A priori et préjugés

 

Bouvard et pécuchdet. mage bnf

Restitution du débat du 8 novembre 2025
Animateurs : Thibaut Simoné. Guy Pannetier.
Introduction : Guy Pannetier.

Introduction : Dans les divers dictionnaires, préjugé comme a priori répondent le plus souvent à une même définition. Alors que nous voyons que dans bien des cas ils ne signifent pas précisément la même chose,
A priori nous disent les Etymologistes vient du latin scolastique « en partant de ce qui était avant » et,  ce « qui était avant », nous pose la question philosophique
Préjuger, est : une idée hâtive, idée préconçue, idée toute faite, prévention, idée reçue, des clichés, voire,  la résultante d’une éducation, d’un milieu social.
On parle aussi de des stéréotypes qui consistent à coller une étiquette sur un groupe, une personne, des jugements de prime abord, de propos réducteurs, pouvant être discriminants,  jugements non fondés ; jugements pour combler l’ignorance, tel le jugement de celui qui sort de la caverne de Platon
Il est parfois un jugement qui peut correspondre à un cas précédent, donc, aux mêmes effets mêmes causes, ‘« Des causes semblables » (nous David Hume)  « nous attendons des effets semblables, tel est la somme de toutes nos conclusions….Il faut que la raison soit en accord avec ce qu’elle connaît » (David Hume. Essais sur l’entendement
Le préjugé est dangereux dans le sens où  il donne l’impression de savoir, ce qui pourrait dispenser de s’informer plus avant.

Quant aux à priori, pour Kant « sans à priori constitutif de l’expérience, pas de science possible », c’est peut-être considérer l’intuition comme un jugement à priori
Nombre de nos à priori, comme les préjugés sont des acquis de l’enfance, gravés sur la bande originale du moi. Le jugement et les idées à priori, seraient alors fondées à partir de données intériorisées  acceptées inconsciemment, à notre insu, par imprégnation de notre environnement sociétal, sans recourir à la raison.
Nos préjugés comme nos a priori résultent parfois de réactions de nos sens, ce que nous dit le philosophe anglais David Hume : « Il n’y a rien dans l’esprit qui n’ait été avant dans les sens ». Alors,  ou, nos sens nous trompent, ou nos sens captent le vraice qui ferait de l’à priori une approche positive.
Au XIX ème siècle va s’opérer comme une rupture de la philosophie,  laquelle était jusqu’alors surtout axée sur la métaphysique,  sur des idées non validées. Elle va peu à peu construire et se valider sur des faits, sur  l’expérience, ce sera le positivisme d’Auguste Comte. Le savoir devra se fonder, prouver, et là il n’est plus question d’idées de savoir par préjugé ou de savoir intuitif.
Faut-il pour autant partir de « la table rase », effacer définitivement  toute idée à priori ?
Si nous nous disons : des faits, rien que des faits, que devient la philosophie ?
Alors j’en termine avec ces questions :
Comment se créent nos a priori, nos préjugés ?
Et comment s’en prémunir, voire, les combattre ?

 

Débat, ⇒  Kant établi que les a priori sont apportés par des sensibilités dues à des éléments du monde extérieur. Pour Voltaire le préjugé est une opinion sans jugement. On apprend par exemple aux enfants des opinions avant qu’ils soient en mesure d’en juger.
L’a priori est plus subtil que le préjugé, il fait appel à un sentiment, à l’instinct, même sans amener tout de suite un raisonnement.

⇒ Les a priori sont moins fermés que les préjugés, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas aussi ancrés dans l’esprit.

⇒: Il me semble que les préjugés sont inévitables puisqu’ils sont avant tout type de jugement. Il y un psychanalyste Daniel Kahneman qui a montré que le cerveau possède deux vitesses de réflexion. Il parle de système 1, et de système 2. Notre cerveau étant  foncièrement paresseux, il va choisir les biais les plus rapides, les plus satisfaisants. Le jugement du système 1 c’est quand le cerveau émet un jugement assez immédiat propre à son environnement ; alors que le jugement du système 2 est celui qui prône, qui fait appel à la raison, mais c’est long, ça coûte cher en énergie, et très souvent le cerveau contourne  le système et privilégie le système 1, ce qui est à la source des biais cognitifs, d’erreurs de raisonnement, d’erreurs de jugement.
Et c’est souvent dans les sciences que sont renversés des préjugés, puisque des résultats scientifiques vont aller à l’encontre de ce qui établi.

