Choisir sa vie

 

Jeune homme tenant un crâne; Vanité. Hall Franz. 1626. National Galery Londre

Jeune homme tenant un crâne. Vanité. hall Franz. 1826. National Galery. Londre

Restitution du débat du 25 09  2019 à Chevilly-Larue

Animateurs: Guy Pannetier. Thibaut Simoné.
Modératrice : France Laruelle
Introduction : Guy Pannetier

Introduction : Cette question qui semble si banale est pourtant essentielle en philosophie, elle nous concerne tous. Elle n’est pas qu’un regard dans le rétroviseur, elle concerne demain. Nous retrouvons ce thème dans le roman, le théâtre, la poésie et aussi dans la chanson. Sans tomber dans les angoisses existentielles, nous pouvons parfois nous poser ces questions : Qu’est-ce qui m’a réellement construit ?  Quels furent mes choix personnels, choix qui ont fait à ce jour mon parcours de vie ? Quelle est la part des contingences ?
Autrement dit, quand ai-je pu exercer ma volonté, mon « vouloir être moi », quand faisons-nous seuls notre « chemin de vie » ? A quel moment se font les choix cruciaux ? Et jusqu’à quel âge pouvons-nous infléchir le cours de notre vie ? Entre ce que je voulais être et ce que je suis, avais-je les atouts,  ne suis-je pas qu’un compromis ? Nous allons rencontrer dans ce débat l’existentialisme : « L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait…Chaque personne est un choix absolu de soi » (Jean-Paul Sartre), ou, rencontre entre fatalisme et contingence, ou, non choix comme nous le dit la chanson : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. On choisit pas non plus les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger, pour apprendre à marcher ». (Maxime le Forestier : Être né quelque part).
Par ailleurs, doit-on penser que ceux qui n’assument pas leurs choix de vie sont ceux qui ont échoué?  Doit-on penser que ceux qui assument, voire même qui revendiquent leurs choix, seraient, ceux qui ont réussi ? Quelle est la part de notre force ou de notre faiblesse ?
Doit-on penser que nous n’agissons qu’à la marge sur le cours de notre vie, comme l’exprime une autre  chanson : « C’est ma vie, c’est ma vie, je n’y peux rien, c’est elle qui m’a choisi » (Adamo : C’est ma vie). Alors ne serions-nous que des nomades de la vie ?
Et également, quel argumentation rationnelle opposer, par exemple à cette formule de José Luis Borgès, (l’écrivain argentin)  lorsque, concernant les choix de le vie, il écrit : « c’est la porte qui choisi »
Autrement dit, quand est-ce que le choix c’est fait sans moi.
Est-ce que les circonstances dictent les choix, ou, est-ce que le choix qui dictent les circonstances ?
«  Quand le bus du destin passe, la direction n’est pas indiquée. Il y a ceux qui n’ont pas fait signe au bus de s’arrêter ; ceux qui ont regardé le bus passer »  (Peter May. L’île aux chasseurs d’oiseaux)
Mais, toujours la question insidieuse reste : derrière ces portes que je ne n’ai ouvertes et franchies, il y avait ces vies que je ne vivrai pas, ces voyages que je n’ai pas fait, ces visages que je n’ai pas croisé. « Ai-je choisis le bon sentier ? / J’en suis encore à me le demander », chantait Michel Polnareff (dans sa chanson  Sous quelle étoile suis-je né ?)
Et enfin, ce qui détermine nos choix de vie, est-ce : La raison ? L’intérêt ? L’affection? L’amour ? Ou est-ce le hasard seul qui seul agit ? Est-on plus libre de choisir quand on est seul, ou, fait-on des meilleurs choix à deux, à plusieurs ? Et si nous avions toutes les  possibilités de choix, seriez-vous là, serions-nous là ce soir, au café-philo de Chevilly-Larue ? La multiplicité infinie des choix ne pose-t-elle pas d’autres problèmes ?
C’est à vous d’y répondre ! C’est à vous de choisir !

