La critique est-elle constructive ?

Thème  « La critique est-elle constructive ? »

Essai de restitution du café-philo de L’Haÿ-les-Roses
10 septembre 2003

Introduction de Guy Pannetier: Le thème proposé est un bon sujet de café-philo car la critique est d’une certaine façon à la base de la philosophie. Mais bien avant le café-philo de ce soir, l’éveil de la critique se nomme Socrate (il lui en coûtera la vie). Tout au cours des siècles des philosophes vont critiquer et bousculer des « pensées uniques » (et en payer le prix). Comme au 12ème siècle, Averroès (philosophe arabo-andalou), qui saura, face à la vérité unique, la Foi, parler de la double vérité : Foi et Raison, (il sera exilé !). Au 17ème siècle ce seront des philosophes peu connus mais très critiques, les « Libertins » (on leur doit le mot libre-penseur) ; ils critiquent royauté, noblesse, église (ils vont connaître la prison !), mais ils restent les précurseurs des philosophies des Lumières. Alors Voltaire nous dira : « La philosophie est chargée de traquer les illusions, c’est là son rôle critique ». Enfin, un philosophe contemporain (J.T. Desanti) nous dit : « la philosophie n’a pas à donner des réponses plausibles, voire acceptables, rien ne peut être accepté d’emblée comme faux ou comme vrai, tout doit pouvoir passer au tribunal de la raison », afin que la critique soit constructive. Tous ces philosophes ont œuvré, lutté, pour que nous puissions jouir de cette liberté qu’est la critique !