⇒: Le préjugé devient un élément social, en fait les gens souvent ne font que répéter ce qu’ils ont entendu.

⇒ : Il faut établir les différences entre les règles, les normes et les préjugés. Une règle a fait ses preuves, en étant utile à la vie sociale, et on adhère moralement, e qui ne vaut pas pour le préjugé.

⇒: Nous entendons tous,  ou avons entendu ces clichés, ces préjugés sectaires, ou racistes :
Les Juifs sont doués pour les affaires
Les Asiatiques sourient toujours, on ne sait jamais ce qu’ils pensent
Les Bretons sont têtus.
Les Corses sont fainéants, paresseux.
Les Suisses n’ont pas d’avis, ils ne s’engagent jamais.
Les Auvergnats sont radins
Les Italiens parlent avec les mains
Les femmes conduisent mal
Les Français sont râleurs
Etc….
  La plupart du temps les personnes qui utilisent ce genre de préjugés, n’ont pas dans leur environnent, un Corse, un Italien, un Suisse. La fréquentation, la confrontation avec une des personnes autres, va faire tomber le préjugé.
Lorsque la personne n’a pas de connaissance réelle d’un sujet, même à priori, elle a  le préjugé de ses proches des parents, préjugés hérités. Je me souviens d’une époque, celle de mes parents, voire grands parents, où des préjugés racistes, ou autres étaient véhiculés par des mots des expressions que le respect des différences à exclu très largement du langage d’aujourd’hui.

⇒ : Il y a cohabitation entre préjugé et bon sens commun. Un philosophe des sciences, Alexandre Koyré, des sciences modernes, tente d’expliquer le réel par l’impossible. Autrement dit, lorsqu’on entend certaines propositions, elles paraissent impossibles parce qu’elles vont à l’encontre de ce que nous jugions de façon immédiate.
Et pour revenir à la question initiale, je pense que les à priori précèdent un raisonnement, alors que le préjugé le contourne. Lorsqu’on dit à priori, c’est « il semblerait » que, « conditionnel » alors que le préjugé est très souvent définitif, et il est indirectement satisfaisant, puisqu’il vient confirmer ce que le cerveau entrevoit de manière immédiate, ceci en évitant la réflexion.

⇒ : J’ai du mal à voir l’aspect purement philosophique du sujet, je le vois plutôt comme un sujet scientifique. Les sciences sont très claires sur ce qu’est  un stéréotype, lequel est une simplification du réel pour soulager notre cerveau. Par simplification, j’entends simplification de notre cerveau par étiquettes pour reconnaître le réel. Les stéréotypes de bases ne sont pas forcément positifs, forcément négatifs. Il peut y avoir un jugement, mais pas forcément un système de classement. A partir de là, on peut dégager les à priori qui sont une des briques qui nous permettent de nous construire depuis l’enfance, ce qui nous permet de reconnaître et de faire des rapprochements…
Le classement des stéréotypes permet de se construire un classeur du réel dans notre tête, ça nous permet d’appréhender.
Basés sur ces stéréotypes il va y avoir les à priori. Les à priori ça va être de pouvoir, par rapport à ce classement premier d’émettre des hypothèses sur d’autres éléme nts…
Les préjugés c’est différent ; ce sont des stéréotypes auxquels on s’attache tellement  qu’ils vont modifier notre vision du réel.
C’est-à-dire, qu’à la place de se baser sur des connaissances pour interpréter un événement, nos connaissances vont prendre en quelque sorte leur propre existence.

⇒:  Il y a une différence fondamentale entre le conscient et l’inconscient ce qui fait énormément de préjugés sur le monde qui nous entoure. On ne se rend pas compte des préjugés que l’on a. Le préjugé va mettre de côté tout une partie du réel qui contredit le stéréotypes, au contraire ils vont lui donner d’énergie, la valoriser d’une certaine façon, et automatiquement valider des données qui vont valider le stéréotype.
On n’est obligé d’avoir un système de classification, obligés d’avoir des stéréotypes, ça fait partie de la manière de nous construire mentalement. Il y a un moment où les stéréotypes peuvent prendre le dessus, c’est quand on fait appel aux classeurs des données, ça devient un filtre qui cache le réel qui nous permet de percevoir des éléments, de les valoriser.