Débat : ⇒ Y a t-il quelqu’un parmi nous qui peut nous dire qu’il a choisi sa vie?

⇒ Je me demande si réellement il y a des gens qui ont choisi leur vie ? Je n’ai pas choisi de naître, pas choisi mes parents, ni le lieu de ma naissance. Je suis née, c’est un hasard. Et même la rencontre de mes parents est un hasard. Tout n’est que hasard. Est-ce que j’ai choisi mon mari ? oui ! ça je le crois ; mais globalement choisir sa vie ça me semble carrément impossible.

⇒ Se marier, faire sa vie avec quelqu’un dépasse le choix, le plus souvent la part d’irrationnel l’emporte, et l’on est embarqués.

⇒ Dans la tête de chaque vieillard il y a un jeune homme qui dit : – qu’est-ce que je fait là ? Ce jeune homme avait, toutes les possibilités devant lui, plein de projets. Et, là, il constate tout ce que le vieil homme n’a pas réalisé.

⇒ Je voudrais faire une réponse au jeune homme. –Tiens ! on repart à zéro, c’est toi qui prends les rênes, et on verra si tu fais mieux ou plus mal. Si on redistribue les cartes, qu’est-ce qu’on fait, (sujet de philo par excellence)

⇒  On se marie, on a des enfants, un boulot avec des responsabilités, alors on n’est plus aussi libre, des choix s’imposent, on prend moins de risques, on n’a plus le culot.

⇒ Je trouve ces premières interventions un peu fatalistes. Je veux bien qu’on « jetés » dans la vie, mais après qu’est-ce qu’on en fait ? Il y a toujours dans ces croisements du chemin, et là il faut choisir, et ce choix détermine votre vie.
Par exemple, on accepte d’avoir des enfants ou non, on accepte tel ou tel boulot, ou, on le plaque pour choisir ce qu’on a vraiment envie de faire ; Je crois qu’en grande parie on peut choisir sa vie ;

⇒ On pense inévitablement au film « Sur la route de Madison » et à cette réplique de l’actrice Meryl Streep : « Nous sommes les choix que nous avons fait», tout à fait dans le droit fil de la philosophie sartrienne.

⇒ A quel moment ai-je été en capacité de choisir ma vie ? Suis-je capable de faire et d’assumer des choix ?il faut qu’on ait la force de caractère, voire, la maturité pour faire certains choix. Beaucoup de choix décisifs qui orienteront notre vie, sont fait trop tôt, faits avant qu’on ait un minimum d’expérience. Alors, la première réaction va vers des choix prédéfinis, c’est dire s’intégrer à la société.
Et puis il y a le manque de confiance en soi, ou timidité, on n’ose pas.

⇒ Adolescente j’avais du mal à faire des choix, je voulais faire totalement comme les autres. C’est plus tard que j’ai été en capacité de faire mes propres choix, me prendre en mains. Mais maintenant, adulte je me pose encore la question, c’est quoi choisir, comment juger en toute raison, et choisir ?

⇒ Du fait que nous ne sommes pas tous égaux, nous ne sommes pas tous à égalité dans notre capacité à choisir. Choisir en fonction d’un environnement, d’une éducation reçue, d’une culture acquise.
Et, on ne peut écarter que : quelque soit nos choix, à chaque fois qu’on s’engage on engage d’autre s personnes, on ne choisi que pour soi. Dans le mariage, on s’engage avec un, ou, une partenaire, avec la responsabilité de parent ; Même en dehors de cette situation, on ne vit pas seul, on ne s’engage jamais tout seul.
Il y a des gens qui disent : -moi je contrôle. Mais on ne contrôle pas la maladie, le comportement des autres, les évènements. On contrôle pas plus le passé que l’avenir, et bien peu le présent.
Actuellement, on parle beaucoup du changement climatique. Et là nous sommes face à des choix ; Nous pouvons nous exprimer par le vote, et au-delà.
A terme ,et aujourd’hui déjà, nous savons, nous voyons que nombre de nos décisions, avec l’intelligence artificielle, nous échappent. Nos choix parfois nous sont dictés, on peut se laisser guider pour le choix, d’un, ou, d’une partenaire, c’est mieux ciblé, c’est plus facile.
On voit aujourd’hui des jeunes qui sont en quête de sens. Ils font des études, des études supérieures, intègrent une entreprise, et, au bout de quelques années, ils se disent : – qu’est-ce que je fais devant tous ces tableaux Excel, avec toutes ces contraintes d’objectifs. Alors, certains font faire un choix, celui de prendre une autre activité, quitte à gagner moins.