Débat :    – On assiste à un cheminement par rapport aux thèmes des cafés philo. La critique est reliée à la connaissance et on ne peut pas critiquer et porter un jugement sans avoir une connaissance sur le sujet critiqué (exp. critiques de films notamment du message qui nécessite une connaissance du sujet). Un jugement de valeur dans un domaine où l’on n’a nulle connaissance est une critique négative. Du profane au spécialiste, la sensibilité, le perçu peuvent différer.
– La critique est reliée au jugement que l’on porte sur un sujet
– La critique est constructive si l’on est dans un désir de construire et peut détruire si l’on est dans un désir de détruire. Il s’agit de deux facettes qui sont liées à l’intention. Dans certains cas la critique négative ne sert qu’à confirmer une vision que l’on a du monde. Donc la réponse à la question de ce soir serait « oui a priori la critique peut être constructive » mais « non elle ne l’est pas si l’on observe le monde ». Une critique constructive suppose le respect, l’estime pour l’objet de la critique. On ne critique bien que ce que l’on aime assez et qui nous renvoie à notre conscience, qui nous bouscule, nous entame, nous remet en question. Une critique négative, visant à la déconstruction de l’objet de la critique, nihiliste et irrespectueuse, qui ne tient pas compte de la réalité et de l’intention de l’objet de la critique et ne le comprend (au sens de prendre avec) pas là où il est et là où il se dit ou là où il se révèle, n’est pas une critique mais de la calomnie ou de la diffamation ou de la manipulation perverse ou de la haine ou de l’emprise Elle porte en elle des germes de dogmatisme, de totalitarisme ou de préjugés. Une critique constructive doit travailler à être la plus objective et la plus impartiale possible. La critique est constructive si elle vise à l’édification, l’évolution et la progression de l‘objet de la critique. Cela suppose que la critique soit effectuée avec le plus d’estime possible, de reconnaissance possible et un minimum de recul affectif vis à vis de l’objet de la critique (exp. une œuvre d’art : essayer de comprendre le projet et l’intention plutôt que dire « j’aime » ou « je n’aime pas »). Critiquer suppose que l’on accepte de se laisser bouger, entamer par ce que l’on critique et qui nous renvoie à nous-même.
– Cela suppose aussi d’être reçu, ce qui peut être impossible dans les manichéismes et dans les dictatures. D’où l’importance de l’écoute de l’autre. La critique suppose le dialogue, la communication, et la critique n’est pas seulement dans la parole mais dans l’écoute.
– Il y a comme un effet de curseur, un seuil critique où la critique devient déconstructive. On assiste à un moment de basculement, d’irréversibilité. Mais la polémique et la calomnie peuvent être constructives pour stigmatiser les excès et lutter contre. Il nous appartient de savoir où placer le curseur pour éviter tout excès dans nos jugements.  Dans le livre « Inconnu à cette adresse » de Kressmann-Taylor, l’auteur pose la question de la riposte critique nécessaire à certains comportements. Jusqu’où accepte-t-on le conflit avant d’utiliser les armes de l’autre si l’on sait qu’elles sont négatives et destructrices ?
– La notion d’intention est importante dans la critique. Il y a nécessité d’une intention bienveillante. La riposte est nécessaire en absence de bienveillance. Cela entraîne une critique systématique. Celui qui émet la critique doit aller lui-même vers sa propre construction.
– Le jugement critique peut parfois passer la limite pour faire réagir mais sans intention destructrice… Est-ce que vous consultez les critiques pour un spectacle ?
– Il convient de ne pas se fier à une seule critique. Dans la critique des spécialistes il y a un risque d’ésotérisme d’un microcosme de pensée. L’avis du public peut être très différent de l’avis des critiques : par exemple certains films ont été éreintés par la critique – « les enfants du Marais ou Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » et plébiscité par le public ou à l’inverse un film comme « on connaît la chanson » a fait l’objet de critiques dithyrambiques et a fait un flop par le public., ou bien aujourd’hui on redécouvre Clint Eastwood. Tout dépend des modes et du rôle du temps mais il faut se méfier du révisionnisme culturel.
– Il y a un basculement culturel possible lié à des phénomènes de société et des mouvements d’opinion que l’on ne voit pas toujours venir avec des risques de surprise : politiques, idéologiques, culturelles…
– Il est question de la critique politique nécessaire des antimondialistes qui ne sont pas nécessairement entendus, ce qui engendre des phénomènes d’accumulation d’amertume et une augmentation de la révolte. Ainsi à propos des cultures du Tiers Monde on assiste à des phénomènes d’habitudes qui ne permettent pas l’intérêt local. Pour Théophile Gautier « un critique qui n’a rien produit est un lâche, c’est comme un abbé qui courtise la femme d’un laïc, celui-ci ne peut pas lui rendre la pareille ». Dans une émission sur l’éducation le speaker demande à un enseignant comment il conçoit son rôle : « apprendre aux enfants à lire, à écrire et leur apprendre le sens critique et à juger eux-mêmes ». Ce à quoi le journaliste répond « vous ne craignez pas en leur apprenant à juger  par eux-mêmes d’en faire des contestataires, des extrémistes, des antimondialistes ? » ce qui est surprenant.
– Une critique correspond à une crise. Jean-Jacques Rousseau : « vous êtes dans l’âge critique où l’esprit s’ouvre à la certitude ». Il y a un moment des certitudes et des bases des repères du Bien. Les critiques amènent aux certitudes. La critique nécessite de la mesure. Elle permet de modifier son opinion si possible en évitant de la radicaliser. On ne peut pas supprimer le « goût des autres ». La critique nécessite du discernement et non de la condamnation. Ceux qui condamnent induisent la question : qui émet la critique ? Un règlement de compte personnel est insignifiant. Critiquer c’est aussi prendre position, oser, se questionner, prendre parti, se savoir en position délicate au risque de s’exposer à la critique… Il existe une différence essentielle entre une connaissance et une opinion. Une critique même avec un souci d’objectivité reste toujours subjective. La critique de l’extérieur a une influence limitée.
– La critique systématique peut être l’occasion de perdre des amis. Il y a le problème de l’hypocrisie sociale qui ne permet pas toujours de dire ce que l’on pense, mais plutôt ce que l’on doit dire.
– Il existe une façon de critiquer avec diplomatie sans nier quelqu’un mais en valorisant autre chose ou un autre au besoin qui peut être meilleur.
