimes de guerre. C’est « un crime commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile…inspiré par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux ». La notion est précisée par la cour pénale internationale de 1998, par le statut de Rome de 1990. Le crime contre l’humanité est un délit imprescriptible et l’expression d’opinions qui remettent en question la réalité de ces crimes est un délit passible de plusieurs années de prison. …
Aujourd’hui, les débats idéologiques sur la fin de la, ou des civilisations, sont médiatisés journellement en France. Ce pourquoi, j’ai proposé ce thème de réflexion. Parce que la guerre est partout, avec un nouveau seuil de déshumanisation des civilisations.
Je ne suis pas experte en géopolitique, ni non plus en histoire du droit. Mais, après avoir dépassé, dans mon histoire familiale, les effets négatifs du génocide des Juifs et des Tziganes, je m’inquiète des effets inhumains sur mes enfants et mes petits-enfants, des formes nouvelles de guerre : les guerres asymétriques et les terrorismes. Il faudrait étudier l’histoire des usages du mot terrorisme (je ne le fais pas ici). Quant au concept de « guerre asymétrique », il vient d’un général américain Wesley Clark qui l’a élaboré pendant l’intervention américaine au Kosovo. Il désigne le fait que ce ne sont pas des armées qui se font la guerre, mais des groupes, ou des individus qui s’attaquent à des Etats en tuant des populations civiles. Les cibles civiles remplacent les objectifs militaires, cette manière de faire la guerre est aujourd’hui partout. Détournements d’avions, opérations clandestines, représailles massives, opérations conduites par des martyrs qui visent à infliger des pertes massives à la population civile … la guerre ne se conduit pas sur des champs de bataille mais sur les écrans de télévision et dans les foyers.
Après les désillusions terribles de la civilisation de « l’homme nouveau », du socialisme réellement existant, je vis la crise de la civilisation capitaliste qui promet, avec le développement libéral des modalités du travail, et la progression fulgurante des innovations techno-scientifiques, la possibilité pour chacun d’être un self made man,  et de vivre heureux. Or chacun est non seulement de plus en plus asservi « aux eaux glacées du calcul égoïste » (Marx), faire du chiffre, être rentable, « le temps c’est de l’argent », mais aussi aux « bio pouvoirs »
C’est ainsi que devient lancinant (et stérile) le débat médiatique sur la fin de  la ou des civilisations. Je fais référence à trois d’entre eux. Régis Debray critique le fait que la civilisation européenne, des Lumières, de la démocratie, de la laïcité, se laisse conquérir par l’américanisation, (la civilisation de l’image, de la conquête de la lune, des gratte-ciel, du hamburger et des fast food.) Alain Finkielkraut dénonce la fin de la civilisation humaniste, où les particularismes locaux, prennent le pas sur l’universalisme de la pensée ; (à chacun sa vérité, à chacun ses droits). Il s’effraie de la double décadence de cette civilisation, celle de la grande déculturation par l’école et celle du grand remplacement par l’immigration de peuplement. Michel Onfray, (qui se présente comme hédoniste, anarchiste et girondin), fait coïncider la fin de la civilisation occidentale avec la fatwa lancée par l’Iran contre l’écrivain britannique Salman Rushdie.
Ce que j’en retiens c’est que ce qui meurt dans une civilisation quand on dit qu’elle meurt, c’est sa capacité non seulement à se rebeller, mais aussi à inventer de nouveaux projets de vie.
Enfin la révolution numérique met-elle, en question toute civilisation humaine? Selon Yuvah Noah Harari qui vient d’écrire Homo deus, l’histoire de l’avenir, le problème n’est pas de savoir si une civilisation l’emporte sur une autre, mais celui de savoir si nous sommes à un tournant de l’évolution de l’espèce humaine. Ce qui se joue dans le passage de l’homo sapiens à l’homo deus, c’est non seulement que les humains sont de plus en plus capables de réparer, d’augmenter leurs capacités mais aussi de se transformer …jusqu’à devenir homme dieu, non pas immortel mais amortel: capable de s’auto fabriquer dès qu’il y a un accident ou une perte de capacité, jusqu’à l’usure inévitable néanmoins. Ce, grâce aux recherches en intelligence artificielle, en robotique, en génie génétique. En effet, nous pouvons penser que nous serons de plus en plus intelligents, de plus en plus capables de nous connaître, de connaître et notre passé individuel, et notre avenir individuel et collectif.
Nous allons devenir des algorithmes tout puissants. Saurons-nous fabriquer des intelligences conscientes ?  C’est  la question. Bien sûr l’inégalité entre riches et pauvres ne disparaîtra pas (il y aura les plus, et les moins connectés), c’est là un problème. Et l’apparition de ces « homo deus » (la mutation de l’espèce humaine) est voulue et financée par les milliardaires GAFA (Google, Amazon, Face book, Apple). A nous de nous en inquiéter !!
Voulons-nous cette civilisation ?

