Avoir, savoir, pouvoir. Que choisir ?

Thème :   «  Avoir, savoir, pouvoir. Que choisir ? »
     
Essai de restitution du  débatCafé philo  de Chevilly-larue
                                       24 janvier 07

Animateurs : Guy Philippon. Guy Louis Pannetier    
Modérateur : France Laruelle
Introduction : Guy Louis Pannetier                                                                    

 Introduction : A ces trois termes nous aurions peut-être du ajouter d’emblée le terme vouloir, car il est lié aux précédents. Récemment le plus haut magistrat de la République nous servait cette lapalissade : « Quand on veut, on peut » ! Et nous venons de voir lors du Forum social international de Nairobi  les  personnes qui, dans un des plus grands bidonvilles du monde (à Nairobi), survivent en cherchant leur nourriture sur les tas d’ordures ; que peuvent-ils vouloir?  Ce qu’ils savent c’est qu’ils sont pauvres, qu’ils sont appelés à la rester, sans savoir, sans pouvoir, sans vouloir, et qu’ils ne peuvent choisir. Nous pouvons feindre de l’ignorer, mais, savoir, laisse en nous un questionnement, « Il y aura toujours quelque part un chien malheureux qui m’empêchera d’être totalement heureuse » fait dire Jean Anouilh à l’un des ses personnages. C’est bien parce que le  « non savoir » l’ignorance  maintient  des populations dans la misère que les Pères de l’école républicaine se sont battus pour « le Savoir », qui redonnait au peuple du pouvoir ; pouvoir de participer à la vie sociale, et parfois d’avoir parfois satisfaction dans la volonté de progrès social. Le savoir est une richesse, ne nous laissons pas déposséder du savoir, sinon, toujours un groupe d’hommes conjuguera savoir et pouvoir  pour soumettre, et pour posséder, « Verbe avoir ».Ceux qui savent le mieux conjuguer le verbe avoir, sont ceux qui également vont détenir le pouvoir de faire savoir ce qu’ils veulent faire savoir, d’où la possibilité de manipuler, « nous avons conscience de savoir ce que nous voulons , mais nous ne connaissons pas toujours les raisons et les causes qui amènent à ces vouloir  (Kant) .C’est un rôle humaniste de veiller, d’accompagner à ce que :Savoir, Avoir, Pouvoir, soient équitablement répartis.  