⇒ Qu’est-ce qui nous motive : le confort, le bien-être ?

⇒ Je ne pense pas qu’on puisse définir une fois pour toutes, ce qui définis nos choix, il y a tellement de variables. Il y a les pulsions, les obligations de choisir, les choix où on n’avait pas le choix, etc… Peut-être que sur une situation précise je pourrais dire que j’ai fait un choix libre, car faire le choix, c’est faire un choix libre de toute contrainte extérieure, ce qui est rare.
Et après ce que je viens d’entendre, je me pose la question de savoir si l’éventail de choix ne se rétréci pas arrivé à l’âge adulte, pour s’élargir à nouveau vers l’âge de la retraite.
Beaucoup de nous on fait l’expérience que certains choix, « notre choix » et pas ce qu’on plus ou moins choisi pour vous, ça coûte cher, il faut « renverser la table ».
Et puis, je me demande si pouvoir choisir sa vie, ce n’est pas une chance, un luxe, ou question d’audace,
Et enfin, philosophie oblige, nous pouvons toujours nous référer aux stoïciens quand il faut faire des choix. Ils nous disent, nous rappellent ; que nous ne devons pas nous user quant aux problèmes qui ne dépendent pas de nous, et donc, conserver toute notre énergie pour intervenir, agir  quant aux problèmes qui , eux, dépendent de nous.

⇒ Est-ce que choisir sa vie n’est pas une finalement assez récente. Je veux dire par là, qu’il y a un siècle je ne suis pas certain qu’on pouvait se posait la même question. Est-ce que ce n’est pas venu avec l’amélioration du niveau de vie.
Et quand on dit « je choisi » sommes-nous toujours en mesure de savoir si c’est réellement un choix. Par exemple, on sait qu’au niveau du cerveau il y a des phénomènes aléatoires. Des études depuis quelques années remettent en cause des thèses philosophiques et Merleau Ponti disait que la science n’a pas à répondre à des questions philosophiques.
Par ailleurs,  à la question initial : choisir sa vie, est-ce une chance, est-ce que ce ne serait pas que du hasard ?
Et dans notre société actuelle, il y a beaucoup d’injonctions, « faites ceci », « soyez heureux », voire le rayon du développement personnel, avec l’injonction au carpe diem (dont l’anagramme est : ça déprime).
Finalement, j’aurais tendance à penser que, face à la complexité du monde, de la vie : pouvoir choisir sa vie ? ça dépend !

⇒ Il y a des moments où l’on croit faire des choix, parce qu’entre choisir et liberté il y a une dialectique entre les  deux, et que l’homme a envie d’être libre, et s’il ne fait pas ses propres choix, il n’est pas libre. On préfère dire qu’on a choisi plutôt que d’admettre que c’est un choix conditionné, presque un non choix.

⇒ On ne peut exclure cette part du hasard, bien sûr ! le milieu, l’école, et arrivés à l’adolescence il faut se définir, on choisi tant bien que mal, on va vers son avenir, son destin.

⇒ Je pense à tous ceux qui ne peuvent pas choisir. Je pense à ceux qui naissent handicapés. Je pense aux femmes qui naissent dans des pays où elles doivent porter un « linceul », des pays où les maris ont tous les droits sur les femmes, même le droit de la battre. Quel est le choix de ces femmes ?
Je pense aux émigrés, émigrés alimentaires, aux exilés. Il y a plein de cas comme cela….