Débat

 

Débat :  ⇒ Je relie ce sujet à des lectures qui m’avaient en  leur temps questionnée sur ce sujet ; ce sera : « Malaise dans la culture » de Freud qui annonçait l’arrivée du national- socialisme, ou : « Le monde d’hier » de Stephan Zweig, lequel s’interrogeait sur ce monde qui était en train de disparaître sous nos yeux. Puis au cinéma par le film : « Le guépard » qui montre la fin de l’aristocratie italienne. Et j’ajoute à ces titres celui de Garcia Marquez : « Cent ans de solitude » qui porte sur la fin des grandes propriétés en Amérique latine et la décadence des haciendieros. Donc du cinéma à la littérature nous sommes sans cesse alertés sur la mort des civilisations.
Et qu’est-ce qui se passe quand une civilisation, riche, cultivée, meurt ? Est-ce parce qu’elle perd ses valeurs culturelles ? Arts, lettres, sciences ; qu’elle est remise en cause, qu’elle génère trop d’injustices ? Qu’elle perd le sens du respect humain, en considérant l’homme comme un objet ?
Est-ce le fait d’une civilisation en perte de repères dans les mœurs, où tout est autorisé sans savoir si c’est vraiment dans l’intérêt de l’individu ? Est-ce une perte des idéologies ? Une société où l’on ne discute plus avec des arguments, mais où l’on n’est que dans le rapport de forces…
Quand la civilisation se casse la figure, malheureusement, ce qui gagne du terrain c’est l’ignorance, l’obscurantisme.
Le film : « Une histoire sans fin » nous dit que le néant progresserait toujours tant que le petit garçon ne pourrait pas dire l’amour. Ce qui nous rappelle que ce qui est essentiel, nous unit, c’est l’amour au sens le plus large du terme.
Une civilisation qui meurt, c’est l’arbre de la connaissance qui perd ses racines.
Et aujourd’hui ce que nous risquons aussi de perdre ce sont les arts et traditions populaires, une culture qui fait consensus dans la population.

⇒ Première réflexion. Si l’on étudie comment les grandes civilisations se sont plus ou moins éteintes, ou ont disparu, cela ne peut nous servir de modèle, tant le contexte est différent.
Nous sommes à l’époque du « village global », et là se pose la question : qu’est-ce qu’une civilisation, aujourd’hui ? Peut-on parler d’une civilisation purement occidentale, alors que le monde entier est connecté en réseau, alors que souvent  nous voyons  les mêmes films, alors qu’une grande partie de la population du monde porte les mêmes pantalons (jeans), les mêmes baskets, que nous consommons de plus en plus les mêmes produits.
Donc le terme, civilisation, perd grandement sa signification initiale. De toute façon se serait bien surprenant que d’une façon ou d’une autre cette civilisation ne vienne pas avec le temps,  à être remplacée. Quand ? Comment ? Cela ne se fait pas d’un coup, plouf ! Il y a, peut-être des étapes, des signes avant coureurs ; et là, on peut penser à l’ouvrage de Fukuyama, « La fin de l’Histoire ». Fukuyama pour qui le modèle économique actuel est là finalité de l’évolution sociale, qu’il est désormais indépassable, qu’il n’a pas, qu’il n’y a plus d’alternative, que c’est l’unique et dernier grand récit, que c’est une « loi de gravité économique ».
Mais quand les sociétés en viennent à penser qu’elles n’ont plus à changer, quand elles ne sont plus en capacité d’inventer d’autres modèles, c’est peut-être là où elles sont le plus en danger.
Seconde réflexion : « La civilisation est en déclin, la civilisation est décadente, indécente », cela se traduira par l’expression « Boko Haram » ou « l’éducation occidentale est un péché ». Cette expression Boko Haram sera le nom d’une secte au nord du Nigéria. « Boko », signifie : livre, et « haram » signifie, interdit, (interdit par le Livre). Et pour tous ceux qui sont dans cette mouvance, c’est un devoir de combattre cette civilisation occidentale impure (haram) par quelque moyen que ce soit, comme le terrorisme, la guerre asymétrique, guerre identitaire et guerre de civilisation. Cela constitue aujourd’hui un des risques les plus présents dans les esprits pour notre civilisation occidentale.

⇒ Ce qui meurt pour moi c’est la perte d’identification, quand disparaît l’idée de faire partie d’un groupe, quand disparaît le sens du commun, d’un ciment basé sur nos différentes racines, ciment qui peut évoluer (rien n’est figé). Refuser de partager tout ce commun, c’est un peu comme l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, puits de tout un savoir.
Au-delà des causes, ce qui est important, c’est la conscience que nous avons d’être une civilisation et d’avoir une histoire.

