Peut-on vivre sans se soumettre?

 Restitution du débat du 26 octobre 2016 à Chevilly-Larue

David Alfaro Siqueiros. 1933. Les révolutionnaires

David Alfaro Siqueiros. 1933. Les révolutionnaires

Introduction: Edith Pertunski-Deléage

Il y a trois dimensions sémantiques à « soumis ». Quand on regarde le sens du verbe soumettre, on voit : « placer sous », « se placer sous », « se mettre dans un état de dépendance». Quand on regarde du côté de l’adjectif: « un homme, ou une femme soumise », l’idée est plutôt celle d’une personne qui a l’attitude de docilité ou d’obéissance. Donc, soumis, signifie là, celui qui obéit, et l’insoumis celui qui désobéit. Ce sont les sens qui perdurent dans la langue depuis le 18ème siècle. Et, quand on regarde du côté du substantif, «soumission » c’est l’action de se ranger sous l’autorité de quelqu’un, et donc le fait d’en dépendre, et d’une disposition à lui obéir. Le substantif regroupe les trois significations. Quand on pose la question : « peut-on vivre sans être soumis? », il y a deux pistes de réflexion possibles à partir de « peut-on ? », d’une part« est-ce possible ? » d’autre part, « est-ce permis ? ». Autrement dit, est-ce possible de fait, de vivre sans se soumettre, ou doit-on le faire, ou doit-on ne pas le faire ? Et puis enfin « vivre ». S’agit-il du vivant ? Où s’agit-il du vivant humain ? Ce vivant humain qui se distingue du vivant par le fait qu’il a des projets (Sartre. L’existentialisme est un humanisme 1946) ; autrement dit, que ce qui caractérise le vivant humain, c’est que d’une part il vit comme un animal, et d’autre part il existe, c a d qu’il sort de lui, (ex/ istere) pour devenir autre, pour se projeter vers quelque chose. Chaque année, 15 millions de filles dans le monde sont mariées de force avant leurs 18 ans. Elles sont alors vouées à une vie de malheurs : abandon de l’école, dépendance totale envers leur époux, exposition aux risques de violences sexuelles et grossesses précoces…Elles vivent mais elles ne peuvent avoir aucun projet propre, sinon celui de fuir cette situation : se tuer ou s’échapper. Ainsi la question me semble avoir une double entrée : en tant que vivant et en tant qu’existant humain. En tant qu’être vivant sur Terre, nous ne pouvons pas vivre indépendamment des lois de la nature, nous ne pouvons pas vivre sans nous soumettre aux lois de la nature : lois physiques, de l’écosystème, lois biologiques. De la naissance, jusqu’à la mort nous sommes soumis ; soumis au sens où nous sommes dans un état dépendance par rapport à ces lois au sens premier du terme. Et l’histoire des innovations techniques, c’est justement l’histoire de l’intelligence humaine, des ruses par lesquelles les hommes s’adaptent aux lois de la nature ; ils se rendent comme l’écrivait le philosophe moderne Descartes (Discours de la méthode 1633) « comme maîtres et possesseurs de la nature » ; tout comme le dit le philosophe médecin contemporain François Dagognet (L’’essor technologique et l’idée de progrès 1997) à propos des techniques médicales les plus perfectionnées : exploration, diagnostic, soins, et la régénération du corps et du psychisme. Et bien, l’art et les techniques médicales ne font que ruser avec la nature humaine, ce sera pour soigner, pour prévenir, pour améliorer les ressources corporelles et psychiques : procréation, greffes, dons d’organes, thérapie génique, etc. Et donc, on ne peut pas vivre sans se soumettre, c a d sans être dépendant des lois de la nature avec lesquelles on cherche à ruser. C’est d’ailleurs ce qu’avaient dit de manière extrêmement judicieuse les Grecs. Lorsqu’on relit le mythe d’Epiméthée et de Prométhée. Epiméthée, le petit dieu étourdi chargé par Zeus d’apporter aux vivants tout ce qui est nécessaire pour vivre: aux uns il donne des cornes, aux autres de la laine, ou des crocs, etc. Et quand il arrive devant l’humain, il n’a rien plus dans sa besace. Alors affolé, il appelle son frère Prométhée et lui demande « que puis-je donner à l’être humain ? », et Prométhée lui dit « tiens ! Donne-leur le feu », et le feu c’est l’intelligence, c’est la ruse, grâce à laquelle les êtres humains peuvent construire, inventer des instruments, labourer, etc. Donc, en tant que vivant nous ne pouvons vivre sans être soumis aux lois de la nature .Avec une réserve : avec les recherches technoscientifiques qui se développent à une vitesse grand V, l’intelligence humaine se propose de transgresser les lois de la nature. C’est ce que