⇒:  On est presque dans le débat à venir « Qu’est-ce qui nous construit ? ». Je pense que ce qui nous construit, c’est, au départ que des à priori. On ne peut avoir au début que des points de départ, si on les dépasse on quitte les à priori pour la réflexion ? Si on ne les dépasse pas, on reste dans le préjugé.
Le préjugé il peut être personnel, mais il peut évoluer aussi, il peut être influencé par le préjugé sociétal.
Les scientifiques de recherche ne partent que sur des à priori, où ce que l’on considère comme la vérité de l’instant, jusqu’à ce quelle soit éventuellement réfutée. Mais on part de ça  pour essayer de trouver autre chose. Einstein est parti d’un à priori. A partir d’un moment, il a dit : je fais le pari que l’accélération et la gravitation c’est la même chose. C’est comme ça qu’il a travaillé sur la relativité. Il a dépassé un à priori.

⇒: Pour Nietzsche les préjugés sont préférables. Certes ces types vont bloquer le réel, mais sans évidemment, nous ne pourrions plus communiquer. Si je vais dans la rue  et  je vois un pigeon et je vois un autre pigeon, je sais très bien que le second pigeon n’est pas le même que le premier, mais je ne vais pas donner un prénom à tous les pigeons que je rencontre. Les types, donc servent à bloquer le réel, mais alors que le réel est fait que de continuums, de variables, Nietzsche dans « Humain trop humain » dit que les préjugés sont souvent préférables à la vérité plus aboutie, parce qu’ils sont plus désirables, plus faciles, moins coûteux. Et souvent  les préjugés on s’y accroche parce que c’est une question de survie. Souvent les préjugés donnent un sens au monde, un sens à nos existences, c’est extrêmement rassurant ; et parfois même si vous avancez des preuves en béton, certains vont se réfugier suer ce qu’ils considèrent comme valeurs essentielles

⇒: Il y a des préjugés négatifs et des préjugés positifs, les premiers pouvant être destructeurs, je pense à tous ces  préjugés relayés par les réseaux sociaux.

⇒ : Je pense qu’on doit séparer à priori et préjugés. Le préjugé comme cela a déjà été dit est destructif, parce que c’est juger sans avoir été pensé, ou même remis en cause
L’à priori c’est plus le pari,  ça peut être comme ça, mais ça peut être autre, c’est discutable, réfutable, alors que le préjugé s’ancre dans une conception morale, il devient valeur, valeur indiscutable.

⇒ : Le préjugé nous éloigne de la connaissance, tandis que l‘à priori nous en approche.

⇒  Je pense que les femmes, nous sommes victimes de préjugés, « nous sommes faibles, nous conduisons mal, les filles sont nulles en math…..»,  c’est une véritable catastrophe ! Il y a des mouvements féministes qui heureusement s’élèvent contre ça. Il faut rappeler que lors de la guerre de 14/18 ce sont les femmes qui ont géré les familles, les domaines, et rappeler que Marie Curie était bonne en math.

⇒ : Pour moi il a une différence entre : « à priori », et « un à priori ». Un à priori étant plus proche du préjugé, alors qu’à priori va susciter une réflexion, c’est plus : je vais y réfléchir.

⇒ : Je pense que le préjugé est une idée adoptée par un individu sans s’être posé de question. Et d’où viennent les à priori évoqués, pourquoi notre cerveau accepte cette idée que tous les juifs sont doués pour les affaires, il y a là passivité comme un refus de penser.

