Aujourd’hui je suis un arbre

Aujourd’hui je suis un arbre

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre qui court en traînant ses racines
Et le bruit assourdi du boulet qui sautille
Distille le chapelet des échecs oubliés

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre tout creux qui abrite en son sein
Une famille d’écureuils, un hibou pensif
Poussif, peut-être mais il avance, cahin-caha

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre rêveur qui revient de l’école
Où l’on y apprend les seules matières qui comptent
Compter sur ses doigts et parler la langue de bois

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre qui s’entête à rester printemps
J’invite sur mes branches des oiseaux qui picorent
Picorent le cafard, il reste la gueule de bois

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre qui tente en vain d’être de bois
C’est si facile de prôner l’indifférence
Une différence qui vibre de sentiments

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre qui saigne par quelques blessures
Des jolis pansements posés un peu partout
Partout ? Pour quoi faire, je n’ai que jambe de bois

Aujourd’hui je suis un arbre
Un arbre caché au cœur de la forêt
J’ai beau me cacher, c’est la forêt qui recule
Bascule et reste l’arbre qui cache la forêt.

Ecrit et lu par Florence Desvergnes
lors du café-philo du 10 février 2010 à L’Haÿ-les-Roses
Thème du débat :
« Le concept de résilience, réalité ou fiction ? »

 

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