⇒  Pour moi, choisir sa vie, c’est d’abord de l’audace, parce qu’en faisant certains choix on fait des sacrifices, et il faut assumer. D’autre part, je reviens sur l’idée que dans le passé nous n’avions pas tant le choix. Mais, nous avons évolué, nous avons progressé. Il n’y a plus d’esclaves, nous avons accédé à la démocratie, à  la liberté pour les femmes, d’avoir « un enfant si je veux ».
Simone de Beauvoir nous aurait dit, oui, nous pouvons choisir notre vie, et pour cela il faut sortir du conformisme. Même si vous avez eu une éducation très libre, il y a des imprégnations, mais  des imprégnations desquelles vous pouvez vous libérer.
Pour moi, choisir sa vie, c’est pas « ça dépend », j’ai lutté pour pouvoir faire mes choix, et je n’ai jamais regretté mes choix. Je sais que mon propos est audacieux. Et je reviens sur les injonctions de la société, là, nous pouvons développer notre esprit critique (c’est ce qu’on fait au café-philo). On a la possibilité d’examiner, et de dire parfois, je ne veux pas de ça pour moi. On peut sortir de ce Noam Chomsky appelle, « La fabrique du consentement ».
Ce qui compte, c’est d’être en harmonie avec nos aspirations les plus profondes, et ne pas vivre en soumission.

⇒ Les exilés n’ont fait que des choix forcés, obligés de fuir leur terre, leurs maisons, c’était,  l’exil ou la mort.

⇒ Cette question bateau de la philosophie, « Choisir sa vie » est devenue sur Google le terrain de chasse des marchands de psychologie positive, des coachs de développement personnel. Les Premières pages sont saturées de sites qui proposent : «  101 expériences pour saisir sa chance », « Trois kifs par jour », « apprendre à être heureux », « Il est temps d choisir sa vie » « deviens qui tu veux être ».
Mais s’ils sont si présent sur ce moteur de recherche, c’est aussi et d’abord parce qu’ils sont beaucoup consultés. Alors cela nous dit que cette question reste, restera toujours une question primordiale.
En vérité, si nous prenons cette question au premier degré, elle a quelque chose d’incongrue, car déjà, nous n’avons pas choisi de venir au monde: première occurrence, première contingence.
Autrement dit, quand est-ce que le choix c’est fait sans moi.
Nous avons diverses approches sur ce sujet du choix de notre vie : celle qui nous affirme qu’elle résulte de nos choix (Sartre), celle qui dit que nous n’accomplissons rien d’autre qu’un destin de vie, ce qui était écrit de tout temps, le « mektoub » , ou le « fatum » des philosophes stoïciens.
Puis il a ceux qui seraient les « déçus de la vie », ceux qui nous disent que nous n’avions pas de réels choix,  comme on le retrouve dans cette phrase issue du roman policier « Vendetta » de Roger Jon Ellory : « J’ai vécu une vie que je n’ai pas choisie, les événements ont conspué contre moi », et il poursuit, « Il semblerait donc que nous vivons nous pour l’instant, et que nous basons nos décisions sur les informations dont nous disposons. Mais la moitié des ces informations sont incorrectes, voire, fausses, ou, fondées sur l’opinion de quelqu’un d’autre. La vie ne nous fourni pas de manuel nous expliquant comment la vivre »
Puis, il y a l’incontournable enveloppe intellectuelle de l’influence parentale : «  Pour des parents croyants, qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes ou autres » écrit l’écrivain Abdenour  Bidar *« la réponse est parfois automatique : « Ma fille sera chrétienne comme moi. Mon fils sera musulman comme on l’a toujours été….Mais de nombreux parents comprennent que l’autonomie de leur enfant est en jeu. Ils cherchent alors à leur transmettre un héritage sans pour autant les formater ni les prédéterminer. Comment faire ? Où est à  la limite entre transmettre et conditionner ». ( * Quelles valeurs partager et transmettre aujourd’hui. 2016)

⇒ Faire ses choix en refusant l’influence de la société, c’est une forme d’anticonformisme. Ce conformisme est plus inscrit dans évolution ; Mais ceux qui ont fait des choix différents, qui ont transgressé, sont ceux qui parfois ont fait évoluer la société.