⇒: Je reviens sur cette précision utile entre : un à priori, et à priori, effectivement le second nous ouvre un champ, puisqu’il peut déboucher sur un véritable jugement, jugement à postériori, c’est-à-dire réfléchi, validé.
Et pour tâcher de répondre à une question posée en introduction : comment lutter cotre les préjugés nocifs ? Je vois que la littérature, le théâtre, le cinéma, voire la B D, nous montrent tous nos préjugés. Depuis La Fontaine, depuis Molière avec Candide, puis les films nous ont démontré toutes ces idées reçues, préjugés, racisme ordinaire, ces refus de la différence. Je pense entre autre à des films comme « Devine qui vient dîner ce soir », je pense à « Green book »,je pense  à « Rabi Jacob », etc.
Justement le débat, comme ici au café-philo, avec des avis divers, avec échange, voire confrontation des idées, c’est une des activités propres à faire tomber certains préjugés. Converser, débattre, jusqu’à poser la question : – « Dis-moi pourquoi tu penses ce que tu pense ? » et surtout échanger, cela peut supprimer des idées toutes faites, « La vérité est fille de discussion » nous dit Nietzsche.

⇒:  J’ai parfois entendu en campagne qu’il ne fallait pas retourner le pain. Souvent les gens s’accordent de préjugés dont ils ne connaissent pas l’origine. De fait lorsque les boulangers faisaient le pain, ils retournaient le pain qui était destiné au bourreau. Souvent l’à priori est en route sans essayer de comprendre.

⇒ : Alors comment éviter les jugements non fondés ? Une des réactions serait le doute, la mise en doute ; exemple de pensée, je vais chercher l’origine d’un préjugé. Je le confronte à l’histoire réelle, et dès que je veux l’expliquer, il s’effondre, puisque par essence même le préjugé n’a pas de réelles bases. Dès qu’un préjugé doit être prouvé il tombe, exemple devant Diogène quelqu’un nie la notion de mouvement, alors Diogène se lève et marche, c’est mettre le préjugé en face de la réalité, c’est ce qu’on nomme aussi critère de la pratique.

⇒ : Oui, nombre de préjugés circulent, envahissent les réseaux sociaux. Jai une idée précise bien arrêtée, et je trouve sur les réseaux sociaux ce qui va dans le sens de mes idées, qui me donnent raison, ce sont les fameux biais cognitifs, et là, les préjugés se propagent, et à la fois se consolident.

⇒ : Le préjugé pour moi, est à 99% inconscient ? Ce qui est illustré avec la fameuse expérience de Milgram, le gens se soumettent à un préjugé, celui de l’autorité de la blouse blanche, du savant, du docteur, à la figure d’autorité.
La bonne façon de tenter de se débarrasser des ses préjugés c’est de les tester. Je vous invite dans ce sens à regarder un documentaire sur France Télévision : « Sommes-nous, tous racistes ? ». Le documentaire nous montre nous explique comment nos préjugés se modifient face à la réalité.

⇒ : Je reprends l’idée que le préjugé n’est pas une forme de savoir, toutefois celui qui sait avec ses préjugés, est tranquille, il ne se pose pas des questions existentielles, c’est : je sais, je sais…
Et je voudrais aborder un second point. Une œuvre de Flaubert, Bouvard et Pécuchet laquelle est souvent montrée comme dénonçant  tous les préjugés. .
Bien sûr que les deux personnages énoncent nombre de poncifs. Mais si l’on analyse bien le roman, ce sont deux naïfs avides de connaissance, ils sont en recherche de sens, leur démarche est philosophique. Au final, ils prennent conscience de leur démarche inutile, ils décident de faire un ouvrage de tous les préjugés entendus dans une bourgeoisie de province auxquelles, ils vont ajouter toutes les bêtises qu’ils ont pu dire.
Et, si Bouvard et Pécuchet sont restés les parangons des préjugés, c’est là une erreur. Tout au long de leur aventure ils cherchent une ou des vérités solides pour avoir enfin,  un jugement sûr.
Et c’est là,  où se dépasse le préjugé, lorsqu’on prend conscience d’une erreur de jugement, et que dès lors on est prêt à plus de circonspection en tout jugement. Nos deux compères cherchent une ou des certitudes, et l’on sait que les certitudes sont, à leur tour source de préjugés. (On tourne en ne rond)
J’ajoute cette réplique. Alors que nos deux compères sortent d’un dîner auquel ils ont eu l’honneur d’être invités par la bourgeoisie locale, dîner où ils ont été déçus d’entendre plein de poncifs, plein de clichés ; Bouvard s’adressant à Pécuchet, dit : -« Je croyais que les hauts plafonds abritaient les hautes idées »

⇒ : Je me pose la question de savoir est-ce que en rapport à nos parents, nos grands parents nous avons su dépasser des préjugés de leur époque, quant au langage part exemple ?