nous avions vu lorsque nous avons traité la question de l’intelligence artificielle. En tant qu’être social nous sommes éduqués à obéir, obéir, sous peine de sanction, aux lois de notre société, et obéir, sous peine de stigmatisation, aux us et coutumes, aux règles, aux normes de la communauté à laquelle nous appartenons. Et alors, il y a contrainte indépassable. Il n’y a pas de société possible sans loi, si on entend par loi humaine une règle commune pour vivre ensemble. Bien sûr les lois qui sont proposées par les hommes pour vivre ensemble sont modifiables et elles peuvent donc être interrogées, -si nous sommes dans une démocratie- ..Et puis il y a la désobéissance civile qui peut être facteur d’évolution. Ensuite il y a, comme le souligne le philosophe moderne Kant dans Les fondements de la métaphysique des mœurs (1785), une loi morale universelle dans toutes les sociétés quelles qu’elles soient, c’est l’interdiction du crime. Il n’y a pas de société possible si le crime est permis. Et enfin, l’anthropologue contemporain Lévi-Strauss, a montré qu’il y a une loi sociale universelle, c’est la prohibition de l’inceste sous des formes extrêmement différentes. L’interdit de l’inceste est nécessaire, pour qu’il y ait de l’échange entre les individus. Et donc pour qu’une société évolue, pour qu’elle ait une histoire .Il y a là une contrainte indépassable, nous ne pouvons exister socialement sans obéir à ces 2 lois universelles l’interdit de l’inceste et l’interdit du crime et aux lois de la société où nous vivons. Par ailleurs si nous dérogeons aux us et coutumes, aux règles, aux normes, nous devenons très vite l’objet de railleries, de moqueries, de stigmatisation, ou nous sommes l’idiot du village, C’est par exemple le cas du bouc émissaire, du paria…Il y a encore peu de temps, dans notre société française la femme célibataire était stigmatisée, c’était la vieille fille, l’homosexuel était insulté, traité de « pédé», et puis encore l’étranger, bien souvent désigné par sa couleur de peau, « négro », ou comme un animal, « bicot ». Donc l’obéissance aux règles, aux normes, us et coutumes est nécessaire pour vivre ensemble, pour qu’il n’y ait pas d’exclusion .En ce sens, il me semble qu’on peut se souvenir du mythe d’Antigone qui nous raconte qu’à la fois l’obéissance aux lois et aux règles, us et coutumes est nécessaire, et qu’en même temps cela implique que nous nous interrogions sur pourquoi cette obéissance est nécessaire. Autrement dit, cela implique que nous interrogions sur la légitimité de cette loi, ou de cette règle à laquelle nous devons obéir pour vivre ensemble. Vous vous souvenez qu’Antigone récuse la légitimité de la loi de Créon qui refuse toute sépulture à quiconque a osé se révolter contre le pouvoir en place. De même parfois les arguments vifs et violents, véhéments sur le port du voile, intégral ou pas, reprennent cette interrogation, qu’est-ce qui rend légitime les us et coutumes ? Donc la nécessaire obéissance aux lois et aux normes d’une communauté sociale pose finalement la question de la légitimité. Si on obéit aux lois c’est certes, par nécessité, nécessité sociale pour pouvoir exister ensemble, mais c’est aussi parce qu’on juge légitimes ces lois. La question de la légitimité c’est la question de savoir A quoi et à qui est-ce que je me soumets ? Qui a autorité sur moi ? A qui est-il légitime que je me soumette ? Finalement c’est la1° question que je me pose La Boëtie, en 1549, à 18 ans se pose cette question dans Le discours de la servitude volontaire Je le cite « Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire., d’où vient que les hommes acceptent d’obéir à un maître, qui peut être un tyran ? » Comment comprendre la soumission à l’autorité ? Il apporte plusieurs réponses : l’habitude, ou le fait de croire que c’est naturel, que ça a toujours été comme ça, qu’on ne peut rien changer Il y a aussi le fait de la hiérarchie : chacun se soumet à celui qui est immédiatement au dessus de lui et ainsi se met en place une échelle de soumission. Et il ajoute aussi, la passivité du jugement, ou le refus de juger, comme l’écrit le philosophe moderne Kant : « Les hommes sont naturellement paresseux et lâches », « c’est la raison pour laquelle ils se soumettent ». Donc, la servitude, ou soumission volontaire implique : résignation, ou refus de penser, de juger ; or, penser et juger c’est la spécificité de l’homme, donc la soumission implique en quelque sorte le déni d’humanité.