⇒  Il y a des gens qui semblent ne pas vouloir faire des choix. Ils sont résignés, découragés. Ils ont fait des choix qui les ont déçus, pénalisés, alors, ils démissionnent.

⇒ Nous avons évoqué le hasard. Oui il a le hasard, les contingences de la vie, mais face à celles-ci il reste toujours à faire des choix.

⇒ « Le hasard ne favorise que les esprit préparés». (Pasteur). Et un américain a écrit : « Éloge du carburateur ». Il bossait dans une entreprise, et un jour il en a eu raz le bol. Et maintenant, il répare des motos, il est très heureux.
Et par ailleurs, est-ce que la croyance dans le bonheur, ça ne limite pas les choix. Tiens ! on est heureux ! on reste là où l’on est. En fait on n’est peut-être pas si heureux que ça, mais c’est plus facile comme ça.

⇒ Je ne suis pas d’accord avec le fait qu’on peut faire des choix sans émotions, et pas qu’avec la tête, mais aussi avec le cœur, ou alors, autant s’en remettre à un algorithme. La part émotionnelle nous dit : – il faut y aller ! même si il y a des sacrifices à faire.

⇒ Je retiens : choix par raison, lié aux émotions, choix du cœur. De fait, beaucoup de nos choix découlent de nos émotions. Kant et le neurologue António Damàsio nous rappellent, que : « nos émotions précèdent nos sentiments », ce qui n’empêche pas parfois, la part rationnelle.
Cette rationalité je l’ai vue chez un proche. Ce jeune homme avait décidé  qu’il serait ingénieur information à 24 ans, (réalisé), qu’il achèterait son appartement à 28 ans (réalisé), qu’il se marierait à 32 ans (réalisé). Il en est à sa troisième femme… Moralité : on n’est pas des algorithmes.

⇒ Je me suis marié il y a bientôt cinquante ans, choix on ne peut plus irrationnel, et ça dure !  alors, la raison dans certains domaines n’est forcément, bonne conseillère.
Et par ailleurs, je pense aux gens pour qui faire un choix qui engage est un situation dramatique. Ceux là se retrouvent souvent dans des structures où l’on suit une règle établie.. Ce serait rejoindre l’armée, un couvent, une secte, etc. Ouf ! il n’y a plus le dilemme du choix, car suivant l’expression connue : « choisir c’est quitter ». Et là, il n’y a plus qu’à « mettre un pied devant l’autre ». .

⇒  Je ne résiste pas à reprendre en guise de conclusion (pour moi) , la réponse à cette question, réponse très philosophique  de Zezette (dans le père Noël est une ordure) « ça dépend ! »

 

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Une réponse à Choisir sa vie

  1. BRUNET dit :

    Bonjour,
    c’est la première fois que je viens sur votre site.
    j’ai lu avec plaisir et intérêt ce qui a été écrit au sujet de choisir sa vie.
    Le mot choix m’a fait redoubler d’intérêt car je traîne depuis de très nombreuses années la problématique suivante que je limite dans un premier temps, et pour simplifier à l’être humain :
    « Tout étant déterminé par l’intérêt, le choix n’existe pas »
    Le mot intérêt n’est pas limité à l’argent mais au plaisir que chacun recherche.

