Ai-je droit à la colère?

Thème :                      « Ai-je droit à la colère ? »
        
 Essai de restitution. Débat du 27 septembre 2000.
                      
Café philo de Chevilly-Larue.

Animateur : Guy Philippon                        Modérateur : Bertrand Perraux.                 

Introduction : (Guy louis). De nouveau nous abordons des problèmes de comportement. Il est intéressant de relever l’origine du mot colère. Il nous vient du grec Kholé, en latin Choléra, les deux ayant la même signification, la bile du foie.
    Maintenant quelques pistes ou questions sous entendues dans la question initiale.
1° Une fois de plus remontant à nos origines, la colère est-elle dans notre ADN, dans nos chromosomes.
2° Chez l’enfant où est la colère, où est le caprice ?
3° Dieu est amour, mais sa colère est divine ; rappelons nous la grande colère pour une histoire de pomme.
4° La colère des éléments a-t-elle généré des puissances supérieures ?
5° La colère du peuple, quelle part dans l’histoire ?
6° La colère peut-elle être salutaire, légitime, tolérable ?
7° Les réactions de colère s’amenuisent-elles avec l’âge ?
8° La colère est-elle un signe de faiblesse ?
9° La colère est-elle la conséquence de problèmes de santé ?

Débat:  On se demande d’où vient la colère, quel mécanisme elle met en œuvre et, cherche t-on par cette question à légitimer tous nos débordements ? La question serait donc plutôt : ai-je droit d’exprimer ma colère, et jusqu’où ? Deux types de colères sont évoqués, celle que l’on  ressent, et celle que l’on manifeste, avec plus ou moins de violence. Notre évolution a-t-elle poli notre comportement pour avoir droit de cité ? Cette elle est parfois salutaire elle se retourne parfois contre soi, elle entraîne des actions plus ou moins constructives.

   – Quels sont les facteurs qui déclanche nos colères ? Injustice, frustration, l’impuissance, la méchanceté, l’humiliation… ? Le seuil de tolérance est-il le même pour tous ?
     – Il y a des gens que la colère transcende et d’autres qu’elle détruit. Elle est le dernier recours avant la violence. Quand la colère est collective elle amène parfois à une Révolution (1789) Et une société sans colère, sans révolte est une société sans démocratie.
   – Si la colère ne s’exprime jamais et qu’il ne este que l’impuissance, on risque l’enfermement sur soi. L’expression de la colère attire le regard des autres sur soi et ses difficultés pout tenter de résoudre ses problèmes. Avec les mots, la puissance de la colère se perd, c’est pourquoi l’enfant en colère crie et  cela reste plus incontrôlable.
    – Face à des enfants un adulte peut se servir de sa colère apparente comme moyen de pression pour le calmer. Un animal marque son territoire, et si on lui empiète, il montre sa colère avant de passer à l’attaque. La parole permet souvent de canaliser et même de juguler la colère d’autrui.
    – La colère  collective est  toujours légitime, mais laissons l’Histoire juger les conséquences de certaines d’entre elles.
   – Toutes les formes de hiérarchie détermine plus ou moins le droit de chacun à pouvoir donner la pleine mesure de ses colères. Le droit à la colère est le garant de notre dignité face à l’ordre établi.
   – Je ne me mets jamais en colère, en fait si, je suis un coléreux chronique qui peut trouver toutes les dix secondes une raison d’être en colère.
    – Il y a des gens que la colère transcende et d’autres qu’elle détruit. Elle est le dernier recours avant la violence. Quand la colère est collective elle amène parfois à une Révolution (1789) Et une société sans colère, sans révolte est une société sans démocratie.
    – Mais aujourd’hui des catégories d’individus semblent plus atteints de ce droit à la colère que d’autres : les automobilistes paraissent en particulier être en proie à des débordements pas toujours justifiés. Mais l’expression de colère ne masque –t-elle pas d’autres frustrations qu’un simple ralentissement. La cascade des colères refoulées retombe sur le plus proche et non  sur le destinataire des rancoeurs.
     – La colère nuit à ma santé par des décharges d’adrénaline, mais les non-dits et les barrières à mes colères me détruisent bien davantage.
     – L’impuissance face à la justice et à la force brutale entraîne des saines, mais souvent vaines colères. Camus dirait : « Solitaire ou Solidaire » soyons les deux, mais à l’homme en colère, préférons l’homme révolté.

 Conclusion: Une fois de plus la réponse ne peut être que nuancée. A moins de nier notre nature même, nous avons droit à la colère, sans considérer que la colère est un droit.

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