Débat   Débat :  (Texte de Serge)

Être, ou ne pas être ? Être ou se soumettre, that is the question ? Que faut-il être sans disparaître ? Que faut-il être pour se soumettre à tous nos maîtres ? Et que dans l’être rien n’apparaisse. Est-il possible de se soumettre sans disparaître ? Sans que le fond de mes faiblesses, Mon être abaisse. Est-il possible pour exister, de se soumettre ? A ce qui nie réalité, et puis pouvoir continuer à se lever, A s’interroger, à transformer les vérités ? Les vérités nous sont dictées, On ne veut plus les écouter. Un jour, faudra changer la société, La Liberté, l’Egalité, et le fond de légitimité ? Et puis chanter, Fraternité !

⇒ Il y a des soumissions incontournables, comme dans les totalitarismes, ainsi que cela nous est dit dans l’introduction, on ne peut s’exprimer que sous réserve de démocratie. Et nous on peut évoquer ce sujet de soumission, parce que justement, nous sommes en démocratie, et qu’on peut dire : oui ! Moi, je veux objecter, et je ne vais pas me soumettre, je veux faire ce que je veux de ma vie, et oui, c’est un luxe de la démocratie française. Et de la démocratie française, en particulier. Donc, on a cette chance, et je me dis aussi, que tous les jours on se trouve en situation de soumission, on est tenu par des lois, tenus par des règles…, Donc, se soumettre, est à peu près incontournable, sinon on est vite un être associable.

⇒ On passe de respecter des règles, à se soumettre. Se soumettre suppose des contraintes plus ou moins justifiées, qui nient la liberté, voire, qui nient l’intelligence ⇒ Quand j’entends le mot se soumettre, je me cabre. Si je dois me soumettre, si cela m’est donné comme une obligation, si cela me met sur les rails, que je n’ai plus rien à décider, si cela supprime mon libre arbitre, alors je me révolte, et je peux même pêcher par orgueil, en réalisant que ce choix, cette réaction a un coût, le reniement à mon libre choix En revanche si je suis dans un cadre où il existe une hiérarchie établie, si j’ai intégré ce groupe, alors je trouve naturel, non pas de se soumettre à une personne, mais de me soumettre aux règles établies, règles en usage, et je ne dirai pas « ni dieu, ni maître » comme les anarchistes dont je ne partage que la moitié de la formule. Dans une émission sur Arte hier soir, j’entendais ce mot d’ordre des républicains espagnols en 1936, « organisons l’indiscipline » ils furent massacrés. Ceci pour montrer qu’il y a deux sortes de soumission : 1° Soumission volontaire, par raison, raison collective, et acceptée d’emblée. 2° Soumission qui est une contrainte, parce qu’on subit la loi du plus fort, parce qu’on n’a pas le choix…. Cette seconde soumission ressemble ou prolonge les hiérarchies de nos ancêtres les primates, chez qui les plus jeunes doivent faire marque de soumission devant les vieux mâles, les chefs du groupe. Le refus de se soumettre est d’abord motivé par la fierté. Parfois se soumettre c’est faire fi de sa fierté, c’est se renier dans sa dignité, et par voie de conséquence c’est se dévaloriser à ses propres yeux, c’est perdre l’estime de soi. Et si le refus de se soumettre passe par la transgression, je ne confonds pas l’insoumission de soldats qui en 1907 à Béziers mirent la crosse en l’air, et l’insoumission de celui qui pour échapper à l’impôt s’exilent fiscalement aux Bahamas. Il y a des individus qui ont une propension à se soumettre ; parce que l’on n’a plus ce terrible dilemme de devoir choisir soi-même, c’est une soumission non contrainte. Ce sont souvent ceux-là qu’on retrouve dans des structures où on n’a pas à faire des choix, l’armée, les sectes, ou parfois des structures religieuses, tels les couvents, les monastères, Là où il y a une règle à laquelle on se soumet. Parfois à cette soumission on donnera le nom d’abnégation. Mais l’abnégation, peut être un renoncement, un sacrifice volontaire de soi, dont Alfred de Vigny nous donne une version personnelle : « Je me demande si l’abnégation de soi-même était pas un sentiment né avec nous ;… que c’était ce besoin d’obéir et de remettre sa volonté en d’autres mains, comme une chose lourde et inopportune, d’où venait le bonheur secret d’être débarrassé de ce fardeau ».