    Pour ne pas trop écrire, je développe quelques exemples :
    Lorsque l’on dit que l’on aime quelqu’un, ce n’est pas la personne que l’on aime, mais le bien ou le plaisir que l’on ressent en sa compagnie.
    Tant que j’y trouverai un intérêt, je dirais que j’aime ladite personne et le jour où je n’y trouverai plus d’intérêt je dirais où je constaterai que je ne l’aime plus.
    J’ai conscience que cette situation est difficilement supportable, mais je pense que ce n’est pas une raison de ne pas y croire.
    Je vais prendre un autre exemple concernant le choix :
    Selon moi, tout étant déterminé, le choix n’existe pas. Lorsque je dis que je choisis, je ne fais qu’exécuter la même démarche.
    Je m’explique : si dans la fabrication de mon individu il résulte que j’aime la couleur rouge et le poulet rôti, lorsque j’aurai à choisir une couleur (Entre le bleu et le rouge) je déterminerai le rouge et si je dois choisir une volaille (entre la dinde et le poulet rôti) je déterminerai le poulet.
    Certains me diront à juste titre qu’il n’existe deux autres possibilités consistant soit à ne rien choisir, soit à choisir les deux. Mais même dans ce cas, le non-choix ou le choix des deux devient un choix conditionné. La personne qui refuse de faire un choix est donc prédisposée à ne pas choisir, comme la personne qui fait les deux choix, choisit de ne pas choisir.
    Je n’ai donc fait aucun choix car en réalité je n’ai pas la possibilité de choisir autre chose que pour ce que je suis déterminé.
    Vous me direz que l’ambivalence existe, mais dans ce cas-là il n’y a pas de choix non plus.
    Si dans le mot choix ou dans sa signification usuelle il y a la possibilité d’une détermination variable il y a également tromperie (sauf si la variabilité est déjà déterminée).
    Je crois donc que lorsque quelqu’un dit à une autre personne : « tu as le choix » je crois qu’elle dit n’importe quoi, mais pas la vérité.
    Toujours autour du thème de choisir sa vie, je me permets de développer la problématique suivante :
    « Je » n’existe pas.
    Selon moi c’est le « je » qui n’existe pas (Comme le « moi » d’ailleurs). Cette inexistence du « je » est liée au fait que, toujours selon « moi », le choix n’existe pas. Je m’en expliquerai après en détail.
    D’ailleurs que veut dire exister ? N’est-ce pas l’impression d’exister ?
    Quand je rêve j’existe ? et suis-je maintenant en train de rêver ? je pourrai aussi rêver que je rêve !
    Depuis ma naissance (Terme à définir au regard de l’existence), peu à peu j’ai observé mon environnement, environnement dont je dépends totalement. À cette époque si j’avais su parler j’aurais dû dire « nous » au lieu de moi ou de je ; mieux encore, j’aurai du dire « on ».
    J’aurai aussi pu ne rien dire !
    En effet, quitte à me répéter, celui dont je dis « je » est totalement dépendant de son environnement, que cet environnement soit extérieur à son corps ou qu’il soit dans son corps. L’environnement n’est pas non plus un choix mais un fait.
    Par exemple, à peu près tous ceux qui comme moi sont nés le 24 septembre ont été conçus le jour de Noel (jour de fête, jour de liesse, de festin, de bon repas relativement arrosé). L’environnement a déterminé ma pseudo création.
    D’ailleurs qui est le « je » qui parle ? Sinon un être déterminé par la totalité de son environnement.
    Et l’environnement se déroule comme un programme (sans programmateur ?) L’existence d’un programmateur est un autre problème qui ne résout pas celui-ci.
    J’avais donc une préexistence de plus en plus visible, comme j’aurai une post existence de moins en moins visible avec le temps. J’étais donc déterminé à être, comme je suis déterminé à disparaitre. Peut-être ne s’agit-il que de transformations mais si ma mémoire disparait, « je » ne suis plus
    Où est le « je » qui parle ? Ne serais-je point qu’un boîtier électrique situé dans la partie haute de mon corps et alimenté par l’ensemble des fonctions de mon corps avec en plus la possibilité de déplacer ce petit boîtier électrique ?
    Tous ce qui se précède est une réelle interrogation et en aucun cas une provocation.
    Je suis dans la situation de quelqu’un qui voudrait bien que Dieu existe et qu’il soit possible de l’en convaincre, comme la possibilité de choix, donc de liberté qui à mon sens n’existent pas.

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