⇒  Il y a deux aspects dans la question: Pour moi, il faut distinguer deux types de civilisations. Les civilisations anciennes, dont il ne reste que des survivants et qui étaient basées, essentiellement sur des traditions et croyances, civilisations sur lesquelles se sont greffés les apports des technologies. Pour que ces civilisations anciennes aient pu mourir, il a fallu parfois des ethnocides, et certaines ont été balayées par une colonisation folle. Il n’y a presque plus d’aborigènes, il en reste quelques-uns en Australie, mais tout ce que l’on a détruit dans ce domaine est une véritable catastrophe ; ce sont les Indiens en Amérique du nord, dont quelques uns  n’existent encore que par miracle.
Pour celles qui ont connu un apport technologique, je pense qu’elles ne sont pas mortes, et pas près de mourir, elles n’ont fait que muter, mais cela avec parfois des mutations parfois excessivement importantes qui ont modifié complètement  leur mode de vie. On peut citer plusieurs verrous de changement fondamentaux. Ce fut l’invention de la caravelle (le bateau) qui a mis fin à l’expansion des Ottomans. Ensuite il y a eu, l’invention de l’imprimerie, puis aujourd’hui l’informatique, demain, peut-être le transhumanisme ?
Ce qui a fait changer d’une façon fulgurante les civilisations, ce sont les modes de production. On a utilisé l’homme (esclavagisme) et on en est sorti. Puis il y a eu l’arrivée du salariat dans le système capitaliste. Mais maintenant on est dans une autre dimension, le financiarisme qui bouleverse fondamentalement les choses., les civilisations ne meurent pas, et ce sont les mutations violentes, qui font les « petites morts des civilisations ».

⇒  On a évoqué notre civilisation qui ne peut mourir car nous avons sauvegardé toutes nos connaissances, tous nos savoirs, mais si demain, nous avons un énorme bug, tout sera enseveli à jamais, et la civilisation avec.
Aujourd’hui on entend que de jeunes informaticiens de la Silicone Valley, ceux qui oeuvrent sur la civilisation de demain, se suicident. Sont-ils confrontés à un risque de déshumanisation ?

⇒  Ce qui nous interroge aussi, ce sont les rapports de demain avec les robots, qui nous ferons peut-être perdre des liens, des contacts humains.

⇒  Je pense que des civilisations sont mortes parce que leurs dieux sont morts. C’est le dieu unique, le monothéisme qui a tué leur civilisation.

⇒ On ne peut pas lier une civilisation et ses cultures qu’à une religion, sinon les athées seraient hors de la civilisation. Ce qui ne veut pas dire qu’au-delà des références cultuelles, il n’y ait pas des points communs universels à conserver et à défendre.

⇒ Je ressens aussi ce risque face à l’informatique, et au risque « Big Brother » qui nous voit, nous écoute, et qui nous dictera ce que l’on doit faire en tuant notre réflexion personnelle ?  N’est-ce pas un risque de déshumanisation. ?

⇒  Je vois une civilisation ou sous forme d’empire, ou sous forme culturelle. Ce dont je me rends compte c’est que souvent, sous sa forme empire, une civilisation pouvait disparaître, mais la civilisation de forme culturelle reste. Je pense qu’aujourd’hui notre civilisation s’inspire d’autres civilisations, que ce soit la civilisation gréco-romaine ou égyptienne. De ce fait on assiste à une sorte de travail de mémoire, ce qui fait qu’aujourd’hui, on ne peut pas éliminer toutes les civilisations ayant  existé.
De plus, je pense que le progrès nous renvoie à l’origine de ce qu’était l’homme. « L’homme est un loup pour l’homme », nous dit Hobbes. Pour lui, l’homme se met en groupe juste par intérêt, et non pas par humanisme.
Je pense qu’on arrive vers une civilisation parfaite en revenant à nos origines où l’on vit égoïstement, de façon naturelle.
La civilisation ne meurt pas. Elle devient juste parfaite parce qu’on est de plus en plus intelligents grâce à toutes les civilisations et à leurs apports. On arrive à un moment où on ne pourra plus évoluer, on arrivera à la perfection.

⇒  Les pays colonisateurs, même s’ils ont parfois pillé, ont aussi apporté la richesse de leurs connaissances. Cela a créé des échanges et fait partager des langues, et c’est à cette période que l’anglais qui a pris la première place. Et ce qui meurt dans les civilisations qui meurent, ce sont souvent les langues. Petit à petit, s’installe une homogénéisation, et une philosophie universaliste doit aussi protéger les différences culturelles, ne pas s’en tenir qu’à des cultures urbanisantes, et en n’effacer aucune.