⇒ Peut-on dans le cadre de ce débat, évoquer la soumission à nos propres désirs ? Des désirs qui nous mènent jusqu’à l’addiction.

⇒ Les partisans de la psychanalyse vous diraient qu’une des trois instancs de la conscience « freudienne », le « ça » soumet le « moi » à sa volonté, à ses exigences…

⇒ Dans soumission, il y a bien « soumis sous », donc, un rapport hiérarchique, un dominant et un dominé, celui qui est sous le joug de l’autorité, sous la dépendance d’un individu, d’un pouvoir. On est mis « sous » ou l’on se met soi-même, « sous », on accepte le rapport hiérarchique. Je me pose la question de savoir si le progrès n’est pas fait que lorsqu’il y a eu transgression, en s’écartant des états de fait acquis. Si personne n’avait transgressé, la terre serait encore, le centre de l’univers, donc ce sont ceux qui ne se soumettent pas aux règles qui auraient fait les choses, amené les progrès.

⇒ La soumission à l’autorité, c’est ce qu’analysait également Hannah Arendt dans « Eichmann à Jérusalem » en 1963. Elle se demandait pourquoi Eichmann, le dignitaire nazi, chargé de la déportation des juifs, a exécuté un ordre illégitime, considéré depuis comme crime contre l’humanité. Et elle souligne combien sous l’influence d’une autorité jugée, comme légitime, et bien ! Un individu peut commettre le pire. C’est ce qu’elle appelle « la banalité du mal ». Aujourd’hui l’actualité montre bien les crimes contre l’humanité ; les tortures, l’esclavage, les crimes de guerre, sont légion. Et puis aussi, le risque que les hommes font courir à la vie. Et bien ! Aujourd’hui il est nécessaire d’interroger la légitimité des actions qui conduisent à des crimes, ou à des risques. Pour cela je reprendrai l’analyse d’Hegel dans « La phénoménologie de l’esprit », où il explique que l’homme est un animal, mais ce qui le caractérise comme être humain, c’est le désir d’être reconnu, dans un couple, dans une communauté, une société. Et cette lutte pour la reconnaissance, qui dure toute la vie humaine, met en œuvre deux situations : la situation du maître, celui qui, pour exister préfère mourir plutôt que de vivre à genoux, et celui du serviteur, celui qui se soumet aux valeurs, aux choix, aux désirs du maître, parce qu’il a peur de mourir, tout simplement. Mais, ajoute Hegel, ces situations ne sont jamais figées, elles sont toujours en évolution, ceci pour une bonne raison, c’est que le maître, celui qui a vaincu, qui s’est fait reconnaître, et qui a, à son service des êtres soumis ; et bien, premièrement il s’ennuie, il n’a plus personne en face de lui pour le regarder, pour le reconnaître, il n’a que des têtes baissées, il perd alors, son humanité. Pendant ce temps là, celui qui a fait allégeance, celui qui est au service du maître : produit des œuvres, il laboure les champs, il éduque les enfants, et il se reconnaît. Du coup, il relève la tête, et reprend la lutte. Autrement dit, il existe. L’homme existe par sa lutte pour la reconnaissance. Il n’y a pas d’homme, d’être humain qui existe, indépendamment de cette lutte pour la reconnaissance. Et ce que Hegel nous dit là, signifie que sans cesse, quand vous êtes en situation de serviteur, quelle qu’elle soit, dans votre travail, dans votre couple, dans un groupe, dans un pays ; lorsqu’on est en situation, non pas de dépendance nécessaire et indépassable, mais d’obéissance et de soumission volontaire, c’est parce que vous avez peur de continuer à lutter pour la reconnaissance. D’où cette autre question : comment cette peur s’installe t-elle en nous ?