 Débat:       – Avoir selon Voltaire, Savoir, la sagesse de Platon, que l’on prend venant de l’extérieur ou de l’intérieur, par l’utilisation de maïeutique de Socrate. Un problème demeure : « si je dois mourir, à quoi sert d’apprendre. Et si je n’apprends rien à quoi sert de vivre » (Machado)
    – J’aimerais avoir le savoir et le pouvoir de décider. Par le savoir la République a sorti le peuple de l’ignorance et sans doute de la misère. L’avoir, le savoir, le pouvoir ces trois termes qui mènent le monde.  On peut l’utiliser pour soi-même,  pour se documenter, pour agir.
    –  J’apprécie ces trois mots et je sais que ne sais pas grand-chose, docte ignorance (Socrate)
    – Poser cette question, c’est déjà choisir, car conforme à un certain ordre du monde, à la vie en société. Comprendre cet ordre pour en parler. Choisir c’est s’exprimer. C’est classer ses idées. On choisit parce qu’on aime mais aussi on refuse. Il  faut réfléchir à ces trois termes avant de se décider car il y a trois manières de se décider, de vivre sa représentation dans la cité.. Soit avoir et savoir, le pouvoir a des limites.
    – Mais qui tient l’information, a le pouvoir sur les autres. Les gens de pouvoir ont un lien avec la force, le charisme, mais garder le pouvoir, il faut savoir.
    – Argent, possession pour l’avoir ; connaissances, sagesse pour le savoir ; pouvoir pour la représentation et peut-être imaginer une quête du bonheur pour chacun de ces termes. Un 4ème, le devoir bien assumé. Trop de savoir nuit (exemples : Pierre Curie ou Bernard Palissy) L’expression « Que choisir » est le nom d’un hebdo bien connu.  Il y a peut-être des gens qui n’ont que l’avoir qui donne le pouvoir. Il existe un avoir charismatique d’autorité, de noblesse… Tout cela interfère à des degrés divers, de l’avoir, du savoir, du pouvoir.
    – Un avoir brutal qui donne ce pouvoir. Mais plus on a de connaissances plus on entre dans le doute.
F Beaucoup de gens qui ont le savoir n’ont pas le pouvoir. Le savoir est un pouvoir, une curiosité, une mémoire, une accumulation. L’avoir : « En avoir ou non », situation, droit, temps, place, moyen, avoir devrait se conjuguer au présent. Pouvoir : posséder pour dominer, agir ou influencer. Choisir la vie, la santé, le pouvoir de vivre… et vouloir encore et encore. « Il n’y a pas de pouvoir sans vouloir » (A. Comte). Mais avoir, savoir, pouvoir, ne recouvrent qu’incomplètement les autres valeurs tout aussi essentielles : bonheur, amitié, dignité… Il ne faudrait pas oublier le pouvoir de ceux qui n’ont rien mais qui peuvent avoir acquis un savoir-faire (faire du feu, du pain, par exemple). Celles et ceux qui disposent d’un droit, et ceux qui ont le temps.
    – Le problème du pouvoir se pose à plusieurs étapes de notre vie. Le pouvoir se prend parce qu’on est là : le pouvoir de présence et le pouvoir de permanence. Ce dernier accumule une somme d’informations comme la police et la justice qui ont de surcroît un pouvoir de coercition, juste ou arbitraire (Outreau). Que choisir, c’est une note d’humour. Que peut-on choisir dans une vie qui n’est que ce que l’on a.  Question éminemment philosophique.
    – Mais que choisir ? Boire ou respirer avoir (sans être) , savoir, pouvoir seraient vide de sens. Savoir est infini dans un monde fini, car, « on sait qu’on ne sait rien ».Les détenteurs du savoir seraient des « imbéciles ». La philosophie doit sortir des arcanes de l’Université, ainsi, Onfray approfondit-il Epicure et les Hédonistes pour approcher le plaisir de vivre (qui serait différent de la vulgarité et de la performance). Il faut questionner la philosophie qui doit être un acte de rebelle. Je choisis le savoir. On peut nous retirer tout notre pouvoir mais pas notre savoir. Avoir, savoir, pouvoir sont autant de valeurs bourgeoises. Elles sont bourgeoises quand on en fait des valeurs impérialistes. Tout s’effondre actuellement, car « une tête bien pleine » ne suffit pas, « il faut une tête bien faite ». Enfin , çà aide ! Avoir, savoir et pouvoir sont aussi des valeurs humanistes. Elles sont remède à l’inquiétude, au doute, au temps qui passe et où l’on ne retient…rien ! Un exemple : le conte des cartes, en jouant le jeu, un participant finit par trouver un sens à sa vie et la réussit. Que choisir, m’interpelle. Etre ou ne pas être mérite autant débat qu’avoir, savoir, pouvoir. L’absurde est immense et infini. C’est une cause perdue de partir à la recherche du savoir. Les gens cherchent à recueillir des connaissances. Les cafés philos servent à sortir du cercle des enseignants. Dire que les maths sont inutiles me révolte. Les maths mènent à tout. Il y a un esprit de logique  en mathématiques.
    – On a besoin d’une envolée, d’une évasion, d’une recherche, une curiosité.  On ne peut pas savoir de quoi la vie sera faite pour chacun d’entre nous. Choisir quelle voie car plusieurs peuvent se présenter. Rien n’est bloqué ni fermé.
Le savoir, c’est le résultat d’une initiation implicite. La transmission des parents, puis des enseignants, des voisins, des amis… nous rend interdépendants.  Il faut vouloir. Sans volonté, sans motivation, pas de survie ! Les trois termes ont assumé l’équation bourgeoise mais la société traditionnelle perd le nord. Les gens ne veulent plus rien « ou toujours plus ». Alors, que choisir ?
    – Tout le savoir d’Onfray ne peut résoudre les problèmes de l’humanité, de la souffrance, de la misère. 
    – Le savoir est à la base de la survie de l’homme. Comment survivrons-nous ?  Par la solidarité. Des gens pleins « d’avoir » s’éloignent, s’expatrient (en Suisse !).
Il semble que ce ne soit ni par devoir, ni par existence qu’on avance. La mémoire fait le tri et après on peut choisir. Mais malheureusement certains n’ont pas accès assez tôt, assez vite au savoir. Pourtant il faut choisir « Aime et tu comprendras » (G. Sand).  Avoir le pouvoir sur les autres est-ce un but ? Il faut le laisser à ceux qui le méritent sous le contrôle de citoyens éclairés (contre-pouvoir). Vivre en démocratie mérite d’avoir un certain « désordre désorganisé ».Le savoir qui conduit au pouvoir et à l’avoir. Des trois termes proposés, je choisirai le savoir car il reste acquis.
       – Pour marcher, il faut savoir marcher. Pour lire, savoir lire. Certains passages liés au destin, épreuves, itinéraires, choix consolident une typologie d’individus.
       – Le savoir permet de contrôler l’avoir et de déterminer le pouvoir. Avoir à le partager, le savoir pour le communiquer et nous avons tous une parcelle de pouvoir. Est-ce un choix de nanti ? Si je suis démunie de tout, c’est le savoir que me fera sortir de la précarité. Transformer l’avoir par le partage c’est le domaine de l’altruisme.

Conclusion : A propos du savoir et des livres ? Ce ne sont pas les livres qui sont importants, mais ce qu’on pense, ce que l’on rêve et  ce qu’on fait après les avoir lus. « Tous les hommes ont, par nature, le désir de savoir » (Aristote).

 

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Une réponse à Avoir, savoir, pouvoir. Que choisir ?

  1. Kervens Charles dit :

    Je comprends que le savoir peut conduire a l’avoir et au pouvoir pourvu qu’il soit une richesse. d’une maniere stricte quel lien peut-on etablir entre savoir et avoir?

    Merci deja pour la reponse

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