⇒ : Pour lutter contre les préjugés, en 1999  deux psychologues, Dunning et Kruger vont développer une théorie qui explique qu’on a parfois à parler avec assurance de choses qu’on ne connaît pas, et que pour combattre ce type de préjugés il faut étudier ces divers sujets, découvrir ce qu’on ne savait pas , découvrir tout ce qu’on ne sait pas et sortir de cercles qui ne sont pas vertueux. Le peu de compétence que l’on va acquérir, va en même temps nous faire prendre conscience de nos incompétences. C’est aussi ce que nomme le Physicien Etienne Klein sous le nom d’« ultracrépidarianisme ». Ce qui évoque les personnes ayant un avis sur tout sans nulle forme de savoir.

⇒ : Effectivement, l’étude d’un sujet va permettre de faire la différence  entre, connaissance réelle, et discours péremptoire.

⇒  L’important ce n’est pas de tout connaître, mais d’avoir une opinion. Avoir une opinion ne demande pas de creuser les sujets. Ces opinions on les trouve sur les réseaux où des influenceurs (euses) sont là pour vous dire comme être. Ils sont suivis par des milliers de personnes, il y a dilution de la pensée.

⇒ : Je pense que le narcissisme peut être à la base de certains préjugés. C’est un véritablement torrent sur les réseaux  où les gens s’enferment dans les bulles cognitives « le goût du vrai» écrit Nietzsche « va disparaître au fur et à mesure qu’il garantira moins de plaisir »

⇒ : Les préjugés avec leur côté rassurant participent à l’émotionnel, même s’il nous font perdre le goût du vrai ; « -je suis d’accord avec moi ».

⇒ : Au nom de la compétence il y a plein de préjugés. Il faut se garder de personnes qui se présentent parfois comme spécialistes, experts en vérités.

⇒:  Autrement dit, la compétence ne peut devenir argument d’autorité.

⇒ : Des préjugés peuvent être de véritables ornières intellectuelles, tel pour une personne que j’ai connue qui ne lisait chaque jour que le même journal d’opinion. Cette personne avait des jugements bien arrêtés, ceux de son journal.
Et par ailleurs, est-ce que l’individu est condamnable parce qu’il a des préjugés ? Je reprends cette réplique dans Bouvard et Pécuchet : «  on ne peut avoir une opinion avant de tout savoir », donc on se fie au jugement du plus grand nombre (Argument ad populum) si tout le monde pense comme ça, tout le monde ne peut pas se tromper. De là difficile d’aller à contre courant. Il me faut bien avoir un avis, et comme la nature (de l’homme) à horreur du vide…

⇒: Les préjugés sont souvent présent préjugés sociétaux, on perçoit à partir de l’avis des autres. On a un peu les préjugés de nos parents, de nos amis, de tous ceux que nous fréquentons, ce sont de préjugés de groupe. Remettre en question ces préjugés, c’est un peu se dissocier, se séparer de ces groupes, prendre ses distances. Donc lutter, refuser les préjugés peut, être : se mettre en danger.

⇒ : On crée un réseau de connivences, on donne des mêmes valeurs aux mêmes mots. Et je reviens sur le niveau de compétence pour donner un avis. Est-ce qu’on a besoin d’être un spécialiste du nucléaire pour donner son avis sur la bombe A. Il faut dissocier les différents aspects, technique, conséquentiel. Qu’est-ce qu’on sait sitôt que se crée une nouvelle technologie, et pourtant des avis tombent quant aux conséquences sociétales.

⇒ : Je reviens sur le propos de David Hume : nos sens nous disent quelque chose. Je pense qu’il existe une sorte d’à priori d’instinct, comme une sorte de pré connaissance, ce sont souvent des femmes qui vous dirons par exemple : « – cette personne je ne la sens pas »  J’adhère à cela pour l’avoir expérimenté.

⇒: Il n’est pas surprenant que la révolte contre les préjugés arrive d’abord avec l’adolescence. Entre le monde décrit par les adultes, et le monde que découvre l’adolescent, il a un écart, une discordance.

Toute erreur ou omission n’engage que le rédacteur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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