⇒ On le voit dans les couples, il y en a toujours un qui prend de l’ascendant sur l’autre.

⇒ Pourquoi, et qu’est-ce qui fait qu’il y a spontanément des maîtres et des serviteurs ? Est-ce que l’intelligence y joue un rôle ? Ou alors des sujets plus faibles ? Est-ce question de force, ou de faiblesse ?

⇒ Je vois plusieurs catégories de soumission : soumission consentante, soumission inconsciente, et dans la soumission inconsciente, je pense qu’il y a des soumissions conscientes combattues. On se soumet mais on continue à combattre. Entre les soumissions conscientes et acceptées, il y a une frontière infiniment variable en fonction des pays déjà, mais en fonction des individus. Ce qui est soumission pour l’un ne l’est pas pour l’autre. Comme exemple ce qu’ont accepté certaines femmes religieuses qu’on a déclaré « saintes » après et qui se soumettent à un dieu d’une manière absolument « dingue » et qui y éprouvent de la joie. Alors que pour moi ce serait de la soumission. Si je mets le voile (autre exemple), si je le mets parce que mon père m’oblige à le mettre, je suis en soumission, mais d’autres vous diront, pour moi c’est tout à fait volontaire, ça correspond à quelque chose de précis, ce n’est pas soumission ; et pourtant on parle du même phénomène. Il existe également, ce que j’appelle la soumission inconsciente, qui découle d’un certain nombre de choses de l’ordre subliminal. Par exemple, à force d’être bombardé par la pub, on fait des choses qu’on n’aurait pas forcément faites de son libre arbitre. On est dans une société, où l’on développe l’art de soumettre économiquement les gens « à l’insu de leur plein gré ».

⇒  Dans la soumission, il peut y avoir ce questionnement : doit-on accepter les lois, doit-on accepter les coutumes, les usages ? On se soumet dans la mesure où l’on comprend pourquoi ; pourquoi les lois, pourquoi la coutume, les usages. Il n’y a plus contrainte, il n’y a plus soumission.

⇒ Je fais partie de ceux qui ont tendance à se soumettre, et je crois que c’est un défaut. Parce que les autres intègrent votre aptitude à la soumission, et ces mêmes autres ne comprendrons pas pourquoi un jour pour ce peut paraître une peccadille, vous allez vous cabrer, voire même jusqu’à « envoyer tout promener », alors que si on était capable de réagir en temps voulu on n’en arriverait pas là ! Quelqu’un a évoqué la soumission à nos désirs, et on se soumet à nos besoins, besoins crées on l’a dit, qui font de nous des consommateurs soumis. Ne pas se soumettre dans ce cas, serait adopter un mode de vie épicurien, c’est-à-dire se contenter de satisfaire les besoins essentiels. Plus on se crée de besoins, plus on se soumet à « ses désirs qui nous affligent ». Celui qui ne rêve pas d’avoir une Mercedes (dernier modèle), ou le dernier écran incurvé, etc, celui-là, il se crée un espace de liberté.

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