⇒  Une civilisation qui disparaît est-ce un mode de vie qui disparaît ? Celui-ci doit-il être, admiré, respecté, sous prétexte qu’il est affublé du mot « civilisation ».
Nous avons eu des modes de vie barbares, mais acceptées en leur temps ; alors ce qui me semblerait disparaître lorsqu’une civilisation meurt, ce sont : les arts, la culture, et la réapparition des barbaries, des égoïsmes, des massacres. Et enfin, la question se pose : quelle civilisation a respecté la vie humaine ?  Aucune !

⇒  Nulle religion unique ne peut représenter une civilisation, et elles ont même pu être un obstacle à l’évolution, par leur obscurantisme, comme à certaines périodes (cf. Galilée). La théorie de l’évolution a gêné l’Eglise qui mettait alors un frein à l’évolution.
L’évolution des idées fait partie d’une civilisation. Je pense que l’homme est plus qu’ « un loup pour l’homme ». Il a fait des civilisations en se regroupant avec des intérêts communs, (pas seulement des intérêts individuels).
Alors je pense qu’une civilisation « achevée » n’est pas forcément parfaite. Ce sont parfois les civilisations les plus évoluées et les plus cultivées qui ont basculé dans la barbarie (Allemagne des années 30).
Par ailleurs, faut-il respecter toutes les civilisations même guerrières ou destructrices? Chacun répondra pour soi à cela, mais cela n’empêche pas de chercher à les connaître, voire, les étudier pour comprendre comment elles se sont construites.

⇒  Nous avons évoqué le rôle des religions dans les civilisations : parfois entraves, parfois soutien politique, soutien du pouvoir, parfois dogmatique (ce qui entraîne le fanatisme). Religion et civilisation ne font qu’un, quand on est en théocratie.
Mais pour qu’une civilisation perdure, il faut du sacré, ou ce que l’on considère comme sacré, quelque chose à quoi l’on peut se rattache.
Et quand on dit qu’on veut une civilisation humaniste, on dit qu’on ne veut pas de la domination d’une religion, qu’on ne veut pas d’une dictature quelle qu’elle soit, qu’on veut de la laïcité, des droits de l’homme, etc… Ce qui n’est pas un obstacle au sacré.
Les religions n’ont pas été qu’entraves aux civilisations, car souvent pour civiliser des groupes, il a fallu les relier (religare) autour de quelque chose pour les sortir de la barbarie, pour qu’ils forment ainsi cette société si large qu’on nomme civilisation.
Alors dans les signes, ou disons plutôt dans les risques pour qu’une civilisation meure, (en l’occurrence, la nôtre) on a le plus souvent entendu : La perte de sens collectif, perte du  lien social, la perte de projets collectifs, l’abandon des valeurs, la perte de la culture, une guerre asymétrique, des invasions, des émigrations économiques ou climatiques massives, une soumission aux intelligences artificielles, un chamboulement climatiqueMais ce qui meurt aujourd’hui de toute évidence et qui risque fort d’entraîner dans la mort toute civilisation, ce sont : la perte de la biodiversité, la terrible disparition des espèces, soixante pour cent des primates sont en danger, appelés à disparaître dans les trente années à venir.
La civilisation : on va l’éteindre  et éteindre toute vie avec elle.

⇒  Dans sa définition « Mondialisation » André Comte-Sponville, ajoute à son article : « Faut-il envisager une civilisation mondiale ? » Alors, est-ce que l’on n’est pas déjà sans ce modèle ? Car les différences entre  les civilisations semblent s’affaiblirent.
Pour moi, une civilisation morte serait, celle dont on a perdu le souvenir, un peu comme un cimetière abandonné, où même les noms auraient disparus des tombes. Des tombes où, serait inscrit: ci-gît qui ?
Au-delà des chemins de vie reçus de nos ancêtres, nous sommes engagés dans cette mutation- évolution de notre civilisation, nous sommes plus moins sur le chemin.

⇒  Que faire pour qu’une civilisation ne meure pas ?

⇒  Les civilisations qui ont perduré, même au-delà d’elles, sont celles qui ont laissé des traces : sur des pierres, des écrits…

⇔  Je retiens que notre civilisation ne peut pas mourir, qu’il y a un effet entonnoir qui en fera une civilisation mondiale, universelle.

⇒ Si on n’est pas attentif à tout ce qui nous a précédé, il n’y aura pas de lendemains pour les civilisations : «  Un monde sans mémoire est un monde sans avenir ». Il y a un fil de l’Histoire qui lui donne son sens…. Nous avons été précédés et l’évolution ne peut se faire qu’en tirant les leçons du passé pour se tourner vers l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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