– La critique est liée à la façon d’appréhender les choses. Souvent on dit ce qu’il ne faut pas faire, le problème mais on ne donne pas la solution, le projet. D’où des cas de situations fermées où l’on verrouille certaines situations. Une radicalisation entraîne une limitation de l’action. Franchise et diplomatie sont nécessaires à la reconnaissance de l’autre. Il faut faire part de la critique, la proposer et pas l’imposer.
– La parole et la critique dépendent du lieu d’où l’on parle et d’où l’on critique. Il convient de se situer de dire d’où l’on parle et de savoir où est l’autre. Cela pose le problème des « langues de bois » dans les discours officiels ou d’une certaine hypocrisie bourgeoise possible par exemple. Il faut un accompagnement de la pensée de l’un et de l’autre pour arriver à une position consensuelle. Les critiques venant de l’extérieur, impliquent l’amour, la bienveillance de celui qui critique pour amener à une prise de conscience.
– Certains savent aller au devant des critiques, les induire et s’en servir exp. Différents théâtres suivant leur forme n’ont pas la même relation à la critique.
– On peut assister à une instrumentalisation possible de la critique et à une récupération pour cette instrumentalisation.
– Quel esprit critique ? quelle force critique libre ? Quelle lucidité possible ? A l’intérieur du malstrom du collectif ? cf. ; Pascal : « la partie et le tout ».
– Nous abordons le cas de la critique des enfants vis à vis des parents en cas d’oppression des parents. Est-elle toujours possible ? Il existe des cultures où elle est difficile. C’est courant, mais pas nécessairement normal. On assiste à une oppression de la norme par des modèles dominants.
– La critique peut être une nécessité par moments. Si l’on éprouve le besoin d’émettre une critique c’est qu’il y a un événement, un phénomène qui le justifie et une raison à cette critique.
– En tant qu’écrivain, si une critique intervient dans la lecture d’un de mes textes, je la ressens comme une rupture du lien écrivain/lecteur, une rupture dans la communication avec l’autre Je la prends de toues façons en compte.
– Nous notons que parfois on sollicite la critique en demandant l’avis d’une tierce personne.
– Il existe le cas des critiques qui nous amènent à une remise en question et qui sont bienveillantes et viennent de quelqu’un qu’on estime. Les gens que l’on n’estime pas nous touchent-ils ?
– Ils peuvent nous atteindre. Les critiques à notre encontre suscitent un premier réflexe de défense puis il y a le rôle du temps, de la durée, de la constance…
– Il faut aimer, estimer, reconnaître la valeur perçue de l’autre pour le critiquer. Une relation d’amour au sens large est nécessaire à une critique constructive.
– La critique face à une erreur ou à une faute : Est-ce que l’on doit mettre en avant une erreur  ou une faute qui elle, ne peut pas être modifiée, culpabilise et met en échec. L’erreur suppose une progression et une réversibilité. On peut signaler les erreurs mais pas stigmatiser des fautes. D’où la nécessité de baser la relation sur une confiance en soi et en l’autre.
–  « Ne pas confondre l’erreur et celui qui la commet » ; En rester à une relation d’humain à humain et pas dans le jugement et encore moins dans la condamnation. Une erreur existe mais est une erreur qui ne dit rien de l’humanité du sujet et pire, de sa « valeur » possible.
– La progression qui peut advenir chez l’autre nécessite une abnégation de la parole de celui qui « critique ». Il y a un émetteur (celui qui critique) et un récepteur. Toujours celui qui émet un jugement critique doit s’interroger sur la réception, la perception de l’autre.
– Un intervenant donne son sentiment sur un événement d’actualité, la pression médiatique, les critiques qui se sont déchaînées et ont amené Pierre Bérégovoy au suicide.
– Revenant au domaine artistique nous citons le cas de Jean Vilar qui tout au long de sa vie créatrice a eu près de lui un ami écrivain qui au fur et à mesure lui rendait sa critique sur ce qu’il écrivait.
– Dans le cas de l’autocritique : on arrive à assimiler les critiques de l’extérieur et à se faire son propre jugement et sa propre autocritique et évaluation.
– Reconnaître une critique c’est faire une faveur à celui qui l’émet. Ne pas critiquer peut relever du mépris ou de l’indifférence.
– Le prolepse en rhétorique consiste à penser à l’avance à toutes les critiques qui peuvent être faites et à s‘y préparer.
– Une intervenante cite le cas d’un parent qui marque une préférence pour un de ses enfants au détriment de l’autre et qui en complimentant l’un critique indirectement l’autre. Cela pourrait s’appeler une injonction, une critique parallèle, du dire sans dire.
– Ainsi dans le film « la femme du Boulanger » Raimu parle à sa chatte pour atteindre sa femme et la critiquer pour son comportement adultère. Pour atteindre quelqu’un il peut y avoir nécessité d’une tierce personne, d’une relation triangulaire avec une personne avisée, spécialisée ou bienveillante.
– Dans la critique il faut prendre en compte l’ignorance possible de l’autre pour arriver à une progression dans l’échange. C’est le cas dans l’enseignement : transmettre une connaissance et rectifier un savoir erroné. Eviter une bipolarisation du savoir et de l’ignorance. La connaissance de l’un peut être l’ignorance de l’autre. On peut être dans deux domaines de connaissances différents, mais pas dans une dualité connaissance/ignorance. Eviter la dualité, la bipolarisation, le face à face, les miroirs, les relations duales.
– Nous avons vocation à partager ce que l’on sait, son expérience. Les savoir-faire ? Partage-t-on ou on le garde pour un intérêt individuel ? Rôle des enseignants pour la transmission et pour permettre à l’enseigné ou à l’initié une croissance personnelle et une affirmation de soi.
– Cas de Million : nommé récemment sur la question de la faim dans le monde et qui professe une opinion inverses à la possibilité d’une solution du problème. Il défend les intérêts des pays riches au détriment de ceux des pays du Tiers Monde et manifestement il ne règlera pas le problème de la faim dans le monde. C’est celui qui est responsable par ses idées de la faim dans le monde qui est chargé de régler le problème. La critique et la dénonciation s’avèrent parfois nécessaires !
– Les Grecs ont posé la question à l’oracle de Delphes : « qui est l’homme le plus savant », L’oracle a répondu « c’est Socrate » et il n’a rien écrit. Le choix de l’oracle souleva alors les critiques des philosophes. C’est une forme de savoir de prendre connaissance de ce que l’on ne sait pas : « tout ce que je sais c’est que je ne sais rien »…
– Une modestie est sans doute nécessaire dans la critique : Ainsi St Jean de la Croix a pu écrire : « j’aborde une sphère inconnue, et j’y demeure en ignorance, mais dépassant toute science ».

Poème de Florence :

La critique peut –elle être constructive,
Il était un espoir, soumis à la névrose
D’une idée pêchée là, dans les replis d’un songe
Il s’était infiltré comme un petit mensonge

Un chardon, une épine ou alors une rose
Et malgré son chemin souvent écrit en prose.
Même étant anodin, il est celui qui ronge
L’Humain qui imprudent, le boit comme une éponge

Car pour ne pas bientôt en faire une nécrose
Il faut le tutoyer pour s’en faire un ami
Jouer avec les mots éparpillés parmi
Les écueils acérés qui te piquent en plein cœur

Et si tu ne sais pas qu’on en fait un viatique
Il risque de rester une morte-critique
Un nectar succulent pour nourrir ta rancœur.

– La critique ne consiste pas nécessairement à dénigrer. Il existe les cas des critiques qui pèsent le pour et le contre. Critiquer au sens de  dénigrer peut apparaître comme négatif.
– Pour critiquer doit-on avoir un jugement extérieur au problème ou être « passé par-là » pour comprendre ? Les deux sans doute : il existe une justice officielle, une Loi et une justice transcendante, avec une attitude humaniste et de compréhension. Faire attention que cela ne devienne pas de l’éthique flottante si l’on n’y prend pas garde quand on s’affranchit de la lettre de la loi pour s’en tenir à l’esprit. Quelle justice, et quelle justesse ?
– Il existe l’opinion de spécialistes de personnes reconnues socialement pour une compétence et l’opinion individuelle dictée par la conscience personnelle, et le problème de la butée, du point de rupture de ce qui peut être admis, compris, reconnu, accepté, et non jugé chez l’autre. Cas du problème des limites morales communément admises et de chacun.
– A propos de la question de l’émetteur et du récepteur on peut s’interroger sur l’efficacité d’un émetteur qui émet une critique négative et souligner l’importance du récepteur : certains  récepteurs notamment peuvent positiver une émission négative.
– Ce n’est pas que l’émetteur, celui qui dit, celui qui critique qui est responsable de l’effet produit. Il ne faut pas hiérarchiser la relation entre l’émetteur et le récepteur. On assiste à un nécessaire abandon de souveraineté, et à une situation d’alter ego pour que le message passe et pour arriver à une nécessaire réciprocité. Si une critique n’est pas reçue cela peut venir de l’émetteur comme du récepteur. (cas des émetteurs flous à l’éthique flottante ou narcissique et autocentrée, qui cherchent à changer l’autre voire à le pervertir).
– D’où une balance nécessaire entre les individus et ne pas se placer dans une situation de supériorité ou d’infériorité entre individus. Dans une parole il y a à la fois de soi et de l’autre et interaction entre les deux, avec des interférences éventuelles dans la relation.
– Le problème de la transmission pose la question du « bon moment » : il y a des critiques qui arrivent au bon moment pour l’autre ou pour la relation : une bonne rencontre, un bon échange, une bonne « coïncidence »… Attendre le moment propice et différer au besoin.
– L’espace de la critique est important : dans la sphère privée la critique est différente et davantage possible que dans l’espace public où la parole est plus codée et plus cadrée par le lieu d’où l’on parle. On assiste aussi à des cas où la sphère du privé est galvaudée dans la sphère du public (cf le magazine People). Cela vient de la demande « canine » du public qui réclame du racoleur et du spectaculaire dans un pays où les politiques ne sont plus dans l’exigence idéologique ou socioculturelle ou historique ou du projet mais dans le scoop événementiel immédiat.

Conclusion : * De toutes les approches de la critique ajoutons les critiques que nous faisons sur nos contemporains, leur allure, leurs vêtements, … parfois depuis la terrasse d’un café… il ne faut pas trop culpabiliser, « lorsque vous ne serez plus critiques du tout, c’est que vos contemporains auront cessé de vous intéresser ; la phase d’après sera peut-être le désintérêt de tout, voire le désintérêt de vous… ». Et rendons hommage à Molière qui nous a donné le type même de l’homme critique : le Misanthrope : « j’entre en une humeur noire et un chagrin profond quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils le font ! ». Puis raisonnable bien que pessimiste il poursuit : « Ce serait là folie à nulle autre seconde, de vouloir se mêler à corriger le monde ». Mais au final Alceste, misanthrope, critique, n’en est pas moins philosophe et nous dit que : « tous ces défauts humains, nous donnent dans la vie, les moyens d’exercer notre philosophie ».

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